Le Timor Leste poursuit son chemin vers l'autosuffisance

23 août 2004

Au cours des trois mois qui se sont écoulés depuis que le Conseil de sécurité a décidé de la réduction progressive de la Mission de l'ONU, « le Timor-Leste a encore progressé de manière sensible vers l'autosuffisance » indique le Secrétaire général de l'ONU dans son dernier rapport sur le pays, qui met l'accent sur la consolidation des institutions et sur la réduction possible de la composante militaire et de police de la MANUTO.

Ce rapport, soumis par le Secrétaire général au Conseil de sécurité, couvre les activités de pour la période du 29 avril au 13 août 2004,

« Le Gouvernement du Timor-Leste a pris plusieurs mesures importantes en vue de franchir le seuil critique de l'autosuffisance. Il a pris officiellement en charge la sécurité intérieure et extérieure du pays lors d'une cérémonie tenue le 20 mai 2004 », alors que la Mission d'assistance de l'ONU au Timor Leste (MANUTO) poursuit sa phase de réduction des effectifs et de consolidation, souligne Kofi Annan en introduction à son rapport.

Dans le domaine juridique et institutionnel, plusieurs textes législatifs essentiels établissant les cadres juridique et institutionnel ont été adoptés. « L'adoption des lois organiques concernant la police nationale et les F-FDTL ainsi que de la loi portant création du poste de Provedor pour les droits de l'homme [personnalité dont les fonctions correspondent approximativement à celles du médiateur, cependant plus proche de la figure de l'Ombudsman compte tenu de son mode de désignation et du prestige dont il jouit] et la justice a renforcé la base et le cadre juridiques des institutions de l'État, favorisé l'état de droit et contribué à la protection des droits de l'homme » note le rapport, qui souligne également que « les efforts se sont poursuivis pour promouvoir une culture axée sur le libre dialogue dans le domaine politique et le règlement des questions bilatérales ».

En matière judiciaire, le rapport note néanmoins que le secteur de la justice continue d'être confronté à une pénurie de personnel qualifié et par l'insuffisance des infrastructures, ce qui a contribué au maintien de l'arriéré des affaires à examiner, à la poursuite des détentions sans mandat et des violations des droits de l'homme.

Le processus de poursuite des crimes graves s'est poursuivi : 58 verdicts ont été rendus depuis la création du Groupe spécial, 55 inculpés ayant été condamnés et 3 acquittés. 279 inculpés sont toujours hors du pays. « Il est essentiel qu'ils soient traduits en justice », note le Secrétaire général, qui relève par ailleurs la décision prise par la Cour d'appel de Djakarta qui a renversé quatre condamnations prononcées par le Tribunal spécial des droits de l'homme de l'Indonésie ainsi que la réduction de la peine dans une autre affaire.

« Les responsables de crimes graves commis en 1999 doivent répondre de leurs actes, et il est essentiel que l'on puisse constater que justice est faite dans ces affaires », souligne Kofi Annan à cet égard.

Dans le domaine électoral, le rapport note que « malgré les obstacles d'ordre administratif et logistique, l'inscription sur les listes électorales pour les premières élections tenues au Timor-Leste depuis l'indépendance a commencé comme prévu en mai. L'un des groupements politiques de l'opposition ne reconnaît pas la validité des cartes d'électeur; il a néanmoins décidé d'autoriser ses membres à participer aux élections mais sa position concernant les cartes d'électeur pourrait rendre cette participation problématique ».

La relative fragilité des relations entre les nouvelles institutions est devenue apparente lors de la préparation du budget, note le rapport, qui souligne que « si les manifestations des anciens combattants à Dili les 19 et 20 juillet ont clairement montré que des tensions persistaient, elles ont également montré qu'il fallait poursuivre les efforts destinés à renforcer les compétences techniques et les valeurs professionnelles des organismes de sécurité timorais ». Les initiatives prudentes que le Président et le Premier Ministre ont prises après l'incident ont aidé à apaiser les tensions, note Kofi Annan.

Le rapport souligne par ailleurs que l'autosuffisance économique devra également être assurée, puisque, pour l'instant, le pays dépend de l'aide extérieure. Il note à cet égard que le Gouvernement du Timor “poursuit énergiquement les négociations avec l'Australie concernant la frontière maritime entre les deux pays et le partage des ressources en pétrole et en gaz naturel de la region”.

En matière de police, « les conseillers civils de la MANUTO et les conseillers de la police civile participent au développement des compétences professionnelles et des performances de leurs homologues du Timor-Leste, alors que la composante militaire de la Mission continue de contribuer à la gestion de la sécurité du pays. »

« Toutefois, il convient de ne pas oublier que, comme je l'ai indiqué dans mon rapport d'avril, la MANUTO ne peut que répondre aux besoins les plus urgents » souligne le Secrétaire général, qui note que «des efforts bilatéraux complémentaires sont essentiels pour renforcer l'administration publique, la police et les forces armées afin qu'elles puissent acquérir durablement et dans de bonnes conditions les capacités nécessaires ».

Les progrès dans ces domaines feront l'objet d'une évaluation approfondie, note le rapport, « afin de déterminer s'il est possible de réviser les effectifs et la composition de la Mission, notamment de ses composantes de police et militaire, et d'en redéfinir les tâches, comme proposé dans la résolution 1543 (2004) ».

L'accord entre l'Indonésie et le Timor-Leste concernant leur frontière commune, rendu possible par la coopération de haut niveau entre les dirigeants des deux pays, peut être un pas en avant crucial dans le développement des relations bilatérales, note le rapport du Secrétaire général.

« Toutefois, en dépit des efforts faits par les deux parties, les progrès n'ont pas été aussi rapides et marquants que je l'espérais », souligne Kofi Annan qui « exhorte les dirigeants des deux pays à faire tout leur possible au cours des prochains mois pour finaliser cet accord et gérer la zone frontalière. »

« La MANUTO et, de manière plus générale, l'ONU sont prêtes à les aider à cet égard », ajoute-t-il..

Il est clair toutefois qu'il restera encore beaucoup à faire au cours des derniers mois du mandat de la MANUTO, (dont le mandat doit être réexaminé, avec en perspective, la fermeture de la Mission, le 20 mai 2005), et que l'importance des progrès réalisés dépendra des efforts entrepris en commun par le Gouvernement du Timor-Leste, la MANUTO et la communauté internationale, note le Secrétaire général en conclusion de son rapport.

 

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