Les maires de Paris et de Pretoria proposent à l'ONU les services de leur association mondiale

Les maires de Paris et de Pretoria proposent à l'ONU les services de leur association mondiale

Les maires de Paris et de Pretoria ont aujourd'hui présenté au Secrétaire général de l'ONU l'association mondiale des maires, qui représente de facto la moitié de la population mondiale, dont le but est de promouvoir la bonne gouvernance locale et dont les membres mettent en œuvre au niveau local les objectifs de développement du Millénaire.

« Nous avons débattu avec le Secrétaire général, Kofi Annan, et aussi avec Mme Fréchette, Vice-Secrétaire générale, du rôle des pouvoirs locaux dans la mondialisation politique, démocratique », a précisé M. Bertrand Delanoë, maire de Paris, lors d'une conférence au Siège de l'ONU à New York.

« Il existe certes le rapport du Président Cardoso », qui traite de la place des pouvoirs locaux et de leur autonomie. Mais au-delà de cette approche, « nous souhaitons établir un lien avec l'Organisation des Nations Unies et le Secrétaire général » a-t-il indiqué.

« Nous ne sommes pas attachés à un formalisme excessif », a-t-il précisé, indiquant : « nous veillerons à ce que, dans toutes nos réunions biannuelles, dont la prochaine aura lieu à Sao Paolo, le Secrétaire général soit représenté par un de ses collaborateurs, que lui-même vienne dans l'une de nos prochaines réunions ».

Souhaitant « que l'on se connaisse mieux », M. Delanoë a indiqué qu'il avait informé Kofi Annan sur la façon dont « les pouvoirs locaux mettaient en oeuvre les objectifs du Millénaire, donc les objectifs des Nations Unies » et les siens propres.

« Il est donc important que ce que nous faisons séparément dans la même direction trouve un point de rencontre », a souligné le maire de Paris.

Indiquant avoir trouvé de part et d'autre « une oreille attentive », le maire de Paris a indiqué qu'il souhaitait qu'il soit bien clair que cette Assemblée mondiale des maires n'était pas une ONG, mais un rassemblement d'élus locaux, ce qui n'était pas tout à fait la même chose que des parlementaires.

« Comme l'a dit le Secrétaire général lui-même, les parlementaires font des lois, nous gérons les écoles, la faim, l'accès à l'eau, la santé etc. », a précisé M. Delanoë, ajoutant : « tout ce que nous faisons correspond à des objectifs que le Secrétaire général de l'ONU a fixés. »

« Nous travaillons par ailleurs sur l'hypothèse de ce fameux centime additionnel sur le prix de l'eau qui viendrait aider nos collègues maires d'Afrique et du Moyen-Orient membres de notre association, qui peuvent être privés d'eau potable d'ici une vingtaine ou une trentaine d'années». Il a par ailleurs précisé que c'étaient toutes ces raisons qui poussaient son association à chercher à se faire connaître et qu'il fallait à présent « trouver les moyens de le mettre en oeuvre ».

M. Smangaliso Mkhatshwa, le maire de Pretoria, présent aux côtés du maire du Paris, a souligné qu'il avait trouvé cette réunion très positive, en ce qu'elle montrait également le changement d'état d'esprit de certains gouvernements et organisations et de leur attitude à l'égard de l'administration locale.

« Dans certains pays, l'administration locale n'est vraiment pas très différente des organisations non gouvernementales (ONG) ou des organes de la société civile », a-t-il indiqué, bien qu'en Afrique du Sud, les institutions des trois sphères nationales, provinciales et locales disposent effectivement de l'autorité exécutive et législative.

L'Union européenne, dans son projet de Constitution, commence aussi à reconnaître l'importance de l'administration locale, en matière de proximité, de bonne gouvernance et de mise en oeuvre effective de projets et programmes, y compris internationaux, a-t-il rappelé - des programmes qui concernent 3,4 milliards de personnes sur la planète, soit la moitié de la population mondiale.

« Nous avons donc une influence importante, et il faut l'espérer, pour le bien de l'humanité », a déclaré M. Mkhatshwa.

« Tous les organes de la société civile, les ONG, les organisations religieuses, les syndicats, les commerçants agissent dans des domaines pour lesquels les maires sont compétents. Il n'est donc pas possible qu'ils nous représentent » a-t-il souligné.

Interrogé sur la candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2012, M. Delanoë a présenté les atouts de sa ville et précisé que tout serait fait pour que ces Jeux soient les plus écologiques jamais organisés et que soit prévu en tous lieux pour faciliter l'accès aux personnes handicapées.

Répondant à la question d'une journaliste sur les chances de New York « au regard de l'anti-américanisme croissant à travers le monde », le maire de Paris a répondu : « moi, j'aime New York, j'aime les Etats-Unis d'Amérique même quand nous avons des désaccords de géopolitique ».

« Entre amis, entre personnes ou Etats qui se respectent, ce n'est pas gravissime d'avoir parfois des désaccords, cela arrive dans une famille », a-t-il précisé, ajoutant que New York avait des atouts mais qu'il défendait Paris, et qu'il allait proposer au maire de New York d'adhérer à son association des maires du monde.

Interrogé par ailleurs sur les chances que son projet avait de réussir, là où les ONG avaient échoué, M. Delanoë a indiqué que les maires étaient des gestionnaires locaux : « nous devons « produire » des écoles, des centres de santé, de la solidarité, et des toits ou de la nourriture pour ceux qui n'en ont pas et des moyens de transport moderne. »

« A Pretoria comme à Paris, c'est notre devoir quotidien, et nous voyons bien que les élus locaux sont les représentants des citoyens, qui habitent en nombre de plus en plus en grand dans les villes, des citoyens que les maires comprennent, qu'ils contrôlent et dont il se sentent proches », a-t-il précisé, ajoutant que son association permettait de partager les expériences, d'apprendre les uns des autres et de partager une culture démocratique.

Evoquant les programmes croisés organisés par l'association entre maires israéliens et palestiniens, le maire de Paris a déclaré que « ce que nous faisons est à la disposition de tous » et que le but des maires regroupés dans l'association était de se rendre utile.sans rechercher de « pouvoirs particuliers »

« C'est modeste », a-t-il déclaré, ajoutant que si les Nations Unies étaient intéressées, les maires de l'association étaient disposés à apporter leur concours.