Possible remise du rapport sur le massacre de Gatumba la semaine prochaine au Conseil de sécurité

9 septembre 2004

Le rapport sur le massacre de Gatumba au Burundi est en cours de finalisation et pourrait être présenté au Conseil de sécurité la semaine, indique la Mission de l'ONU au Congo qui revient sur l'enlèvement d'un de ses Casques bleus et rappelle que la première Conférence préparatoire sur les Grands Lacs s'ouvre lundi à Bujumbura.

Revenant sur le massacre de Gatumba perpétré dans la nuit du 13 au 14 août derniers, Patricia Tomé, directrice de l'Information publique de la MONUC, la Mission des Nations Unies au Congo, a évoqué hier, lors de son point hebdomadaire avec la presse, le rapport présenté par l'Organisation Human Rights Watch qui désigne le groupe burundais des Forces nouvelles de libération (FNL) comme étant le responsable de ce massacre qui a coûté la vie à plus de 160 personnes.

Elle s'est étonnée des propos de certains médias selon lesquels les conclusions de ce rapport, rédigé conjointement par la MONUC, l'Opération des Nations Unies au Burundi (ONUB) et le Haut-commissariat aux droits de l'Homme, divergeaient du rapport de l'ONU sur le massacre de Gatumba.

« Il ne peut y avoir divergence puisque le rapport de l'ONU n'est toujours pas finalisé », a-t-elle expliqué. La MONUC, l'ONUB et le Haut-commissariat aux droits de l'Homme ont envoyé une première équipe d'enquêteurs des droits de l'Homme dans la semaine qui a suivi le massacre puis une deuxième équipe multidisciplinaire, la semaine dernière, « incluant des représentants politiques, militaires, humanitaires, afin de consolider les éléments fournis par la première équipe », a précisé Patricia Tomé.

Elle a ajouté que « le rapport préliminaire est en cours de finalisation et sera remis au Conseil de Sécurité, nous espérons, la semaine prochaine. »

Revenant sur la prise en otage d'un Casque bleu de la MONUC, récemment libéré (voir notre dépêche du 7 septembre), elle a indiqué que le Représentant spécial du Secrétaire Général de l'ONU pour la RDC, William Lacy Swing, avait salué la coopération et l'assistance du Président congolais, Joseph Kabila, et du Gouvernement dans le dénouement heureux de cette affaire.

Elle a précisé que, enlevé par des éléments de l'Union des Patriotes Congolais de Thomas Lubanga (UPC/L), le soldat Rashid Zahidi avait été «récupéré lundi soir vers 22 heures entre Mogador et Central-Solenyama, un des deux fiefs du groupe armé UPC, au nord-ouest de Bunia » et a souligné qu'il s'agissait d'une violation de l'Acte d'Engagement portant sur la pacification de l'Ituri et sur le processus de Désarmement et Réinsertion Communautaire (DRC) de 15 000 éléments des groupes armés, un document signé par les 7 groupes armés actifs dans le district, le 14 mai dernier.

Souscrivant au nom de la MONUC à la condamnation de cet enlèvement par le Secrétaire général de l'ONU, elle a déclaré que la Mission « espérait que les autorités judiciaires nationales poursuivraient les auteurs » de ce crime.

Sur les revendications des ravisseurs, elle a précisé qu'un seul élément avait été pris en compte, « le mécontentement et le manque d'informations au sujet du DRC et de leur intégration au sein des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ».

« Nous sommes dans une phase décisive du DRC. Un certain nombre d'individus et de groupes armés ne veulent pas déposer les armes. Ils attendent plus d'explications du Gouvernement de transition, plus de clarification quant à leur sort », a souligné Patricia Tomé. C'est dans ce cadre, a-t-elle expliqué, que le Coordonnateur de la structure militaire d'intégration, le Colonel Mbiato des FARDC, les forces gouvernementales, s'est rendu à Bunia, il y a trois jours, pour expliquer les conditions préalables dans lesquelles, après avoir désarmé, ils seront intégrés dans les FARDC.

« La réussite du processus de DRC est conditionnée par le maintien de l'unité d'action entre la MONUC et le Gouvernement de transition, au niveau politique et militaire notamment. Nous devons travailler tous ensemble », a-t-elle précisé. « Personne, ni la MONUC, ni le Gouvernement de transition ne peut tolérer que des éléments armés puissent entraver la pacification de l'Ituri et le processus de DRC engagé le 1er septembre dernier », a insisté Mme Tomé.

Evoquant la poursuite des débats au Conseil de Sécurité de l'ONU sur les propositions faites par le Secrétaire Général dans son troisième rapport spécial sur la RDC demandant le doublement des effectifs de la Mission qui passeraient de 10.800 à 23.900 troupes, elle a mentionné la projet de résolution présenté par la France « visant à renforcer d'urgence les effectifs et les moyens de la MONUC. »

« Il s'agit d'un texte visant à autoriser la mise très rapide à la disposition de la Mission de deux bataillons, soit environ 1.600 hommes, et de quatre hélicoptères d'attaque supplémentaires, afin de l'aider à faire face à tout regain de tension possible en RDC », a déclaré Patricia Tomé, ajoutant que cette requête s'inscrivait « dans le cadre de la demande du Secrétaire Général. »

« Cependant, les 1600 seraient déployés tout de suite en appui aux contingents existants, en tant que force d'action rapide », a-t-elle précisé.

Elle a rappelé par ailleurs que s'ouvrait, lundi à Bujumbura, la première conférence préparatoire sur la Paix et la Sécurité dans les Grands Lacs. A l'initiative des Nations Unies et de l'Union Africaine, plus de 150 participants venus de la RDC, du Burundi, du Rwanda, de l'Ouganda, de la Tanzanie, du Kenya et de la Zambie, vont participer à des échanges de vues, pendant 5 jours, sur les questions régionales prioritaires pour la stabilité à long terme, la sécurité, la paix et le développement de la sous région.

 

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