Le désarmement, priorité de l'Afghanistan en période électorale

23 septembre 2004

Le désarmement des anciens combattants continue en Afghanistan à mesure que l'on approche des élections dont le budget atteint aujourd'hui près de 68 millions de dollars, explique le porte-parole de la Mission de l'ONU dans le pays, lors d'un point avec la presse.

« Le budget des élections n'est pas finalisé » mais « s'il ne s'agit que de financement, les élections auront bien lieu », a indiqué aujourd'hui Manoel de Almeida e Siva, porte-parole de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), en réponse à une question d'un journaliste.

Lors d'un point avec la presse à Kaboul, il a indiqué que budget électoral, géré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et alimenté par les contributions des donateurs, atteignait la somme de 67,4 millions de dollars.

Le 5 septembre dernier, le budget ne dépassait pas les 60 millions de dollars. Le budget a augmenté « grâce aux contributions des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, du la Finlande, du Canada, de la Norvège, de la Suède, du Danemark, du Japon, de l'Italie, de la Suisse et de l'Allemagne », a précisé le porte-parole.

Manoel de Almeida e Siva indique par ailleurs que 16 800 hommes, dont 13 835 officiers et soldats, ont été désarmés et 12 790 armes ont été collectées dans le cadre du programme de Démobilisation Désarmement Réhabilitation (DDR).

Un journaliste lui ayant demandé si le programme DDR aurait le temps de désarmer comme prévu les 40 000 hommes d'ici aux élections qui ont lieu dans deux semaines, Manoel de Almeida a répondu que « le décret présidentiel signé le 7 septembre qui avait initié cette nouvelle dynamique [dans le désarmement], faisait mention de 27 000 hommes supplémentaires à désarmer, en plus de ceux qui l'ont déjà été » et que c'était probablement la raison pour laquelle son interlocuteur parlait de 40 000 hommes.

« Je ne sais pas si nous pourrons atteindre ce nombre en deux semaines mais je sais que la situation est différente de ce qu'elle était », a-t-il ajouté.

Il a également indiqué que, lundi dernier, le ministre de la Défense avait commencé à collecter des armes lourdes à Kandahar, précisant que « c'était la première fois que des armes lourdes étaient collectées dans la région ».

A ce jour, 537 autres armes lourdes ont été collectées dans cette zone et 45 d'entre elles ont été entreposées sur le site de l'aéroport de Kandahar sous la protection de l'Armée Nationale Afghane (ANA).

La collecte d'armes lourdes opérationnelles a commencé le 18 septembre à Herat. A ce jour, 80 des 286 armes lourdes opérationnelles « dont on connaît l'existence » ont été collectées et 1 734 armes lourdes ont été collectées à Jalalabad, Gardez, Kunduz, Mazar-e-Sharif, Kabul, Kandahar et Herat.

Un inventaire extrêmement complet des armes lourdes a été effectué, il y a quelques mois. Le total pour l'ensemble du pays s'élève à 5 803 dont 2 277 ont été jugées opérationnelles, 1 960 réparables et 1501 inutilisables. Au total, 1 734 armes ont été collectées à ce jour.

La réalisation du programme de désarmement revêt en ce moment une importance particulière car les craintes que des groupes extrémistes ne sapent le processus électoral sont acccrues. Déjà, dans un exposé au Conseil de sécurité le 25 août dernier, Jean Arnault, Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Afghanistan, avait rappelé qu'il disposait d'informations concordantes signalant l'intention de groupes extrémistes d'augmenter leur nombre d'attaques pendant la période électorale et notamment à l'encontre du personnel électoral.

 

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