Le bouclage du camp de Kalma au Darfour inquiète l'Envoyé de l'ONU au Soudan

Le bouclage du camp de Kalma au Darfour inquiète l'Envoyé de l'ONU au Soudan

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La liste des secteurs à sécuriser au Darfour, soumise hier par les autorités soudanaises, constitue pour le Représentant spécial de l'ONU pour le Soudan une initiative louable, assombrie cependant par le bouclage du camp de Kalma au Sud-Darfour, après la mort d'une personne déplacée employée par une organisation humanitaire.

Le Ministre des Affaires étrangères du Soudan, Mustafa Osman Ismail, a présenté hier une liste de nouvelles actions, dont la sélection des zones à sécuriser au Darfour, que le Gouvernement soudanais se propose de mettre en oeuvre dans le cadre de l'application du Plan d'action conclu le 5 août dernier.

Tout en félicitant de ces initiatives, le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour le Soudan, Jan Pronk, a fait observer que la « phase cruciale serait celle pendant laquelle le Gouvernement pourrait démontrer que ces actions avaient porté leurs fruits et que des améliorations vérifiables et substantielles étaient réalisées sur le terrain. »

Il a exprimé son inquiétude à l'égard du manque de progrès enregistré pour le moment sur place et du fait que les milices Janjajouites étaient encore actives aux alentours des camps de personnes déplacées et continuaient à représenter une menace, indique un communiqué du Bureau du porte-parole de l'ONU à New York.

Réagissant aux événements, qui se sont produits dans le camp de personnes déplacées à l'intérieur du territoire de Kalma dans le Sud-Darfour et qui ont abouti au meurtre d'une personne déplacée, provenant d'un camp arabe voisin et employée par l'organisation humanitaire CARE-International, ainsi qu'au bouclage du camp, M. Pronk s'est dit « très préoccupé par le fait que, depuis trois jours, les intervenants humanitaires se soient vus refuser l'accès du camp. »

« Cela va avoir des conséquences graves sur les personnes déplacées qui ont besoin de secours et d'aide, en particulier sur les enfants dénutris qui ont besoin d'une assistance quotidienne qui leur est apportée dans des centres de nutrition se trouvant à l'intérieur du camp », a ajouté le représentant spécial.

La question fait actuellement l'objet de discussions avec les autorités soudanaises et Jank Pronk a déclaré « espérer que l'accès intégral au camp sera accordé le plus rapidement possible. ». Il a demandé à son adjoint et au Coordonnateur humanitaire de se rendre dans le camp aujourd'hui.

Le jeudi 12, lors d'une séance de formation à l'hygiène organisée par CARE-International, des personnes déplacées du camp de Kalma se sont rassemblées en masse et ont pris à parti des personnes déplacées en provenance d'un camp arabe voisin et employées par CARE-International, pour avoir, semble-t-il, participé à l'attaque et à l'incendie de leur village.

Une des personnes déplacées a été tuée ; une autre, blessée, est actuellement traitée à l'hôpital de Nyala. Deux membres de CARE-International ont été placés en garde à vue au poste de police de Nyala pendant la nuit du 14 août et ont ensuite été remis en liberté. Un membre de l'organisation humanitaire non gouvernementale est toujours détenu pendant l'enquête des autorités soudanaises.

Depuis lors, les autorités gouvernementales ont ordonné la suspension de toutes les activités humanitaires dans le camp pendant la durée de l'enquête. Les observateurs de l'Union africaine se sont également vus refuser l'accès au camp.