La situation en Iraq alimente le débat à l'Assemblée générale

24 septembre 2004
L'Assemblée générale

« Notre victoire sera la vôtre », a affirmé le Premier ministre de l'Iraq qui a lancé un appel à tous les Etats membres, y compris ceux hostiles à la guerre, pour qu'ils aident d'une manière ou d'une autre son pays tandis que d'autres voyaient dans la situation les conséquences du recours à la force brutale ou s'interrogeaient sur les intérêts servis par la violence qui s'y déroule jour après jour.

« Notre victoire sera la vôtre », a affirmé le Premier ministre de l'Iraq qui a lancé un appel à tous les Etats membres, notamment ceux hostiles à la guerre, à ce qu'ils aident d'une manière ou d'une autre son pays tandis que d'autres voyaient dans la situation les conséquences du recours à la force brutale ou s'interrogeaient sur les intérêts servis par la violence qui s'y déroule jour après jour.

Depuis la fin du régime de Saddam Hussein, l'Iraq est beaucoup plus sûr, a affirmé son Premier Ministre, Ayad Allaoui, qui a déclaré prendre la parole à la tribune de l'Assemblée générale aujourd'hui en tant que chef de Gouvernement d'un État pleinement souverain qui souhaitait retrouver sa place dans la communauté des nations

Il a appelé l'ensemble de la communauté internationale à aider l'Iraq à vaincre le terrorisme mené par les partisans de Saddam Hussein et tous ceux qui souhaitent « priver les Iraquiens de leur rêve démocratique». Affirmant que l'Iraq était actuellement un pays de droit, qui respecte les droits de l'homme et les libertés fondamentales, M. Allaoui a assuré que le calendrier électoral prévoyant des élections avant la fin du mois de janvier serait respecté et souhaité que tous les Iraquiens participent à ce scrutin.

Le chef du gouvernement intérimaire iraquien a réclamé leur aide aux Etats membres de l'ONU et aux pays voisins du sien afin d'y rétablir la stabilité et la sécurité. A ceux hostiles à la guerre, il a fait valoir que cela ne signifiait pas qu'ils ne devaient pas entrer dans des relations de coopération, insistant sur le fait que la communauté internationale devait aider le Gouvernement en place à répondre aux aspirations du peuple iraquien afin que celles-ci deviennent réalité après des décennies de souffrances.

Le Premier ministre iraquien a évoqué l'instauration d'un dialogue fructueux avec l'Union européenne et fait référence à la décision de l'OTAN d'aider l'Iraq à former ses forces de l'ordre. Il a par ailleurs sollicité le soutien de l'ONU dans la mise en place d'un tribunal chargé de juger les criminels de l'ancien régime. « Notre victoire sera votre victoire comme notre défaite sera la vôtre », a-t-il fait valoir.

Le ministre des Affaires étrangères de l'Iran, Kamal Karrazi, avait auparavant affirmé que son pays n'avait pas varié dans sa conviction qu'il fallait lutter contre le terrorisme. Cependant, a-il ajouté, « l'approche internationale qui prévaut et qui repose prioritairement sur le rétablissement de la loi et l'ordre est clairement en train d'échouer à [le] juguler. »

« Il nous faut revoir nos présupposés et tenter de développer une approche réellement collective et inclusive, bien planifiée et multidisciplinaire. Aucun Etat ne peut, à lui seul, ne serait-ce qu'approcher le succès », a-t-il déclaré.

A ses yeux, le second défi que doit relever la communauté internationale est « le recours à la force militaire brutale et non sanctionnée ayant pour objectif des buts politiques. »

« L'attaque contre l'Iraq était illégale », a poursuivi le ministre qui a remercié le Secrétaire général de l'avoir déclaré telle, il y a quelques jours, et ce faisant, d'avoir courageusement défendu la Charte de l'ONU et l'état de droit. « Si, ici à l'ONU, nous ne défendons pas l'état de droit, nous contribuons à faire sombrer la Charte dans l'oubli », a-t-il affirmé.

Il a fait remarquer que de nombreux Iraniens étaient ravis de voir « le meurtrier de leurs fils », Saddam Hussein, derrière des barreaux. Toutefois, a-t-il ajouté, « pour une question de principe, cela ne peut qu'être considéré comme le fruit de l'arbre interdit », « la communauté internationale a apporté la démonstration qu'elle ne pouvait tirer bénéfice du recours à des moyens illégaux pour parvenir à un objectif et cela en exaltant la puissance militaire et en se ruant dans le recours à la force sans l'approbation de l'ONU », a-t-il déclaré.

Evoquant les conclusions que le Panel de haut niveau chargé de formuler des recommandations sur une réforme du système de sécurité allaient prochainement présenter, il a indiqué qu'il serait bien inspiré de dépasser la perception largement « publicisée » de ce qui constitue les menaces et les défis de l'époque. « A l'évidence, les prescriptions du Groupe dépendront de sa propre perception des menaces », a-t-il souligné.

Dans ce contexte, « le paradigme du dialogue entre les civilisations, présenté par le Président iranien Khatami et accueilli chaleureusement par la communauté internationale, continue à fournir le seul vecteur permettant de promouvoir la compréhension mutuelle », a ajouté M. Kharrazi qui a rappelé que le 60e anniversaire de la Charte en 2005 coïncidait avec l'examen de la mise en oeuvre de l'Ordre du jour mondial pour le dialogue entre les civilisations.

Quant au ministre des Affaires étrangères de l'Egypte, Ahmed About Gheit, il a rappelé que son pays avait pris l'initiative de s'engager dans une entremise politique entre Israéliens et Palestiniens, dans le cadre de la mise en œuvre de la Feuille de route et avec pour objectif le retrait d'Israël de la bande de Gaza, dans des conditions qui seraient le « prélude à un rétablissement du calme, de la stabilité et de la confiance. »

« La mise en œuvre du retrait israélien de la bande de Gaza de cette façon ordonnée permettrait à l'Egypte de travailler avec le côté palestinien à la réhabilitation et à la restauration de l'Autorité palestinienne », a-t-il déclaré.

Abordant la situation en Iraq « où le bain de sang se poursuit sans faiblir », a souligné le ministre, il a rappelé les espoirs qu'avaient soulevés le transfert de souveraineté au peuple iraquien, la formation d'un Gouvernement iraquien et celle du Conseil national. Pourtant, a-t-il ajouté, « les événements continuent à démontrer tous les jours que le peuple iraquien est loin de la stabilité et de l'indépendance. »

« Nous nous demandons quels sont les intérêts servis par ces événements ? Qui bénéficie de la destruction d'un pays à la civilisation ancestrale ? Ces événements vont-ils rester confinés à l'Iraq ou embraser la région y amenant destruction et désolation comme ils l'ont fait en Iraq ? », a interrogé le ministre avant de demander à l'ONU d'aider le peuple d'Iraq.

L'intégralité des interventions

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