Le Programme alimentaire mondial forcé de réduire son assistance au Libéria

Le Programme alimentaire mondial forcé de réduire son assistance au Libéria

Personnes déplacées au Libéria
Le Programme alimentaire de l'ONU a annoncé la réduction de l'assistance alimentaire qu'il apporte au Libéria à près de 500 000 personnes et prévient qu'il devra y mettre fin d'ici à octobre si l'insuffisance du financement persiste, l'insécurité alimentaire risquant alors de compromettre la stabilité du pays.

« Au cours des deux derniers mois, le PAM a continuellement alerté sur le risque d'interruption de l'assistance alimentaire au mois d'août si l'on ne pallie pas l'insuffisance du financement de ses programmes au Libéria. », annonce un communiqué (en anglais) du Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires (OCHA), paru aujourd'hui, indiquant que le Programme alimentaire mondial (PAM) a dû réduire ses distributions de rations alimentaires.

L'agence précise qu'elle avait annoncé qu'elle n'inclurait plus de légumineuses dans ses activités de distribution de nourriture, sauf dans celles destinées aux programmes de Démobilisation-réintégration des ex-combattants.

Cette décision va affecter 418 647 personnes dépendant des distributions mensuelles de nourriture du PAM, indique le Programme de l'ONU qui précise que les bénéficiaires du programme comprennent 317 580 personnes déplacées à l'intérieur du territoire, 72 229 écoliers, et 19 887 personnes vulnérables.

« En moyenne, l'absence de légumineuses réduit de 2 100 à 1 531 la quantité de kilocalories dans le panier alimentaire quotidien », souligne le Coordonnateur humanitaire par intérim pour le Libéria qui prévient que, « si les donateurs qui ont fait des promesses de fonds pour les programmes du PAM ne les font pas suivre d'effet, le programme pour le Libéria risque de réduire les rations de moitié, et dans le pire des cas, de l'arrêter d'ici au mois d'octobre ».

Compte tenu de l'insécurité constante qui a régné ces 14 dernières années, on pense qu'une personne sur six parmi la population libérienne, estimée à 3 millions de personnes, dépend d'une assistance régulière du PAM, sans compter plus de 60 000 ex-combattants qui participent aux programmes de Désarmement-réintégration.

« On craint que si la réduction des rations se poursuit, il soit très probable que des émeutes ne se produisent dans les camps et conduisent à une instabilité dans le pays. Cette situation remettrait en cause les acquis réalisés pour stabiliser le Libéria », prévient le PAM.

A ce jour, l'agence a reçu moins de la moitié des 82 millions de dollars requis pour le financement de ses programmes en Afrique de l'Ouest.