Assemblée générale : foi renouvelée dans les organisations régionales

28 septembre 2004

Du Sommet arabe à la mise en place d'un « système pan-arabe », en passant par l'Union du Maghreb Arabe, la dynamisation de l'espace euro-méditerranéen, la montée en puissance de l'Union africaine et la Communauté des Etats sahélo-sahariens, il a été beaucoup question aujourd'hui à l'Assemblée générale de la dynamisation des organisations régionales.

Avec la déclaration du président de la Tunisie, Zine El Abidine Ben Ali, lue aujourd'hui à la tribune de l'Assemblée générale par son ministre des Affaires étrangères Habib ben Yahia, c'est une dynamique nouvelle des ensemble régionaux qui semble se dessiner.

C'est ainsi que le président Ben Ali qui a également présidé la 16e session du Sommet Arabe des 22 et 23 mai derniers à Tunis, a affirmé que « le Groupe Arabe était déterminé à intensifier ses démarches sur la scène internationale pour la mise en oeuvre de l'initiative arabe de paix et la mobilisation du soutien international en sa faveur. »

Qualifiant la réunion de Tunis de « saut qualitatif dans l'action arabe commune », il a fait observer que les Etats arabes y avait adressé « un message des plus clairs à la communauté internationale, y réaffirmant leur attachement à une paix juste, globale et durable. »

Celle-ci énonce « comme choix stratégique », a ajouté le président tunisien, le règlement du conflit arabo-israélien sur la base de l'initiative arabe de paix, de la légalité internationale, des résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité, et de la mise en application de la Feuille de route.

Il a, à la fois, réaffirmé son attachement à la consolidation de l'unité nationale de l'Irak et au respect de sa souveraineté et de son indépendance et la nécessité pour l'ONU d'assumer son rôle vital dans « ce pays frère », ajoutant que son pays continuerait, dans le cadre de la Ligue des Etats Arabes, à « appuyer les efforts internationaux en faveur de la concrétisation de la solidarité des pays arabes avec le peuple irakien », a-t-il ajouté.

Evoquant « la consolidation du processus d'édification du système panarabe » et de l'importance des volets économique et social à cet égard, il a fait part de la décision du Sommet de Tunis de mettre en place « une stratégie commune d'action économique et sociale » ainsi que d'un « programme de lutte contre la pauvreté et de soutien aux efforts de développement, illustrant ainsi sa volonté de contribuer à la mise en oeuvre des décisions du Sommet du Millénaire. »

« La Tunisie, qui s'attache à contribuer à la promotion de l'action arabe commune, oeuvre à donner une nouvelle impulsion aux relations de coopération établies dans son environnement régional », a également déclaré le président Ben Ali, « C'est dans ce contexte que s'inscrivent nos démarches conjointes avec nos frères, les dirigeants des Etats maghrébins, en vue de dynamiser l'Union du Maghreb Arabe qui demeure un choix stratégique immuable et une aspiration légitime de l'ensemble des peuples de la région à davantage de complémentarité et de solidarité. »

Pour autant, « la mise en place des structures de l'Union africaine, [...] et l'établissement d'une coopération économique et sociale entre ses Etats » continuent à être présente dans la politique de la Tunisie, son président ayant indiqué aujourd'hui qu'elle était décidée à poursuivre sa contribution à une entreprise qui permet «l'établissement d'un partenariat actif avec les différents espaces régionaux dans le monde. »

Enfin, troisième cercle d'intégration, le processus de partenariat de l'espace euro-méditerranéen a été relancé, a indiqué le président Ben Ali, par le Sommet du dialogue 5+5 entre pays maghrébins et pays européens de la Méditerranée occidentale, qui s'est tenu à Tunis en décembre 2003. »

« La Tunisie, qui assume la mission de coordonnateur du Groupe Arabe, dans le cadre du processus euro-méditerranéen, s'emploie à conférer davantage d'efficience et de dynamisme à ce processus, afin de renforcer les conditions de sécurité, de stabilité et de développement au sein de l'espace euro-méditerranéen », a déclaré Zine El Abidine Ben Ali.

