Le projet africain progresse mais doit bénéficier d'un soutien international plus ferme

17 septembre 2004

Les progrès remarquables accomplis dans le cadre du NEPAD, dont la mise en place d'un système d'évaluation intra africain, devrait susciter un soutien international plus ferme, indique le Secrétaire général dans son dernier rapport sur la question.

Les pays africains accomplissent des progrès notables dans la réalisation de leur projet continental, le Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), a affirmé le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan. Toutefois, estime son deuxième rapport annuel consacré à la mise en œuvre du NEPAD, il faudrait que la communauté internationale s'engage d'une manière plus ferme et plus concertée dans les efforts déployés par les pays du continent pour surmonter les sérieux obstacles auxquels ils continuent de se heurter.

De l'avis du Secrétaire général, cela suppose l'octroi d'une aide plus substantielle, l'adoption de mesures d'allègement de la dette, l'injection de capitaux étrangers et l'intensification des échanges commerciaux, ainsi qu'une plus grande cohérence en matière de politique étrangère de manière à ce que les progrès réalisés dans un domaine ne soient pas compromis par les retards accumulés dans un autre.

Le rapport du Secrétaire général cite en exemple les progrès enregistrés dans le renforcement des capacités africaines à maintenir la paix et les avancées réalisées dans la mise en place du Mécanisme d'évaluation intra africaine.

Dans le cadre de ce mécanisme, auquel font à ce jour partie 23 Etats soit environ la moitié des pays que compte l'Afrique, les dirigeants africains s'accordent à soumettre volontairement à l'examen de leurs collègues du continent leurs critères en matière de démocratie, de droits de l'homme, de gouvernance et de gestion économique.

Le rapport de M. Annan précise par ailleurs qu'afin de développer l'infrastructure physique du continent, le comité des Chefs d'Etat et Gouvernement chargé de la mise en oeuvre du NEPAD a entériné une liste de 20 projets « prioritaires » dans les domaines de l'énergie, des transports, de l'eau et de l'hygiène, ainsi que de la technologie de l'information et des communications.

Si la Banque mondiale et la Banque africaine de développement ont déjà garanti une partie du financement, la moitié environ du montant total de 8,1 milliards de dollars prévu pour la réalisation de ces projets devra néanmoins provenir du secteur privé.

Le rapport souligne également que l'aide de la communauté internationale à l'Afrique pèche parfois par manque de coordination, ce qui en réduit la portée. C'est ainsi que, selon les chiffres fournis par les pays donateurs, l'aide publique au développement totale accordée au continent a atteint 22,2 milliards de dollars en 2002 contre 16,4 milliards seulement en 2000. D'après les premières estimations de l'ONU, le niveau de cette aide aurait même atteint les 23,1 milliards de dollars en 2003.

Toutefois ce montant reste inférieur aux 26,6 milliards de dollars que l'Afrique avait reçus au titre de l'assistance en 1990, souligne le rapport. De surcroît, la majorité du financement accordé dans le cadre de l'aide au développement est retourné sous forme de paiements considérables au titre du service de la dette. C'est ainsi qu'en 2002 seulement, l'Afrique a déboursé 21,9 milliards de dollars au titre du service de sa dette extérieure, soit un montant pratiquement égal à celui qu'elle à reçu sous forme d'aide pour la même année.

A ce jour, 23 pays africains ont bénéficié de mesures d'allègement de la dette dans le cadre de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Pourtant, note le Secrétaire général, même pour les 11 pays africains en droit de bénéficier de mesures d'annulation substantielle de la dette en vertu de l'Initiative, il n'y a que peu d'espoirs de parvenir « au niveau d'endettement acceptable tant espéré. »

Par conséquent, « on préconise de plus en plus l'adoption d'un nouveau cadre d'analyse de la viabilité de la dette », allant au-delà de l'Initiative PPTE.

Les politiques d'aide menées par les pays donateurs et les pratiques commerciales en vigueur sur le plan international sont par ailleurs contradictoires, souligne le rapport. La part de l'Afrique sur les marchés mondiaux a diminué sensiblement depuis 1970, poursuit le Secrétaire général qui chiffre à environ 70 milliards de dollars par an le manque à gagner découlant de ce repli, soit près de cinq fois plus que le montant de l'aide annuelle accordée au continent.

Le Secrétaire général préconise donc l'application de réformes, notamment en matière de commerce agricole, y compris l'élimination des subventions agricoles dans les pays développés qui ont pour effet de réduire la compétitivité des exportations agricoles africaines.

Le Secrétaire général consacre près de la moitié de son rapport à l'examen des mesures prises par les Africains eux-mêmes au cours de l'année écoulée. Selon M. Annan, les pays du continent s'efforcent de calquer progressivement leurs dépenses budgétaires sur les domaines prioritaires du NEPAD.

C'est ainsi qu'ils se sont engagés à consacrer 15% de leurs budgets nationaux à la santé et 10% à l'agriculture. Par ailleurs, environ 5% des budgets nationaux et locaux devraient être réservés à l'eau et à l'hygiène, alors que les dépenses en matière de sciences et de technologie devraient atteindre 1% du produit intérieur brut dans les cinq prochaines années.

Cependant cet ajustement risque d'être lent, estime le rapport, compte tenu des sévères restrictions fiscales auxquelles est soumise la majorité des pays africains ainsi que des accords budgétaires négociés avec les institutions financières étrangères. De plus, la part de l'aide extérieure accordée à l'agriculture africaine est en diminution tandis que le secteur de la santé perd ses cadres qui émigrent ou sont victimes des ravages provoqués par la pandémie de VHI/sida.

Le rapport souligne néanmoins les succès enregistrés dans l'engagement des femmes dans la mise en œuvre du NEPAD. En effet, sur les sept membres du Groupe de personnalités éminentes, membres du Mécanisme d'évaluation intra-africaine, trois sont des femmes dont la présidente. Par ailleurs, plusieurs femmes occupent des fonctions de haut niveau représentant leurs gouvernements au sein du comité directeur alors que d'autres détiennent des postes de responsabilité au Secrétariat du NEPAD.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.