PNUE : les femmes au premier rang de la régénération de l'environnement

13 octobre 2004

L'Assemblée mondiale des femmes (WAVE), une organisation d'expertes en matière d'environnement, vient d'achever ses travaux à Nairobi, par l'adoption d'un manifeste rappelant le rôle central des femmes, première victimes de la dégradation de l'environnement et premières alliées dans la lutte pour sa sauvegarde.

La première Assemblée mondiale des femmes, intitulée « Women As the Voice for the Environment » (Femmes, voix de l'environnement ou WAVE), réunie à Nairobi, au Kenya, du 11 au 13 octobre, a conclu ses travaux par un manifeste qui sera présenté, accompagné de recommandations concrètes, au Conseil d'administration du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).

Cette déclaration coïncide avec la célébration aujourd'hui à l'ONU du 25e anniversaire de l'adoption par l'Assemblée générale de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, qui est l'occasion d'une table ronde organisée par la Division de la promotion de la femme du Département des affaires économiques et sociales.

Ce manifeste, fruit des débats de 140 éminentes écologistes, expertes dans le domaine de l'environnement en provenance de 60 pays, parmi lesquelles figuraient les ministres de l'Iran, du Kenya, de l'Afrique du Sud, du Swaziland et de la Suède, vise à réaffirmer les objectifs de WAVE dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement et du Plan de mise en oeuvre du Sommet mondial pour le développement durable de Johannesburg, indique un communiqué du PNUE paru aujourd'hui.

Il s'agit notamment de « recentrer l'attention des gouvernements sur l'urgence qu'il y a à resituer les femmes dans leur rôle critique d'alliées et d'agents de la régénération de l'environnement au lieu d'en être les victimes », ainsi que l'a rappelé la présidente de l'Organisation des femmes pour l'environnement et le développement (WEDO), Srilatha Batliwala.

« La mondialisation, la militarisation, l'intégrisme et le modèle de l'économie de marché ont sapé la réalisation des objectifs » de la Quatrième conférence mondiale sur les femmes, qui s'était tenue à Beijing, en 1995, dont l'Assemblée générale de l'ONU prépare la commémoration, ainsi que ceux des Objectifs du Millénaire, cinq ans après leur adoption, déclare le manifeste de WAVE, l'Assemblée mondiale des femmes.

Cette dernière exprime aussi « sa profonde préoccupation quant à la dégradation massive et continue de notre environnement ainsi que sa pollution, avec ce que cela comporte d'effets à long terme sur la santé et les moyens de subsistance de nos communautés, en particulier celle des femmes autochtones ».

Figurent enfin au premier rang des préoccupations de WAVE « le fossé grandissant entre les riches et les pauvres », « les niveaux insupportables à long terme de production et de consommation », la « culture de la peur et des menaces » et « le niveau croissant de violence et de militarisation ».

« J'espère que notre Assemblée marquera la fin de l'apartheid qui frappe les femmes », a déclaré Klaus Toepfer, Directeur exécutif du PNUE.

Parmi les recommandations formulées lors des travaux de l'Assemblée, l'accent a été mis sur l'étude de l'impact des produits chimiques toxiques sur les femmes et les filles, la sensibilisation des femmes, dans leur langue locale, au réchauffement de la planète, à la pollution de l'air à l'intérieur des habitations ainsi qu'à la question de l'énergie.

WAVE a aussi recommandé que des associations de femmes pauvres se voient attribuer des financements spéciaux pour des programmes d'atténuation de la pauvreté et d'amélioration des systèmes d'eau et d'assainissement, notamment dans les zones telles que les forêts, les mangroves et les marécages, indique le communiqué du PNUE.

De même, des projets de préservation des puits de carbone, que constituent les forêts et les prairies, qui permettent d'absorber les gaz responsables du réchauffement de la planète, devraient être promus entre femmes du monde développé et en développement, dans le cadre du programme mis en place par la Banque mondiale.

Autre recommandation très concrète, la sensibilisation des associations de femmes pauvres et des autorités locales urbaines à la question de la gestion des déchets, notamment par la mise en place de projets pilotes de gestion durable des déchets dans le monde entier.

A l'issue de la réunion (voir le communiqué de présentation du PNUE), à laquelle assistait également le Professeur Wangari Maathai, lauréate du Prix Nobel de la Paix 2004, le Réseau des femmes ministre de l'environnement, présidé par Lena Sommestad, de la Suède et Rejoice Madubafhasi, de l'Afrique du Sud, présentera une déclaration soulignant l'importance de l'égalité entre hommes et femmes et de leur autonomisation, indique par ailleurs le PNUE.

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