Soudan : accès humanitaire désormais totalement libre, indique l'Envoyé de l'ONU

Soudan : accès humanitaire désormais totalement libre, indique l'Envoyé de l'ONU

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Le Représentant spécial de l'ONU au Soudan a fait aujourd'hui le point pour la radio de l'Organisation mondiale sur l'avancement du travail engagé avec les autorités de Khartoum et a annoncé que les actions à l'étude, dont le désarmement de « ceux des Janjaouites alignés sur le Gouvernement du Soudan », se feraient dans un premier temps dans des secteurs sélectionnés ainsi que le libre accès désormais accordé aux humanitaires.

Interrogé aujourd'hui par la radio de l'ONU, Jan Pronk, le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan qui co-préside avec le Ministre soudanais des Affaires étrangères le mécanisme chargé de contrôler l'application des engagements pris par le Gouvernement du Soudan et l'ONU le 3 juillet dernier, a précisé que les participants à ce mécanisme faisaient actuellement porter leurs efforts sur les pourparlers politiques qui vont commencer en ce début du mois d'août entre le Gouvernement et les mouvements rebelles « de façon à rétablir la paix aussi rapidement que possible de telle sorte que cesse l'insécurité qui est générée par l'activité des rebelles. »

« Cela, c'est le premier point », a déclaré M. Pronk. « En second lieu, nous discutons en ce moment avec le Gouvernement du Soudan de la mise au point d'un plan d'action visant à réaliser des progrès substantiels dans des secteurs sélectionnés du Darfour car il n'est pas possible de trouver une solution au conflit dans l'ensemble du Darfour, qui est extrêmement vaste, dans un délai de seulement 30 jours. »

M. Pronk a insisté sur le fait que ce que réclamait la résolution du Conseil de sécurité étaient que des progrès substantiels soient réalisés pendant cette période.

« Nous sommes en ce moment en train de définir où pourraient être réalisés ces progrès substantiels, qui pourraient s'en charger, les actions concrètes du Gouvernement du Soudan, au regard également du désarmement de ceux des Janjaouites qui se sont alignés sur le Gouvernement soudanais », a poursuivi le Représentant spécial.

Il a indiqué qu'était également en train d'être défini l'ensemble des actions à mener pour « à accroître les capacités de la police de telle sorte qu'elle puisse contenir les milices échappant au contrôle du gouvernement et pour amener l'armée à faire preuve de retenue de façon à ce que les populations n'aient plus à avoir peur des activités du gouvernement et des milices sous son contrôle. »

Interrogé sur la situation sur le terrain au Darfour, M. Pronk a indiqué que les organisations non gouvernementales et les agences de l'ONU n'étaient plus confrontées à de quelconques restrictions de la part du Gouvernement du Soudan et que leur accès au Darfour était totalement libre désormais.

« Cela veut dire que la communauté internationale doit maintenant passer à la vitesse supérieure et mettre à disposition des fonds, des ressources, du personnel et un appui logistique [...] car sur le terrain, la nourriture, l'eau et les ressources médicales font cruellement défaut », a-t-il ajouté.

Il a également indiqué que la sécurité des personnes qui se trouvent dans les camps s'était améliorée. « Il y a quelques incidents mais, à l'intérieur des camps, les gens considèrent qu'ils sont en sécurité. En dehors des camps, cela n'est pas le cas et c'est pour cela que nous recommandons au Gouvernement du Soudan de concentrer ses activités sur les secteurs qui entourent les camps », a-t-il précisé.

Le Représentant spécial a expliqué, dans une certaine mesure, les manifestations qui ont eu lieu à Khartoum par un malentendu né de la résolution du Conseil de sécurité.

« Les gens ont pensé qu'il était demandé au Gouvernement du Soudan de régler tous les problèmes en 30 jours et que le Conseil de sécurité blâmait exclusivement le Gouvernement ce qui n'est pas le cas. Il nous faut donc communiquer » à ce sujet, a déclaré M. Pronk.

Une autre raison de ces manifestations, selon le Représentant spécial, a à voir avec la politique intérieure du pays. Comme partout, a-t-il expliqué, « vous avez un gouvernement, une opposition et différents groupes. [...] Il ne faut pas perdre de vue qu'un certain nombre de personnes utilisent la tension actuelle en affirmant qu'il s'agit de l'Occident contre le Soudan, des Arabes contre les Africains ou de l'Occident contre l'Islam, ce qui n'est évidemment pas le cas.

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- Dossier Soudan du site de l'ONU image 

Radio de l'ONU (audio)