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L'Envoyé pour le Soudan en faveur d'une vérification préalable des allégations

L'Envoyé pour le Soudan en faveur d'une vérification préalable des allégations

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A la veille de coprésider aujourd'hui la troisième réunion du Mécanisme de mise en œuvre de l'accord ONU/Soudan, le Représentant spécial de l'ONU a indiqué qu'avant d'affirmer quoi que ce soit il fallait vérifier ses allégations, que la question de savoir s'il y avait ou non un génocide en cours au Soudan était matière à enquête mais que la Ligue des Etats arabes elle-même avait conclu à des atrocités et que si l'ONU exerçait une pression politique, celle-ci était fondée sur un consensus et des normes internationales.

Le Représentant du Secrétaire général pour le Soudan, Jan Pronk, a coprésidé ce soir avec le Ministre des Affaires étrangères du Soudan, Mustapha Ismaïl, la troisième réunion du Mécanisme de contrôle de l'accord ONU/Soudan du 3 juillet dernier.

Cette entrevue a été précédée hier soir de discussions préparatoires entre Jan Pronk et le Ministre pendant lesquelles a été également abordée la question des procédures d'autorisation des vols humanitaires, qui a entraîné des retards dans l'acheminement de l'aide.

Hier également, lors d'une entrevue avec la presse à Khartoum, le Représentant spécial de l'ONU a été interpellé sur la pression exercée par l'ONU sur le Gouvernement du Soudan, un terme que le Représentant spécial a revendiqué.

« Vous pouvez utiliser ce mot. Il s'agit bien de pression politique et le Secrétaire général a indiqué à différentes reprises que la pression politique était souhaitable, nécessaire et efficace », a-t-il déclaré.

« L'ONU n'a pas beaucoup d'autres moyens à sa disposition mais il s'agit toujours d'une pression politique basée d'abord sur un consensus international - et non la pression d'un pays sur un autre – ensuite d'une pression fondée sur les normes internationales, comme, par exemple, les Conventions des droits de l'homme »

Interrogé sur la diversité des messages envoyés par l'annonce d'un accord sur un Plan d'action avec le Gouvernement du Soudan d'une part et par les informations de la Coordination humanitaire de l'ONU faisant étant d'attaques aériennes au Darfour d'autre part, ainsi que sur « l'impact que cela avait sur son optimisme », M. Pronk a déclaré que « son optimisme était fondé sur des discussions avec le Gouvernement et que nous verrions bien, le 31 août, à la fin de la période de 30 jours, s'il était fondé ou non. »

« Les informations sur les attaques – quand elles ont eu lieu, où elles ont eu lieu - doivent être vérifiées. C'est ce que nous faisons en ce moment », a-t-il ajouté.

A une question lui demandant si une pression était exercée également à l'égard de l'autre partie « qui viole elle aussi les droits de l'homme », M. Pronk a répondu que des pressions étaient exercées sur toutes les parties impliquées dans le conflit, citant en exemple le fait que « les rebelles avaient subi une pression pour regagner la table des négociations aussi rapidement que possible. »

Lors de la réunion d'Asmara avec les dirigeants des groupes rebelles, « nous avons aussi fait pression sur eux pour qu'ils fassent preuve de retenue. [...] C'est une approche impartiale », a-t-il ajouté.

A la question de savoir s'il s'agissait ou non d'un génocide, l'Union européenne ayant conclu que cela n'en était pas un, M. Pronk a rectifié : « la mission européenne a indiqué ne pas avoir trouvé de preuves, elle n'a pas dit qu'il n'y avait pas eu de génocide. Il y a eu des allégations disant qu'un génocide était en cours en ce moment au Darfour. [...] C'est pour cette raison que le Secrétaire général a demandé à son rapporteur spécial sur le génocide de mener une enquête. »

« En fait, qu'il s'agisse ou non de génocide, ce qui reste à voir, nous savons qu'il y a eu des atrocités, des violations des droits de l'homme, des viols d'adolescentes.[...] Lisez un rapport qui n'est pas un rapport de l'ONU, celui de la Ligue des Etats arabes, on y trouve les mots 'tueries', 'passages à tabac ayant entraîné la mort', 'viol', 'populations terrorisées'. C'est suffisant pour que nous n'ayons pas besoin d'y ajouter une autre étiquette », a fait observer M. Pronk.