Démarrage aujourd'hui en Afrique de la plus vaste campagne anti-polio jamais lancée

Démarrage aujourd'hui en Afrique de la plus vaste campagne anti-polio jamais lancée

Vaccination d'enfants contre la polio
Plus d'un million de personnes se mobilise à partir d'aujourd'hui dans 23 pays d'Afrique subsaharienne pour engager la bataille contre la polyomyélite qui a réapparu dans certains pays de la région, et tenter en vaccinant en quatre jours 80 millions d'enfants de leur éviter la paralysie.

Des dizaines de milliers de chefs traditionnels et religieux, d'enseignants, de parents, de membres du Rotary Club vont se joindre aux infirmiers et aux travailleurs sociaux pour aller de village en village et de porte à porte administrer le vaccin anti-polio à tous les enfants de moins de cinq ans, indique un communiqué (en anglais) de l'OMS, l'agence de l'ONU pour la santé, publié aujourd'hui.

Pour y parvenir, cette petite armée va devoir parcourir la moitié du continent, un secteur de la taille de l'Europe occidentale, à pied, à cheval, en bicyclette, en bateau et par tous les moyens imaginables.

Pendant 12 heures par jour souvent, ils vont transporter dans des réceptacles réfrigérés plus de 100 000 millions de doses de vaccin de façon à ce que celles-ci ne soient pas altérées par les températures allant jusqu'à 40° C. Trois millions de packs de glace sont prévus à cet effet.

L'instabilité dans certains secteurs de pays tels que la Côte d'Ivoire, le Libéria et le Soudan va encore compliquer l'accès aux enfants, souligne l'OMS (Organisation mondiale de la santé) qui précise que le vaccin sera transporté par avion dans certaines régions du Libéria, autrement inaccessibles.

La campagne d'éradication a rassemblé toutes les couches de la société civile en Afrique, indique également l'agence qui indique que de l'émir de Kano au sultan de Sokoto au Nigeria en passant par les chefs traditionnels du Burkina-Faso et des pays avoisinants, tous avaient promis d'inciter leurs populations à défendre l'objectif d'une Afrique débarassée de la poliomyélite.

Le Président du Nigéria et président de l'Union africaine, Olusegun Obasanjo, le président de la Commission de l'Union africaine Alpha Oumar Konaré et Jonathan Majiyagbe, ancien président de Rotary et pendant longtemps résident de Kano, avaient apporté leur soutien, le 2 octobre dernier au coup d'envoi de cette opération de vaccination la plus importante jamais lancée, qui avait lieu à Kano au Nigéria.

A cette occasion, le président Obasanjo avait personnellement administré le vaccin à la fille du gouverneur de Kano.

Le choix de Kano pour le lancement officiel de la campagne avait une évidente portée symbolique. Cet Etat du Nord du Nigeria, arguant de dangers supposés du vaccin oral anti-polyomiélite, avait en effet suspendu la vaccination des enfants de l'Etat à la fin 2003. La maladie était alors réapparue dans dix pays africains dont elle avait été auparavant éradiquée alors que 30 sur les 37 Etats du Nigéria s'avéraient infectés.

Les efforts conjugués du président du Nigéria, Olesugun Obasanjo, des autorités nigérianes et du directeur général de l'OMS, le docteur Lee Jong-wook, avaient fini par porter leurs fruits et les vaccinations ont repris à Kano, le 31 juillet dernier.

L'OMS, qui, avec l'Unicef (Fonds des Nations Unies pour l'enfance), les Centres pour la prévention et le contrôle des maladies américains et Rotary International, constitue le fer de lance de l'opération, souligne l'importance de l'enjeu de ces campagnes qui ont nécessité un investissement global de 3 milliards de dollars depuis 1988 dont 500 millions apportés par Rotary International.

Deux cent millions de dollars supplémentaires sont nécessaires pour mener des campagnes transfrontalières similaires le 18 novembre et tout au long de 2005 mais si l'Afrique rélève ce défi, cela dopera la confiance dans d'autres initiatives dans le domaine de la santé publique et du développement, indique l'agence.