Plus dévastateur que la guerre, les criquets… et les catastrophes naturelles en général

7 octobre 2004

Le Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU a pris l'exemple de l'invasion de l'Afrique du Nord par des hordes de criquets pèlerins, une infestation qui aurait pu être endiguée avec 9 millions de dollars il y a quelques mois, en requiert 100 actuellement et a atteint des « proportions bibliques », pour alerter sur le nouveau fléau de l'époque, les catastrophes naturelles.

Au cours d'une conférence de presse tenue aujourd'hui à Genève, le Secrétaire général aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence à l'ONU a attiré l'attention sur ce qu'il a décrit comme un phénomène encore méconnu, le prix que font payer les catastrophes naturelles aux populations dans le monde, un prix sept fois plus élevé que celui des guerres.

« Alors que 90 % de l'attention internationale est tournée vers les guerres et des situations d'urgences complexes, comme le Darfour, l'un des problèmes les plus colossaux est de coordonner l'aide destinée à des centaines de milliers de personnes frappées par les catastrophes naturelles, un problème encore exacerbé par le manque d'attention prêtée à ces situations », a déclaré Jan Egeland.

Il a fallu la série d'ouragans qui se sont produits dans les Caraïbes pour faire prendre conscience à la communauté internationale de ce que représentait les catastrophes naturelles.

Pour certaines d'entre elles, cette prise de conscience survient tardivement. C'est le cas des centaines de milliards de criquets pèlerin qui dévaste le Nord de l'Afrique, a fait observer le Coordonnateur humanitaire de l'ONU.

« En dépit des alertes répétées de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et un appel à financement de 9 millions de dollars lancé plus tôt dans l'année, seulement quelque centaines de milliers de dollars ont été reçus et le problème a pris des proportions bibliques », a-t-il déclaré.

Aujourd'hui, c'est 100 millions de dollars que l'ONU a dû réclamer pour combattre l'infestation et si le problème n'est pas pris à bras le corps dans les cinq prochaines semaines, il sera multiplié par 10. « Le Secrétaire général devrait solliciter les pays du G8 pour qu'ils apportent leurs contributions pour régler la question de la prévention à l'égard des criquets pèlerin », a ajouté Jan Egeland.

Ce problème de sauterelles constitue une plus grande menace pour l'existence des individus que n'importe laquelle des guerres ravageant la région, a-t-il affirmé, précisant que des dizaines de millions de gens dans les pays les plus pauvres du monde auront été affectés par cette catastrophe naturelle.

« Et, de même que les ravages causés par les ouragans dans les Caraïbes, cette catastrophe africaine, n'aurait jamais dû se produire », a-t-il affirmé.

Il a expliqué les proportions alarmantes d'aggravation des risques d'origine naturelle par des facteurs environnementaux au premier rang desquels il a placé le réchauffement climatique et le fait que les gens s'installaient de plus en plus dans des zones inondables ou autres zones à risques parce qu'elles étaient moins chères tandis que la situation en matière de conflits n'empirait pas au niveau mondial.

Un changement de mentalité entre les gouvernements et les partenaires de l'ONU est nécessaire, a souligné Jan Egeland. Les pays doivent s'enseigner mutuellement la façon d'affronter les catastrophes naturelles. C'est ainsi que l'ONU voudrait que Cuba, qui a un des meilleurs systèmes de prévention des catastrophes naturelles, enseigne aux habitants de la Grenade et d'Haïti comment se préparer à de telles catastrophes.

Des séminaires sur la prévention des tremblements de terre, organisés dans des pays comme l'Iran, sont aussi à l'ordre du jour de l'ONU et la Conférence mondiale qui aura lieu à Kobe au Japon en janvier comportera une variété de sessions sur la prévention des catastrophes au cours desquelles les pays pourront apprendre les uns des autres, a indiqué le Coordonnateur de l'ONU.

 

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