Nord de l'Ouganda : retours des personnes déplacées aidés par le PAM

10 septembre 2004

L'Armée de résistance du Seigneur n'ayant pas mené d'attaque majeure dans le Nord-est de l'Ouganda, les personnes déplacées commencent à rentrer chez elles, aidées par le Programme alimentaire de l'ONU. La région toute entière fait l'objet depuis le 28 juillet 2003 d'une enquête de la Cour pénale internationale, à la demande du Gouvernement ougandais.

L'accalmie dans les attaques lancées par l'Armée de résistance du Seigneur connue aussi sous son acronyme anglais, LRA, dans le Nord-est de l'Ouganda entraîne un retour des populations vers leurs villages ou les camps qui se trouvent à proximité, indique le Représentant du Programme alimentaire mondial (PAM) en Ouganda, Ken Noah Davis, dans un communiqué publié aujourd'hui par l'agence qui indique s'employer à accompagner la réinstallation de plus 260 000 personnes.

Depuis 1996, le PAM a apporté une aide essentiellement alimentaire à plus de 2,4 millions d'Ougandais dans la zone d'action de la LRA mais c'est la première fois qu'elle aide au retour de personnes déplacées, incitées à rentrer chez elles et à reprendre leurs activités agricoles par l'interruption, depuis février dernier, des raids des rebelles de Joseph Kony dans le Nord-est du pays.

« Nous leur fournissons des vivres jusqu'aux prochaines récoltes et encourageons les gens à revenir chez eux en plus grand nombre », indique Ken Noah Davis qui a précisé qu'au cours des dernières six semaines, le PAM a distribué 2 700 tonnes de céréales, d'un mélange de maïs et de soja, d'huile végétale et de haricots à 165 000 personnes se trouvant dans les districts de Katakwi et Soroti (carte).

Après pratiquement 18 ans de rébellion armée menée par la LRA dans le Nord de l'Ouganda, près de 1,6 millions de personnes ont fui leurs foyers pour aller s'entasser dans 188 camps. Près de 90% d'entre elles dépendent de la nourriture fournie par le PAM qui a besoin de 23, 8 millions de dollars pour apporter son aide au cours des sept prochains mois à 2,4 millions de personnes, des personnes déplacées mais aussi des réfugiés, des enfants en âge scolaire, des familles touchées par le VIH/sida.

Le Procureur général de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno Ocampo, a récemment rappelé, lors de la 3e Assemblée des Etats ayant adhéré à la Cour que celle-ci avait été saisie en décembre 2003 par l'Ouganda de la situation dans le Nord du pays où, comme le rappelle le PAM, 12 000 enfants ont été enlevés par la LRA entre juin 2002 et décembre 2003, forçant des milliers d'autres enfants à aller dormir en dehors de chez eux pour ne pas subir le même sort.

Le Procureur Ocampo, a indiqué « qu'après avoir procédé à une analyse rigoureuse, ses services avaient annoncé, le 28 juillet 2003, l'ouverture d'une enquête dans le Nord de l'Ouganda, sur la foi « d'allégations d'attaques à grande échelle et systématique commises contre la population civile depuis juillet 2002, y compris l'enlèvement de milliers de filles et de garçons.»

L'Armée de résistance du Seigneur est un groupe qui mène, à partir de ses bases du Sud Soudan, une guérilla dans le Nord de l'Ouganda, principalement dans l'Acholiland, zone d'implantation de l'ethnie Acholi. D'inspiration mystico-religieuse, ses membres affirment combattre pour l'établissement d'un gouvernement qui mettrait en application les Dix Commandements bibliques.

 

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