Kofi Annan condamne les attaques lancées à Herat, en Afghanistan, après le limogeage de son gouverneur

13 septembre 2004

Le limogeage du Gouverneur d'Herat par le président de l'Afghanistan suscite des troubles dans la ville, condamnés par le Secrétaire général Kofi Annan, tandis que son Représentant spécial dans le pays revient sur les événements des mois écoulés ayant motivé la décision du chef de l'Etat afghan.

Le limogeage du Gouverneur d'Herat par le président de l'Afghanistan suscite des troubles dans la ville, condamnés par le Secrétaire général Kofi Annan tandis que son Représentant spécial dans le pays revient sur les événements des mois écoulés ayant motivé la décision du chef de l'Etat afghan.

Le Secrétaire général de l'ONU a condamné les attaques lancées à Herat dans l'Ouest de l'Afghanistan contre les bureaux des Nations Unies, les Organisations non gouvernementales et la Commission indépendante des droits de l'homme.

« Comme l'a déclaré le Président Hamid Karzai, ces attaques qui ont été perpétrées par un tout petit groupe qui essaie de saper les efforts du Gouvernement pour restaurer la paix et la stabilité, dans cette partie du pays, sont rejetées avec indignation par la population d'Herat et la population d'Afghanistan », a affirmé Kofi Annan dans une déclaration publiée hier par son porte-parole.

Il a ajouté que l'ONU restait fermement engagée à soutenir l'application du processus dans tous les domaines que ce soit l'assistance humanitaire, la reconstruction, la démocratisation et le mise en place d'institutions.

Il a demandé à tous ceux concernés, aussi bien les forces afghanes que les forces internationales, de contribuer à la création d'un environnement sûr, favorable à la tenue des prochaines élections dans l'Ouest comme dans l'ensemble du pays.

Auparavant son Représentant spécial pour l'Afghanistan, Jean Arnault, avait affirmé que le transfert récent d'Amanullah Khan et la nomination de deux nouveaux gouverneurs à Herat et Ghor, annoncée samedi dernier, « fournissait l'occasion d'éviter de nouveaux combats, de rassurer la population et d'assurer, dans le calme, la préparation des futures élections. »

Dans une déclaration parue le même jour, il avait souligné que depuis le début de l'année, la tension n'avait cessée de croître dans la province d'Herat et les zones environnantes, qu'elle avait éclatée en mars sous la forme d'actes de violence ayant entraîné la mort du ministre de l'Aviation et du Tourisme, le propre fils du Gouverneur d'Herat, Ismaël Khan. Le bilan des affrontements entre les forces d'Ismaël Khan et de la 17e Division avait été très lourd, note Jean Arnault dans sa déclaration.

Dès lors, la tension, bien loin de s'apaiser, avait gagné les provinces de Ghor, où des flambées de violence ont eu lieu pendant le printemps et l'été. « Cette instabilité persistante a paralysé l'inscription électorale dans cette province, qui a obtenu l'un des plus faibles résultats du pays » précise le Représentant spécial.

« Le dernier cycle de violences à Shindand et dans d'autres districts, en août, a montré clairement que le conflit avait le potentiel de dégénérer au point de devenir incontrôlable et de déstabiliser la région tout entière. Cela n'avait pu être contenu que grâce à la présence de l'armée nationale afghane », a souligné Jean Arnault.

Dans cette même déclaration, il appelle les nouveaux gouverneurs à s'attaquer avec impartialité aux causes profondes du conflit, à promouvoir une enquête équitable sur les allégations de violations des droits de l'homme, notamment au cours du conflit de Shindand, et à permettre à la justice de prévaloir. Il les encourage également à poursuivre l'œuvre d'Ismaël Khan en matière de reconstruction et de réhabilitation. Il les invite, au nom de l'ONU et de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) qu'il dirige, à remplir leur mission dans un esprit d'unité, de tolérance et de réconciliation.

Amanullah Khan, auquel se réfère Jean Arnault dans sa déclaration, est le chef d'une milice pachtoune depuis longtems en conflit sporadique avec les forces d'un des seigneurs de guerre les plus puissants de l'Ouest du pays, dont les troupes ont combattu l'armée soviétique d'abord, les Taliban ensuite, le Tadjik devenu Gouverneur d'Herat après la chute des Taliban, Ismaël Khan. Ces affrontements s'étaient fortement accentués au cours de ces derniers mois.

Selon les informations parues dans la presse, Amanullah Khan aurait été transféré à Khartoum et Ismaël Khan se serait vu proposer le portefeuille des Mines et de l'Industrie. Le fait qu'ait été mis un terme à ses fonctions de gouverneur a provoqué des réactions violentes, au cours du week-end de la part de ses supporters qui ont violemment manifesté, affrontant la police afghane et auraient incendié des locaux de l'ONU.

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