L'Afrique au sortir de crises expose ses besoins à l'Assemblée générale

22 septembre 2004

Renforcement de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (RDC), soutien au processus somalien, à la transition au Burundi et au Libéria... les pays africains en phase de sortie de conflits ont été le sujet de nombreuses interventions et requêtes aujourd'hui à la tribune de l'Assemblée générale.

Au nombre de celles-ci, l'allocution du président du gouvernement de transition en RDC, Joseph Kabila, qui a fait état des avancées réalisées par son pays mais aussi des difficultés à surmonter au nombre desquelles « le parachèvement de la restauration de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire national. »

Le président congolais a, pour ce faire, réclamé le renforcement quantitatif et qualitatif de la MONUC « dont l'appui aux forces de l'ordre devrait contribuer à mettre un terme à l'activisme de milices qui continuent à semer la mort et la désolation dans la partie Est du territoire congolais », a-t-il fait valoir.

« La République Démocratique du Congo est un pays pacifique, résolument engagé à développer, entretenir et promouvoir d'excellentes relations avec tous les Etats épris de paix et de justice et plus particulièrement avec ses voisins », a déclaré Laurent Kabila.

Il a évoqué un « défi majeur dans la Région des Grands Lacs » : empêcher que ne se reproduisent des événements douloureux tels que les massacres des populations à Bukavu en Ituri et ceux commis récemment à Gatumba au Burundi, « au cours desquels cent soixante de nos compatriotes ont tragiquement péri. »

« Cet assassinat de réfugiés congolais sur le sol burundais est l'oeuvre des ennemis de la paix et de la cohabitation pacifique dans la sous région », a-t-il affirmé, ajoutant que « le peuple congolais attendait, avec impatience, le rapport de l'enquête diligentée par les Nations Unies, à ce sujet. »

Son homologue burundais, le président Domitien Ndayizeye, a, sur cette même question, appelé l'ONU « à emboîter le pas de l'Union africaine » qui a souscrit à la prise de position du Sommet des chefs d'Etat de l'Initiative régionale pour le Burundi qualifiant d'organisation terroriste le mouvement PALIPEHUTU-FNL, « à la suite de son implication dans les massacres de Gatumba. »

Se référant au projet de Constitution post-transition, le président Ndayizeye a indiqué que « certaines dispositions relatives au partage du pouvoir » qui n'ont pas eu l'unanimité, ont été insérées dans le projet de Constitution « qui vient d'être adopté à l'unanimité par le Congrès du Parlement qui a siégé au taux de 70% ce vendredi 17 septembre 2004 » et que ce projet fera l'objet d'un référendum populaire le 20 octobre prochain. Il a fait valoir que la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) ne pourra réussir « sans le soutien de nos partenaires extérieurs, bilatéraux et multilatéraux. »

Pour le président du Gouvernement de transition du Libéria, l'urgence est la relance de l'économie. De cela dépend notamment la capacité du pays de réintégrer les 73 600 anciens combattants qui ont été désarmés. Gyude Bryant a lancé à nouveau un appel à la levée des sanctions imposées par le Conseil de sécurité sur le commerce des diamants et du bois d'oeuvre.

« Ces sanctions portent tort au Liberia. [...] Elles ont été imposées à l'époque où le pays se livrait au trafic d'armes en échange des diamants. [...] Notre pays n'achète plus d'armes, il désarme des dizaines de milliers de combattants, coopère avec le FMI, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, la Commission européenne, le Trésor et le Département d'Etat américains », a-t-il argumenté, ajoutant que « nous pouvons pas échouer maintenant car nous avons payé le prix de la guerre et pu le comparer à celui de la paix. »

C'est au conflit en Somalie et aux évolutions positives récentes auxquels il a pris une part active que le Président de Djibouti, Ismail Omar Guelleh, a consacré une bonne partie de son allocution.

Il a rappelé que « les délégués somaliens, encouragés par la détermination de la région et son unicité de points de vue, le soutien politique et financier de la communauté internationale, ont travaillé d'arrache-pied pour mettre en place le premier pilier des institutions du gouvernement somalien, c'est-à-dire le Parlement de transition. »

« Cette première étape, saluée par la population somalienne, à l'intérieur du pays tout comme la diaspora et la communauté internationale dans son ensemble permet de penser qu'apparaît enfin la lumière d'un espoir possible et que bientôt prendra fin en Somalie le règne de l'anarchie et du chaos », a déclaré le président.

Il a indiqué que les parlementaires avaient élu la semaine dernière leur Président, élisaient « aujourd'hui même » les autres membres du Bureau et procéderont au choix du Président du Gouvernement de Transition le 10 octobre prochain.

Il a réclamé un engagement « fort et décisif » de la communauté internationale au niveau matériel et financier d'abord pour aider à la réinstallation du gouvernement dans la capitale, au niveau politique ensuite en demandant au Conseil de sécurité de mettre en place un système de liste et de sanctions « systématique à l'encontre de ceux qui continueront à se poser en obstacle au processus de paix. »

Communiqué de presse

L'intégralité des interventions

 

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