Des membres du personnel de l'UNRWA maintenus « en détention administrative » par Israël, indique l'ONU

Des membres du personnel de l'UNRWA maintenus « en détention administrative » par Israël, indique l'ONU

Vingt-quatre membres du personnel de l'agence de l'ONU pour les réfugiés sont détenus en Cisjordanie sans qu'aucune charge n'ait été retenue publiquement contre eux et sans avoir été jugés, un seul est en détention à Gaza depuis plus de deux ans, dans les mêmes conditions et sans que l'agence n'ait pu obtenir d'informations sur leur sort, a précisé aujourd'hui le porte-parole de l'ONU à New York.

« Au cours des dernières 24 heures, il y a eu beaucoup d'informations qui ont circulé concernant le personnel de l'UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) qui serait détenu par les autorités israéliennes pour leur implication dans des activités terroristes », a fait observer le porte-parole de l'ONU à New York, lors de son point quotidien avec la presse.

En réalité, a-t-il précisé en s'appuyant sur des « éclaircissements » apportés par l'agence, celle-ci n'a connaissance que d'une seule mise en détention à Gaza d'un membre de son personnel, détenu depuis plus de deux ans et toujours en attente d'être jugé. En Cisjordanie, ce sont 24 membres du personnel de l'UNRWA qui sont maintenues en « détention administrative » sans qu'aucune charge n'ait été portée à leur encontre et sans qu'ils n'aient été jugés.

« Chaque fois qu'un de ses employés est placé en détention par quelque autorité que ce soit, l'UNRWA demande immédiatement par écrit des informations sur le membre de son personnel détenu. Dans le cas des personnes détenues par Israël, l'UNRWA a rarement reçu de réponse ou d'information », a précisé Fred Eckhard.

« Chaque fois que l'UNRWA a demandé quelles étaient les charges retenues contre les membres de son personnel détenus, de façon assez systématique, elle n'a pu obtenir les précisions réclamées », a ajouté le porte-parole plus tard dans la réunion.

Il a par ailleurs précisé que l'équipe dépêchée sur place pour examiner les allégations d'Israël selon lesquelles le chauffeur d'une ambulance de l'UNRWA avait été filmé chargeant une roquette Qassam dans un véhicule de l'agence, était arrivé sur place aujourd'hui.

L'équipe va rencontrer des responsables dans les jours qui viennent et rechercher la coopération du Gouvernement israélien et de l'UNRWA, a indiqué Fred Eckhard, ajoutant qu'elle ferait rapport au Secrétaire général après son retour à New York.

Interrogé par les journalistes, le porte-parole a spécifié que la nouvelle mission d'investigation confiée à cette équipe venait s'ajouter à une mission dont elle était originellement chargée et qui consistait à évaluer les opérations de l'ONU dans la région dans leur ensemble.

Il a ajouté qu'il lui faudrait probablement une quinzaine de jours pour mener à bien son nouveau mandat ayant trait aux allégations sur l'ambulance de l'UNRWA, un mandat devenu prioritaire, a précisé Fred Eckhard.

A une question portant sur ce que pensait le Secrétaire général des déclarations faites par le Commissaire général de l'UNRWA sur le fait qu'il n'avait pas de problèmes avec le fait qu'il pouvait y avoir des membres de l'agence appartenant au Hamas, le porte-parole a répondu qu'il n'allait pas rapporter une opinion du Secrétaire général qui n'avait pas été exprimée officiellement mais que ce qu'impliquaient les propos de Peter Hansen, était qu'un tiers des Palestiniens étant des sympathisants du Hamas, il serait surprenant que ces sympathies ne soient pas représentées parmi les milliers d'employés de l'UNRWA.

Toutefois, a-t-il précisé, « nos consignes sont claires, le personnel n'est pas supposé amener ses activités et opinions politiques sur son lieu de travail et un engagement militant par un membre du personnel de l'UNRWA serait traité sévèrement. »

« C'est la politique que nous avons mené depuis 54 ans que nous nous occupons des réfugiés palestiniens », a-t-il ajouté.