La Mission de l'ONU pour l' Iraq dans l'attente de meilleures conditions de sécurité

9 août 2004

Bien qu'elle mène des activités ponctuelles dans le pays et y établisse « des bases opératoires » en prévision des activités du Représentant spécial, la Mission de l'ONU pour l'Iraq a fermé son bureau de Larnaca, à Chypre et réduit ses opérations en attendant soit le rétablissement de conditions de sécurité adéquates dans le pays soit la contribution de troupes consacrées à sa sécurité, indique Kofi Annan, dans son dernier rapport.

Dans son rapport qui couvre la période écoulée depuis le 5 décembre 2003, le Secrétaire général présente un résumé des activités de la Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Iraq (MANUI) , créée pour une période initiale de 12 mois, et qui a commencé ses travaux le 1er septembre 2003.

« En raison des attaques menées contre les locaux de l'ONU à Bagdad, le 19 août et le 22 septembre 2003, et de la détérioration générale de la situation sur le plan de la sécurité en Iraq, l'Organisation n'a pas pu accomplir les tâches évoquées dans le premier rapport », souligne le Secrétaire général, qui rappelle que c'est dans ce contexte que, dans la résolution 1511 (2003), le Conseil de Sécurité a reconnu que l'ONU devait s'acquitter de son mandat « si les circonstances le permettent ».

« Depuis décembre 2003, la sécurité en Iraq ne s'est pas améliorée. J'ai donc décidé de transférer temporairement à Chypre (à Larnaca), en Jordanie (à Amman) et au Koweït les activités de la MANUI et des autres programmes relatifs à l'Iraq », indique Kofi Annan, qui souligne que « le personnel international n'est autorisé à entrer en Iraq que pour des opérations de secours humanitaires d'urgence, des opérations relatives à la sécurité et toutes autres opérations jugées essentielles ».

Le Siège de la Mission se trouve à Amman, informe le rapport. « Depuis juillet dernier, 50 membres du personnel international et local y travaillent », et une équipe du Siège de l'ONU à New York a suggéré de le réduire encore. Les locaux de Larnaca ont été fermés le 22 juin dernier. Quant à la base située au Koweït, elle sert de base logistique et administrative pour le Sud de l'Iraq.

Par ailleurs, « l'UNAMI est en train d'établir des bases d'opération à Bassora, Erbil et Bagdad, où elle a déjà identifié des locaux provisoire pour le nouveau Représentant spécial », Ashraf Jehangir Qazi et pour son équipe, à partir de la mi-août.

« En dépit de ces contraintes, nous restons fermement résolus à aider le peuple iraquien à reconstruire le pays. À cette fin, le système des Nations Unies a continué à mener plusieurs activités essentielles d'assistance dans toutes les régions de l'Iraq », souligne le Secrétaire général.

La sécurité du personnel demeure la contrainte déterminante dans toutes les activités de l'ONU en Iraq. Durant la période considérée, le Coordonnateur par intérim des Nations Unies pour les questions de sécurité a estimé que les risques auxquels était exposé le personnel des Nations Unies en Iraq étaient « élevés » à « critiques », précise-t-il.

« Dans l'avenir prévisible, l'ONU restera une cible de choix, pour ceux qui veulent mener une attaque terroriste retentissante en Iraq. La MANUI et les organismes et programmes des Nations Unies devront donc continuer à réduire au minimum les tâches administratives et leur présence en Iraq, en limitant à l'essentiel leurs activités dans le pays. Ils utiliseront aussi un pool de services de l'ensemble du système, basé sur un nombre limité de services communs en Iraq ».

Le rapport souligne que l'ONU ne possède pas toutes les ressources dont elle a besoin pour s'acquitter, dans un premier temps, de ses propres responsabilités en matière de sécurité en Iraq, et qu'elle « devra donc compter sur le Gouvernement intérimaire iraquien et la force multinationale pour assurer la sécurité du personnel international des Nations Unies lorsqu'il retournera en Iraq ».

Pour y pallier, la MANUI sollicite l'aide des États Membres pour la création de groupes de sécurité spécifiques qui seraient chargés d'assurer la sécurité à l'intérieur des locaux de l'ONU ainsi que la protection du personnel des Nations Unies et de coordonner les dispositifs de protection avec la force multinationale.

Présentant ses activités depuis le 5 décembre 2003, le rapport passe en revue les travaux de de reconstruction, de développement et d'assistance humanitaire, ainsi que l'appui au processus de transition politique en Iraq, qui reste principalement un rôle de coordination et de conseil.

« Je suis fermement convaincu que les Iraquiens ont les capacités humaines et les ressources naturelles nécessaires pour reconstruire leur pays. L'ONU est prête à faire tout son possible en vue d'appuyer un processus dirigé et contrôlé par les Iraquiens et d'y contribuer », observe Kofi Annan.

Sur le milliard de dollars annoncé après la conférence des donateurs qui s'est tenue en octobre 2003 à Madrid pour le financement des projets assuré par le Fonds international pour la reconstruction de l'Iraq (FIRI), les organismes des Nations Unies ont déjà programmé 27 projets différents pour un montant total de 350 millions de dollars. Au cours des six premiers mois de 2004, ils ont mené pour 100 millions de dollars d'activités, souligne le rapport, qui rappelle qu'une troisième réunion est prévue à Tokyo en octobre 2004.

En matière politique et électorale, la section des affaires politiques de la MANUI joué un rôle de conseil auprès du Siège, par des contacts avec de nombreux Iraquiens, et elle a commencé, en juillet 2004, à fournir un appui au processus électoral en offrant des moyens logistiques, en matière de transmissions et d'informatique et pour l'instruction civique des électeurs. « La MANUI voit son rôle, dans ce domaine, comme consistant à assurer la coordination et le soutien des organismes des Nations Unies, collectivement, de façon à utiliser au mieux leurs capacités propres dans l'exécution des programmes », souligne le rapport.

A la demande des ministres du gouvernement provisoire, l'ONU organise une formation et apporte une aide sous forme de contacts réguliers avec des ministres et des hauts fonctionnaires. « La Mission a également contribué à la création de capacités dans les ministères et veille, chaque fois que possible, à l'emploi d'Iraquiens pour la mise en œuvre des projets, notamment d'entrepreneurs, d'ONG et d'autres partenaires iraquiens », souligne le rapport.

Pour l'avenir, Kofi Annan dresse un tableau des tâches qui attendent son nouveau Représentant spécial, et chef de la MANUI : « Mon Représentant spécial aura pour principale tâche d'aider les Iraquiens à appliquer le calendrier proposé pour le processus de transition devant mener à la formation, le 31 décembre 2005 au plus tard, d'un gouvernement élu conformément à la constitution ».

À cette fin, ajoute-t-il, « il collaborera étroitement avec les autorités, les entités politiques et la société civile iraquiennes. Par ailleurs, il tiendra des consultations avec les pays de la région et la communauté des donateurs pour qu'ils soutiennent la reconstruction politique et économique de l'Iraq ».

« Pour s'acquitter de sa tâche avec succès, il aura besoin du plein appui d'un Conseil de sécurité unifié », conclut Kofi Annan, qui réaffirme par ailleurs que « l'amélioration qualitative des conditions générales de sécurité » restera une « condition préalable essentielle pour le succès de l'action de l'ONU en Iraq ».

- Dossier Iraq du site de l'ONU

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