L'apport des femmes à la Conférence des Grands Lacs

11 octobre 2004

La réunion du Groupe spécial des femmes représentant la région des Grands Lacs qui se tenait à Kigali, au Rwanda, s'est terminée hier par l'adoption d'un éventail de recommandations qui seront soumises aux chefs d'Etat de la région qui se réuniront pour le premier des deux sommets préalables à la Conférence internationale de la région des Grands Lacs.

Cette réunion des femmes des Grands Lacs à Kigali, la dernière avant le sommet des chefs d'Etat de Dar Es Salam, en Tanzanie, le mois prochain, rassemblait des représentantes du Burundi, de la République démocratique du Congo, du Kenya, de la Tanzanie, de l'Ouganda, de la Zambie et du pays hôte, le Rwanda, indique aujourd'hui un communiqué du Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs.

Elle a abouti à l'élaboration de propositions s'inscrivant dans le cadre des thèmes figurant à l'ordre du jour de la Conférence à savoir la paix, la sécurité, la démocratie et la bonne gouvernance ainsi que le développement économique et l'intégration régionale.

Ainsi, pour remédier à la question de la violence exercée à l'encontre les femmes au cours des conflits armés, de leur exclusion du processus de paix et de la culture de l'impunité, il a été décidé de créer un réseau de femmes, qui fonctionnerait comme un instrument de règlement et de suivi des conflits, et de recommander la création d'une Commission vérité et réconciliation qui soit spécialement adaptée aux violations des droits des femmes.

Il a été unanimement reconnu « que les femmes, qui constituent une proportion dominante de la population, sont aussi le groupe plus vulnérable dans la région, bien qu'elles soient responsables du soutien de leurs foyers, qu'elles soient productrices, innovatrices et qu'elles transmettent les savoirs », indique le communiqué.

Des « discussions franches « ont également eu lieu sur la question des réfugiés, des armes légères, du manque de soins adaptés au traitement des patients atteints du VIH/sida, du fossé persistant entre hommes et femmes, du manque d'accès au crédit pour les femmes, et enfin du harcèlement sexuel et de la marginalisation des femmes dans le monde des affaires, précise le communiqué.

Les femmes réunies ont notamment appelé les chefs d'Etat « à adopter et à mettre en oeuvre des législations protégeant la dignité et les droits fondamentaux des femmes et jeunes filles », a indiqué le porte-parole du Représentant spécial.

La Conférence internationale pour la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs (carte) a été proposée par le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, afin de trouver des solutions durables aux problèmes nombreux et endémiques auxquels fait face la région et est présentée comme “un projet vaste et ambitieux dont l'objectif est de mettre en place une sorte de plan Marshall pour la région des Grands Lacs » (voir notre dépêche du 3 septembre).

 

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