L'actualité mondiale Un regard humain

RDC : des réfugiés obstinés à quitter le Burundi malgré l'instabilité dans l'Est

RDC : des réfugiés obstinés à quitter le Burundi malgré l'instabilité dans l'Est

Les autorités de la R. D. du Congo ont entrouvert la frontière avec le Burundi pour permettre l'entrée de 200 sur les 1 500 réfugiés amassés au poste-frontière en attendant de pouvoir rentrer chez eux, alors que dans l'Est de la RDC, se manifestent des signes de tensions ethniques sur lesquels alertait hier la Coordination humanitaire de l'ONU.

« Au cours des six derniers jours, le 'no man's land' qui sépare le Burundi de la République démocratique du Congo (RDC) a pris des allures de place de marché », autour d'un petit poste frontière où sont amassés plus de 1 000 réfugiés congolais en attente de retour en RDC, indique un communiqué du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) paru aujourd'hui (en anglais).

« Les autorités congolaises ont refusé l'accès au groupe, la semaine dernière, au motif qu'il manquait de sites de transits adéquats et que le poste frontière était trop petit pour y faire face », indique le HCR, qui souligne qu'hier elles avaient donné leur accord au retour des réfugiés dans leurs foyers.

Les réfugiés en attente font partie des 20 000 personnes qui ont fui vers le Burundi après les troubles qui ont affecté la région du Sud Kivu en juin dernier (voir notre dépêche du 16 juin).

Certains d'entre eux proviennent de Gatumba, un camp de transit situé au Burundi à proximité de la frontière et où, dans la nuit du 13 août, environ 160 réfugiés congolais Banyamulenge [une ethnie congolaise d'origine tutsie ou proche des Tutsis] ont trouvé la mort (cf. le rapport du Secrétaire général et notre dépêche du 7 septembre).

Le problème est que ces retours ne sont pas forcément bien accueillis par la population locale, ainsi qu'en informait hier le Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires (OCHA), qui prévenait que « des signes d'exclusion ethnique, de plus en plus patents à l'Est de la République Démocratique du Congo (RDC), (carte) pourraient engendrer des conséquences humanitaires d'une extrême gravité s'ils étaient poussés à leur paroxysme » (voir notre dépêche du 11 octobre).

Toutefois, un premier groupe de réfugiés a pu rentrer en RDC hier dans l'après-midi, sous la protection de la Mission d'observation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC), et se rendre à un centre de transit situé près de la ville d'Uvira, le reste du groupe s'apprêtant à passer une autre nuit à la belle étoile en pleine saison des pluies, dans l'attente du résultat des vérifications effectuées par les autorités congolaises, indique le HCR, qui a fourni en urgence des bâches, du savon et des jerricans.

Bien que l'agence ait constamment prévenu les réfugiés des difficultés et de la volatilité de la situation au Sud-Kivu, ils se sont déclarés déterminés à rentrer chez eux, précise l'agence.

Malgré les déclarations répétées des autorités burundaises selon lesquelles les réfugiés étaient bienvenus, nombre d'entre eux ont indiqué au HCR avoir « reçu des autorités des ultimatums de quitter le Burundi ». Les représentants des réfugiés ont aussi souligné qu'aucun des réfugiés à la frontière « ne voulait aller dans un camp de réfugiés, mais voulait simplement rentrer à la maison en RDC ».

Dans les quinze derniers jours, le HCR transféré près de 1 300 réfugiés du camp de Gatumba vers l'intérieur du Burundi, à Gihinga (carte), tandis que 1 240 réfugiés congolais avaient quitté le Burundi pour le Rwanda, informe l'agence de l'ONU.