Conférence sur la paix au Moyen-Orient : ne pas se désengager, plaide Kofi Annan

Conférence sur la paix au Moyen-Orient : ne pas se désengager, plaide Kofi Annan

Lors de la conférence internationale sur la « Fin de l'occupation, un préalable à l'instauration de la paix au Moyen-Orient » qui rassemble aujourd'hui et demain au siège de l'ONU, des membres israéliens et palestiniens de la société civile, le Secrétaire général de l'ONU a exhorté la communauté internationale, dont la société civile, à ne pas baisser les bras.

Pour « aussi difficile et complexe que la situation soit devenue », Kofi Annan a exhorté « la communauté internationale, y compris la société civile, [...] à ne pas se dégager de ses obligations » et à « tout faire pour alléger le sort du peuple palestinien et l'aider à retrouver un climat qui pourra conduire aux négociations et à la réconciliation entre les deux peuples ».

Dans un message délivré aujourd'hui par le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques Kieren Pendergrast, Kofi Annan a en profité pour rendre hommage aux Organisations non gouvernementales (ONG) qui apportent dans les zones de conflits « une dimension unique » dans la transition vers la paix, grâce notamment à « leur expérience » et « leur connaissance du terrain. »

Il a rappelé que « le chemin vers la solution est très clairement expliqué dans la Feuille de route (…) : deux Etats, Israël et Palestine, qui cohabitent côte à côte, dans la paix et la sécurité ». « Un accord final qui met fin à l'occupation, commencée en 1967, devrait être conclu après des négociations entre les deux parties, sur la base des résolutions du Conseil de sécurité 242, 338, 1397 et 1515 » a-t-il énoncé.

Le Secrétaire général a, d'une part, appelé le gouvernement israélien à « démanteler les avant-postes établis en mars 2001 », à « geler immédiatement les activités liées au peuplement des colonies » et à « stopper la construction de la barrière dans les territoires palestiniens, contentieux réglementé récemment par la Cour internationale de justice ».

Il a, d'autre part, encouragé l'Autorité palestinienne à reconstruire les services de sécurité palestiniens « afin de pourvoir lutter contre les groupes engagés dans la terreur et d'avancer sur le chemin de la réforme ».

Après avoir déploré « l'ampleur de la destruction des habitations palestiniennes dans la bande de Gaza (par l'armée israélienne) et le nombre de Palestiniens sans-abri qui en a résulté », Kofi Annan a condamné fermement les attaques suicides de certains groupes palestiniens « qui tuent des milliers de civils israéliens, qui alimentent la haine et la peur et qui ne servent seulement qu'à interférer avec les aspirations nationales du peuple palestinien ».

« Nous devons tous condamner fermement et constamment un tel terrorisme, quel que soit le lieu et l'endroit où il se passe. Aucune cause ne peut le justifier » a-t-il ajouté.

Il a enfin lancé un appel à la communauté internationale pour qu'elle continue de soutenir « l'aide d'urgence quel que soit l'endroit et dès que possible ». Un appel lancé plus particulièrement aux pays donateurs pour qu'ils aident « généreusement » l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche Orient, UNRWA selon son acronyme en anglais, et les autres agences des Nations unies « qui sont activement impliquées sur le terrain ».

Organisée par le Comité pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, la Conférence, qui se déroule aujourd'hui et demain à New York, réunit des représentants de gouvernements et d'organisations intergouvernementales, parmi lesquelles de nombreuses organisations israéliennes et palestiniennes, qui discuteront ensemble de la situation dans les territoires occupés (voir notre précédente dépêche sur le sujet).

Différentes séances plénières et tables rondes sont organisées pendant deux jours, autour des thèmes suivants : « La situation actuelle : fait et chiffres », « L'occupation au regard du droit international », « Le rôle de la société civile : alléger les souffrances et militer pour la fin de l'occupation », « Comment travailler avec les médias ? », « L'avis consultatif de la Cour internationale de justice », « Que signifie la protection internationale et quelles stratégies pour la mettre en place » et, enfin, « La question de Palestine dans le cadre du mouvement mondial pour la paix. »

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