Cet engagement tous azimuts dans les partenariats régionaux a trouvé un écho dans la déclaration du ministre des Affaires étrangères et de la coopération du Niger, Aïchatou Mindaoudou qui a fait valoir que « l'expérience de la prévention et de la résolution des conflits en Afrique nous enseigne que la règle d'or en la matière est de faire confiance aux institutions sous-régionales ainsi qu'à l'Union Africaine et de les appuyer en moyens logistiques et financiers conséquents. »

Toutefois pour le ministre nigérien, ce soutien n'est pas toujours au rendez-vous. « Il n'y a pas si longtemps, la communauté internationale, le G8 en tête, déclarait solennellement son engagement à soutenir le NEPAD. Aujourd'hui force est de constater que ce bel élan tarde encore à se matérialiser en actions concrètes d'envergure à la hauteur des légitimes aspirations du continent africain», a-t-il déclaré.

« Malgré les efforts constants que déploient les pays africains, il reste encore beaucoup à faire pour atteindre les objectifs contenus dans ce vaste et ambitieux Partenariat », a souligné le ministre qui a fait observer que, « au regard de la modicité des ressources financières jusque là consenties pour faire face aux problèmes vitaux qui assaillent l'humanité, l'on pouvait à juste titre s'interroger sur l'existence d'une volonté politique réelle de la part des pays riches d'aider les plus démunis à vaincre l'extrême pauvreté. »

Il a illustré son propos en soulignant « l'insuffisance cruelle de ressources » dont souffrent le Fonds mondial pour la lutte contre le SIDA et le Fonds de solidarité mondial pour l'élimination de la pauvreté.

Il a toutefois jugé possible de réduire la pauvreté « si les pays industrialisés supprimaient leurs subventions agricoles au coton et appuyaient conséquemment les pays concernés dans leur politique pour doter le monde paysan d'infrastructures agricoles adéquates et particulièrement du petit équipement rural. »

S'agissant de l'Irak, « pays avec lequel le Niger partage cette même foi en l'islam, foi qui fonde notre appartenance commune à l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI), nous ne pouvons que déplorer tant de pertes en vies humaines et tant de violence aveugle qui constituent le lot quotidien du peuple irakien », a déclaré le ministre qui a dit espérer « qu'une coopération internationale élargie et revigorée permettra d'accélérer l'instauration en Irak d'institutions libres et démocratiques » et « de mettre fin au chaos qui semble s'y installer ».

Dans un autre domaine, la dégradation de l'environnement, « comment passer sous silence les ravages écologiques occasionnés par l'invasion acridienne à laquelle est actuellement confrontée une partie de l'Afrique ? », a également interrogé le ministre.

« Faute d'avoir agi à temps, la communauté internationale, pourtant avertie du danger longtemps à l'avance, se doit à présent de mobiliser au plus vite les moyens financiers et matériels adéquats pour arrêter la progression du fléau afin d'enrayer le spectre de la famine qui plane sur les populations d'Afrique du Nord, du Sahel, voire de l'Afrique de l'Ouest tout entière », a-t-il ajouté.

Cette position a trouvé un écho dans l'allocution de son homologue malien, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Moctar Ouane, qui a indiqué que le Mali fondait beaucoup d'espoir dans les négociations de l'OMC [Organisation mondiale du commerce] et qu'il souhaitait en particulier, « une percée véritable dans les négociations agricoles, qui devraient se traduire par l'élimination des subventions et des autres mesures d'appui à la production et à l'exportation, notamment concernant le coton. »

« C'est qu'en effet, le coton est l'un des produits pour lequel nous pays africains producteurs offrons des avantages comparatifs réels et des coûts de production cinq fois moins élevés que les pays développés; or, nos pays subissent d'énormes préjudices du fait des subventions à la production et à l'exportation du coton.

Il s'est toutefois réjoui de l'engagement de l'Union européenne à faciliter l'intégration des PMA dans le système commercial multilatéral, notamment à travers l'adoption, en avril 2004, du Plan d'action pour l'agriculture avec une proposition de partenariat Afrique-Europe sur le coton.

Pour le Mali, également confronté à l'invasion acridienne, « il faut agir, agir vite et agir efficacement », a exhorté Moctar Ouane.

Enfin, là encore, la politique malienne passe, a indiqué le ministre, par l'engagement de son pays dans la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen Sad) que le Mali conçoit comme un instrument visant à « faire de l'espace sahélo-saharien un pôle de développement et de stabilité, en particulier durant la présidence malienne. »

Compte rendu de la réunion

L'intégralité des interventions

 

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