Le HCR préoccupé par la détérioration de la situation en Afghanistan

20 août 2004

L'agence de l'ONU pour les réfugiés exprime sa préoccupation à l'égard de la détérioration de la sécurité en Afghanistan après qu'une attaque à l'explosif a ciblé, la nuit dernière, des locaux de l'ONU dans la ville de Farah et que les combats à Herat ont perturbé considérablement le retour des réfugiés en provenance d'Iran.

L'attaque à l'explosif contre les locaux de l'ONU à Farah n'a fait aucune victime parmi le personnel de l'Organisation mais les informations dont disposent le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) font mention de six policiers afghans blessés par les explosions.

Le Haut Commissaire aux réfugiés, Ruud Lubbers, reste extrêmement préoccupé par la détérioration de la sécurité dans certains secteurs de l'Afghanistan, a indiqué (en anglais) aujourd'hui le porte-parole du HCR à Genève, Ron Redmond.

Les combats qui opposent à Hérat, depuis le début de la semaine, les troupes du Gouverneur Ismael Khan et les milices rivales du commandant Amanullah, ont amené l'agence à suspendre mardi ses convois en provenance d'Iran transportant des candidats au rapatriement.

Les combats ont eu pour conséquence de bloquer 9 500 Afghans dans un camp de transit du HCR prévu pour accueillir 4 000 réfugiés à Herat, qui, en raison de sa situation géographique, proche de la frontière iranienne (carte) constitue l'étape de choix pour les réfugiés en provenance d'Iran qui, ensuite, rejoignent leurs destination finale.

De l'autre côté de la frontière, 3 500 réfugiés étaient également immobilisés, en attente d'une évolution de la situation.

Un cessez-le-feu entre les factions engagées dans ces combats a toutefois permis au personnel du HCR d'évacuer la plupart des réfugiés afghans bloqués à Herat même si 5 00 se trouvent encore dans le camp de transit, a indiqué Ron Redmond.

Par ailleurs, 1 800 de ceux qui se trouvent encore en Iran devaient pouvoir traverser la frontière aujourd'hui. Les réfugiés restant devraient être en mesure de quitter l'Iran demain et les retours devraient reprendre normalement dimanche, a précisé Ron Redmond.

Le HCR a dû travailler 24 heures sur 24 pour fournir des abris, de la nourriture, de l'eau et des services médicaux aux réfugiés immobilisés par les combats. Côté iranien, les 3 500 réfugiés voyageaient dans 93 bus en provenance de huit villes différentes quand les convois ont été suspendus.

L'agence souligne que l'insécurité rend extrêmement difficile son travail en Afghanistan et rappelle que ce mois-ci, le meurtre, à Gardez, de deux employés de l'ONG (organisation non gouvernementale) allemande Malteser, un des partenaires du HCR, a contraint l'agence à réduire ses activités dans le Sud-est du pays.

L'ONG française, Médecins sans Frontières, également un partenaire du HCR, a quitté le pays après que cinq de ses employés ont été tués dans la province de Bagdis. Le HCR rappelle enfin la mort de Bettina Goislard, une collaboratrice du HCR tuée en novembre à Gardez.

Parallèlement, a indiqué Ron Redmon, il s'est produit une augmentation particulièrement marquée du nombre d'Afghans optant pour le rapatriement, ce nombre pouvant atteindre 4 000 retours par jour.

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