Conseil de sécurité : efforts en cours au Kosovo pour réparer les dommages de mars

Conseil de sécurité : efforts en cours au Kosovo pour réparer les dommages de mars

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A l'évidence, les dirigeants du Kosovo et la population sont encore « au pied de la montagne » dans leur progression vers la création d'une société tolérante et incluant toutes ses composantes, a déclaré ce matin devant le Conseil de sécurité un responsable du maintien de la paix de l'ONU.

Après les violences généralisées de mars, « la situation en matière de sécurité est restée, dans l'ensemble, calme et stable », a indiqué Hédi Annabi, Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix de l'ONU, qui s'exprimait ce matin devant le Conseil de sécurité qui consacrait une séance publique à la situation au Kosovo.

Le seul incident sérieux, qui semble motivé par des considérations ethniques, est le meurtre d'un Kosovar d'origine serbe, dans le village de Gracanica à proximité de Pristina. Hédi Annabi a indiqué que l'ONU trouvait toutefois encourageant que des fonctionnaires d'origine albanaise et la police du Kosovo aient arrêté deux jeunes Albanais du Kosovo dans les heures qui ont suivi le meurtre.

Par ailleurs, M. Annabi a attiré l'attention sur le fait que près de 2 400 personnes étaient toujours déplacées du fait des émeutes. Un nombre limité d'entre elles sont revenues occuper des installations temporaires se trouvant à proximité des sites où leurs logements sont en train d'être reconstruits.

« La MINUK (Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo) travaille actuellement avec les représentants des Serbes du Kosovo à identifier les secteurs prioritaires de retour pour l'année en cours », a-t-il indiqué.

Le Sous-Secrétaire général a également précisé que la reconstruction des biens endommagés ou détruits « après un démarrage lent, avait progressé de façon significative pendant la période couverte par le rapport » du Secrétaire général dont il présentait les principaux points.

Au 30 juillet, 330 sur les 935 logements détruits ou endommagés avaient été reconstruits et 277 étaient en cours de reconstruction, a-t-il indiqué, ajoutant que les contrats concernant 16 logements supplémentaires sont sur le point d'être attribués et que les documents techniques sont en cours de préparation pour 160 logements.

Il a également attiré l'attention sur les visites des dirigeants albanais du Kosovo aux communautés minoritaires qu'il a qualifiées d'encourageantes.

« En dépit du maintien de la non-participation des Serbes du Kosovo dans les Institutions provisoires, la signature d'une déclaration conjointe des Kosovars albanais et serbes dans laquelle les dirigeants des deux communautés s'engagent à coopérer dans un certain nombre de secteurs est un développement significatif », a également déclaré Hédi Annabi.

Les Institutions provisoires ont fait montre d'une volonté renouvelée de faire progresser l'application des Normes, notamment en élaborant un plan de mise en œuvre comportant une répartition des tâches, un calendrier détaillé et un mécanisme de contrôle, a-t-il également exposé, tout en faisant remarquer qu'il restait à voir si ces Institutions effectueraient les changements nécessaires à la mise en conformité avec le plan notamment en matière de protection des minorités et de promotion de leurs droits, dans le domaine des retours et de la liberté de mouvement.

Une avancée présentée également comme «significative» et «importante» par le Sous-Secrétaire général est l'élaboration par un groupe de travail MINUK-Institutions provisoires d'un Document cadre sur la réforme de l'administration locales qui établit les principes d'une délégation de responsabilités au niveau local.

« Les consultations se sont déroulées de façon transparente et même s'ils n'ont pas formellement donné leur accord au document, les représentants de la communauté serbe du Kosovo étaient présents », a précisé M. Annabi qui a ajouté que la MINUK continue à « explorer la position des Serbes du Kosovo » à ce sujet.

La principale difficulté rencontrée pendant la période considérée a été la démarche de l'Assemblée du Kosovo qui, « malgré les mises en garde répétées de la MINUK, a outrepassé ses attributions et a voté le 8 juillet un ensemble de 38 amendements au Cadre constitutionnel [...] qui ont un impact sur un certain nombre de secteurs relevant du domaine réservé du Représentant spécial », a indiqué M. Annabi.

Dans le domaine des élections, il a précisé que les préparatifs techniques pour les élections d'octobre qui concernent l'ensemble du Kosovo, avaient commencé et que, pour la première fois, « la responsabilité opérationnelle de ces élections reposait sur le peuple du Kosovo. »

Il a signalé qu'il avait été difficile d'obtenir de Belgrade la coopération nécessaire au vote par courrier des personnes déplacées et que par conséquent la MINUK avait décidé d'utiliser l'information disponible actuellement.

Par ailleurs, « la participation des Serbes du Kosovo aux élections reste incertaine », a ajouté M. Annabi, même s'il y a actuellement des « indications que quelques représentants de la communauté serbe du Kosovo souhaiteraient participer à ces élections », ce que le Sous-Secrétaire général a estimé être, là encore, un signe encourageant.

« Les développements depuis mars montrent que, même si les progrès à accomplir sont en fin de compte du ressort des représentants du Kosovo et de son peuple, le soutien régulier de la communauté et de ce Conseil et leur engagement actif dans nos efforts communs au Kosovo, demeurent indispensables », a conclu le Sous-Secrétaire général de l'ONU

Reprenant la parole après que de nombreux Etats ont exprimé leur point de vue, le Sous-Secrétaire général a attiré l'attention sur la situation financière critique de la MINUK qui pourrait avoir à réduire certaines de ses activités dès le mois prochain et a exhorté les Etats-membres à payer la totalité de leurs contributions de façon à ce que la Mission puisse être financée à hauteur de ses besoins.

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