Décision soumise à la prochaine Conférence de Rotterdam sur la réglementation de produits chimiques dangereux

17 septembre 2004

La première conférence ministérielle de la Convention de Rotterdam se réunit à Genève à partir de lundi. Des ministres et fonctionnaires de plus de cent pays devront notamment décider si une quinzaine de produits chimiques et pesticides dangereux commercialisés à l'international doivent faire l'objet de « la procédure de consentement préalable en connaissance de cause ».

Au cours des dernières décennies, des pesticides et produits chimiques industriels ont empoisonné des millions de personnes et en ont tué des dizaines de milliers d'autres dans le cadre d'accidents, d'utilisations abusives, de contrôles et d'équipements déficients, indique un communiqué de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Sur toute la planète, hommes et femmes ont, dans leur corps, des traces de diverses substances chimiques dangereuses, dont de nombreuses sont associées à des cancers, des malformations congénitales et autres problèmes de santé, ajoute ce communiqué.

La procédure de consentement préalable prévue dans la Convention prévoit que les exportateurs faisant commerce de certains produits chimiques inscrits sur une liste spéciale sont tenus d'obtenir le consentement préalable de l'importateur avant de procéder à l'expédition.

Selon Klaus Töpfer, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) dont l'agence a contribué à l'élaboration de la Convention, celle-ci « constituera la première ligne de défense de la santé des personnes et de l'environnement contre les dangers potentiels que présentent certains produits chimiques et pesticides ».

« Les bénéficiaires de cette nouvelle convention", a-t-il ajouté, "iront des paysans dans l'agriculture de subsistance aux mères qui allaitent, en passant par la flore et la faune sauvages. En bénéficiera également l'ambitieux programme de développement durable et d'allègement de la pauvreté adopté il y a deux ans à Johannesburg par le Sommet mondial du développement durable ».

Jacques Diouf, directeur général de la FAO, estime pour sa part que l'on ne peut aujourd'hui se passer de certains produits chimiques destinés à protéger les plantes car il convient de répondre à la demande croissante de denrées alimentaires au moment où plus de 800 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde.

Evoquant « les nuées de criquets pèlerins qui envahissent en ce moment même l'Afrique de l'Ouest » comme une preuve de l'utilité des pesticides en cas de situations d'urgence, il n'en a pas moins indiqué que des efforts étaient en courspour réduire leur impact sur les populations et l'environnement.

« Les recherches pour assurer la lutte antiacridienne sans avoir recours à des produits chimiques s'avèrent prometteuses mais elles doivent se poursuivre pour pouvoir être appliquées à plus grande échelle. La Convention de Rotterdam offre un moyen de mieux protéger les gens en zones rurales en aidant les pays à apprendre les uns des autres et à échanger leurs expériences de gestion des substances chimiques dangereuses », estime M. Diouf.

La disposition-clé de la Convention c'est la procédure de consentement préalable en connaissance de cause (PIC selon l'abréviation en anglais), contraignante sur le plan juridique. Tout échange commercial des 22 pesticides et cinq produits chimiques industriels figurant sur unr première liste doit d'abord avoir été approuvé par le pays importateur.

Elle permet, en particulier aux pays en développement, de décider quels sont les produits chimiques ou pesticides dangereux qu'ils veulent bien recevoir et de refuser ceux dont ils ne peuvent assurer l'utilisation en toute sécurité. Si un échange commercial est autorisé, l'étiquetage et les renseignements sur les risques potentiels pour la santé des personnes et l'environnement qui sont exigés favoriseront une utilisation plus sûre de ces produits chimiques et pesticides.

Une des principales tâches de la réunion de Genève sera de décider s'il faut ajouter 15 autres produits chimiques et pesticides à la liste de ceux qui font l'objet de la procédure de consentement préalable en connaissance de cause (ces deux listes sont disponibles sur le communiqué de la FAO).

 

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