« Les Afghans réussiront », affirme le chef de la Mission de l'ONU à trois jours des élections

6 octobre 2004

Au cours des deux années pendant lesquelles la Mission de l'ONU en Afghanistan a été impliquée dans le processus électoral afghan, la situation a évolué de façon remarquable et a mis en évidence la détermination du peuple afghan à se doter d'un président démocratiquement élu, indique aujourd'hui le chef de la Mission de l'ONU qui affirme, à la veille de la clôture de la campagne électorale et à trois jours des élections, que, malgré les difficultés, ils y réussiront.

Au cours des deux années pendant lesquelles la Mission de l'ONU en Afghanistan a été impliquée dans le processus électoral afghan, la situation a évolué de façon remarquable et a mis en évidence la détermination du peuple afghan de se doter d'un président démocratiquement élu, indique aujourd'hui le chef de la Mission de l'ONU qui affirme, à la veille de la clôture de la campagne électorale et à trois jours des élections, que, malgré les difficultés, ils y réussiront.

« Cela fait deux ans que l'ONU a été étroitement impliquée dans le processus électoral de 2004 », a rappelé aujourd'hui, lors d'une conférence de presse à Kaboul, le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU et chef de la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Afghanistan (MANUA), Jean Arnault.

Pendant ce laps de temps, a-t-il expliqué dans sa déclaration d'introduction, « nous avons préparé le terrain pour cela, nous avons organisé [ce processus], nous avons informé la population et avons contrôlé dans quelle mesure l'environnement politique était favorable à la tenue d'élections libres et équitables. »

« Nous l'avons fait en accord avec notre mandat », a-t-il ajouté, « mais aussi dans l'esprit de l'accord de Bonn qui prévoit que l'élection de 2004 ne soit pas un exercice de pure forme mais produise le 'gouvernement pleinement représentatif' que le peuple afghan attend. »

Jean Arnault a énuméré les initiatives engagées dans ce but : « augmenter la présence de forces de sécurité nationales et internationales dans tout le pays, désarmer et réintégrer les milices, inscrire les partis politiques ayant coupé tout lien avec les milices armées, renforcer la protection des journalistes, créer un cadre réglementaire moderne pour les élections et doter cet exercice authentique des droits politiques de moyens de contrôle. »

« Alors que la campagne s'achève demain, il est temps de tirer le bilan de ces efforts », déclare le Représentant spécial, cité par un communiqué transmis par la MANUA.

Il indique se livrer à l'exercice en ayant présent à l'exprit « toutes les insuffisances identifiées en détail par les trois rapports établis en commun par la MANUA et la Commission afghane indépendante des droits de l'homme et d'autres rapports. »

« C'est toutefois en toute connaissance des difficultés qui entoure l'exercice que nous jugeons que le niveau de liberté et d'équité permettra à la volonté du peuple afghan de s'exprimer à travers le scrutin et au prochain président de l'Afghanistan d'affirmer qu'il représente la nation », déclare Jean Arnault.

Il cite les facteurs qui lui permettent de porter un tel jugement, parmi lesquels : la participation populaire massive, notamment des femmes, à l'inscription électorale, les débuts d'un système pluraliste qui offre aux électeurs une gamme de candidats représentant des options politiques différentes, une campagne qui, en dépit des limites posées par la sécurité, a couvert, pour la première fois, l'ensemble du pays et dépassé le clivage entre régions et groupes ethniques.

Il y ajoute le processus de désarmement en cours et un plan de sécurité bien coordonné rassemblant les forces internationales et des forces nationales afghanes « plus robustes »et plus nombreuses.

Citant enfin mais peut-être d'abord, dans l'ordre d'importance, « la détermination persistante d'une majorité écrasante d'Afghans de balayer les difficultés et de se rendre aux urnes », Jean Arnault affirme dans sa déclaration : « C'est une situation remarquable. »

« Non seulement parce que ces éléments n'existaient pas il y a deux ans, dans le sillage de l'effondrement des Taliban », explique-t-il.

« Mais aussi parce qu'ils mettent en évidence une tendance, un processus qu'a fait sien la population dans son ensemble comme les candidats et qui accélère le rythme de la transition l'éloignant à vive allure de la loi des armes. »

Le Représentant spécial affirme que cela n'aveugle pas son équipe et qu'ils sont conscient des limites qui affectent les élections, inexpérience en matière d'institutions démocratiques et culture de la violence, un résidu de la guerre, ainsi que la violence ou les menaces de violence provenant des groupes extrémistes.

« Même si nous croyons que les conditions sont en place pour une bonne élection, il nous incombe de rendre le jour de l'élection aussi libre, équitable et sûr que possible », indique-t-il.

Il lance donc un appel aux candidats pour qu'ils se conforment à la loi, rejettent quelque forme de violence que ce soit et toute forme d'influence « excessive. »

Aux fonctionnaires et agents de sécurité, il demande de protéger le processus et de ne pas interférer, aux médias de continuer à informer le public sur le caractère secret du vote et les autres précautions protégeant leurs droits électoraux et les protégeant de toute intimidation, aux observateurs, il demande de venir beaucoup plus nombreux.

« Avec cela, nous croyons que ceux qui veulent empêcher cette élection d'avoir lieu ne réussiront pas et que ceux dont la seule autorité provient de la possession d'une arme ne parviendront pas à lui porter tort », affirme-t-il.

« Les Afghans sont convaincus qu'un président élu par le peuple et représentatif est nécessaire de toute urgence pour mettre fin à la violence, qu'elle soit le fait des factions ou des extrémistes, pour réformer, désarmer, restaurer la justice et la primauté du droit », déclare le Représentant spécial.

Et il ajoute : « Nous croyons qu'ils réussiront. »

 

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