R.D. du Congo : le Sud Kivu coupé en deux, environ 80 000 personnes affectées

10 août 2004

Les combats qui ont opposé en mai et juin dernier les Forces armées congolaises aux insurgés de Laurent Nkunda se sont soldés par un repliement des troupes rebelles vers le Nord, dans le secteur de Kalehe tandis que l'armée reprenait Bukavu, indique la Coordination humanitaire et la Mission de l'ONU dans le pays. 80 000 personnes auraient été affectées sur une population estimée à plus de 250 000 habitants.

Les combats qui ont opposé en mai et juin dernier les Forces armés congolaises aux insurgés de Laurent Nkunda se sont soldés par un repliement des troupes rebelles vers le Nord, dans le secteur de Kalehe tandis que l'armée reprenait Bukavu, indique la Coordination humanitaire et sa Mission de l'ONU dans le pays. 80 000 personnes auraient été affectées sur une population estimée à plus de 250 000 habitants.

La situation sécuritaire dans le territoire reste précaire dans le territoire de Kalehe, province du Sud-Kivu les récentes informations d'un bilan hebdomadaire du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), informations corroborées par la Mission des Nations Unies au Congo, la MONUC.

« C'est toujours la même situation, extrêmement préoccupante, qui prévaut dans le Sud-Kivu », indiquait hier la directrice de la communication de la MONUC, Patricia Thomé.

Après les affrontements entre les Forces armées de la RDC et deux commandants dissidents, en juin, puis la reprise du contrôle de Bukavu par les forces gouvernementales, les insurgés commandés par le général Laurent Nkunda se sont regroupés dans la région de Kahele plus au nord, coupant de fait en deux la province du Sud-Kivu, la partie méridionale restant contrôlée par la 10e Région Militaire de l'armée congolaise.

Les personnes déplacées ont été estimées à 36.000 par les agences humanitaires qui ont effectué deux missions d'évaluation, l'une au départ de Goma et l'autre à partir de Bukavu.

Le regroupement de ces déplacés a été influencé par leurs origines. Environ 5.000 déplacés, d'origine rwandophone sont localisés dans les villages de Numbi, Shanje et Kalungu, arguant avoir fui les atrocités leur infligées par les éléments de la 10e Région Militaire, indique OCHA.

Au sud de Kalehe en revanche, plus de 31.000 autres affirment avoir fui les exactions commises par les hommes du Général Laurent Nkunda. Les intervenants humanitaires viennent de finaliser le plan d'intervention en faveur de ces personnes déplacées.

Au nombre des déplacés il convient d'ajouter ceux qui ont fui vers les pays voisins, le Rwanda et le Burundi notamment.

Au total, ce sont plus de 80 000 personnes vulnérabilisées par le cycle d'affrontements dans le territoire de Kahele, affirme l'administrateur du territoire cité par OCHA.

Les missions inter-agences conduites par OCHA et à laquelle ont participé la MONUC et des ONG (Organisations non gouvernementales internationales), l'une entre les 19 et 24 juillet au sud du territoire de Kalehe, suivie d'une deuxième au nord le 24 juillet, indique un article de la MONUC, ont permis d'évaluer les besoins.

Des interventions humanitaires d'urgence en vivres et non-vivres ont alors été planifiées. Est également prévue l'organisation de soutien aux centres nutritionnels sur place ainsi qu'aux personnes victimes des violences sexuelles. Selon la MONUC, une centaine de personnes auraient été violées par les hommes de Laurent Nkunda dans le village de Kasheke, entre le 11 et le 19 juin, et une soixantaine d'autres dans les localités de Nyamtue, Myudusa et Buzunga.

Le manque de confiance réciproque entre les anciens seigneurs de guerre et l'absence d'une chaîne claire de commandement affecte régulièrement les activités des agences humanitaires, indique par ailleurs la MONUC.

Cette situation s'est encore aggravée lors des incidents qui ont une nouvelle fois secoué le Sud Kivu en mai et juin dernier. L'occupation de Bukavu par les militaires insurgés de Laurent Nkunda a entraîné l'afflux des ex-Mai Mai des forêts vers les grandes villes comme Bukavu, Uvira, Mwenga et Bunyakiri où ils ont manifesté de l'hostilité et de la désinvolture envers les personnels humanitaires.

En outre, nombre de territoires sont sous le contrôle de Groupes Armés Incontrôlés (UAG) avec qui il faut aussi négocier pour permettre l'acheminement de l'aide humanitaire à ces régions.

 

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