FAO/UNESCO : doper la productivité agricole en Amérique latine

FAO/UNESCO : doper la productivité agricole en Amérique latine

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Les agences de l'ONU pour l'agriculture (FAO) et pour l'éducation (UNESCO) lancent en Amérique latine une campagne d'éducation dans les campagnes, qui vise à doper la productivité agricole et lutter contre la faim, la malnutrition et la pauvreté.

« La campagne sera lancée lors d'un atelier régional sur "La sécurité alimentaire et l'éducation pour la population rurale" qui se tiendra du 3 au 5 août 2004 à Santiago du Chili », annonce aujourd'hui un communiqué de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), associée à l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture ( UNESCO ).

La recherche montre qu'un agriculteur qui a suivi quatre années d'éducation élémentaire a une productivité supérieure de près de 9 % à celle d'un agriculteur sans éducation. Cette productivité passe à 13 pour cent lorsque l'on prend en compte la manipulation d'éléments tels qu'engrais, nouvelles semences ou machines agricoles , souligne le communiqué.

Un milliard de personnes sont analphabètes dans le monde, dont 130 millions d'enfants », indique la FAO qui précise que la plupart vivent dans les régions les moins développées où est également concentrée la majorité des 840 millions de personnes souffrant de sous-alimentation chronique. En Amérique latine, la majorité des populations sous-alimentées et analphabètes vit dans des zones rurales.

"Développer et améliorer l'éducation peut être un des moyens les plus efficaces de réduire la pauvreté, la faim et la malnutrition. Les taux de malnutrition baissent avec l'augmentation de l'alphabétisation, en particulier chez les femmes", selon l'expert de la FAO, Lavinia Gasperini.

Au Guatemala, par exemple, pays présentant le plus fort pourcentage de population rurale dans la région, la catégorie des 25-59 ans dans les zones urbaines comptabilisait en moyenne, en 1998, 6,5 années de scolarisation. Mais ce chiffre s'élevait seulement à 1,9 année de scolarisation en zone rurale.

Un nombre accru de pays en Amérique latine reconnaissent l'importance de l'éducation pour les populations rurales et adoptent des politiques pour la rendre plus accessible et pertinente, souligne la FAO, qui cite à titre d'exemple le modèle de la Nouvelle Ecole (Escuela Nueva), adopté par près de la moitié des écoles rurales en Colombie.

Ces écoles mettent l'accent sur l'apprentissage participatif et leurs programmes combinent un tronc commun national avec des modules locaux tenant compte de la culture et des besoins respectifs des différentes populations rurales. Les communautés locales et les parents y sont activement impliqués. En conséquence, les taux d'abandon sont bien plus faibles et les résultats en espagnol et en mathématiques sont considérablement meilleurs que dans les écoles traditionnelles , indique le communiqué.

« Au Mexique, un programme éducatif, le Programa de Education, Salud y Alimentacion (PROGRESA), encourage plus de 2,6 millions de familles rurales pauvres à envoyer leurs enfants à l'école, en accordant des subventions en espèces ».

Les trois premières années d'existence du programme ont déjà permis d'augmenter de 20 pour cent pour les filles et de 10 pour cent pour les garçons l'inscription pour l'année de transition entre l'école primaire et l'école secondaire, note la FAO.

Quelque 100 responsables politiques et planificateurs du développement des Ministères de l'agriculture et de l'éducation des pays d'Amérique latine, ainsi que des représentants d'organisations de la société civile participeront à l'atelier de Santiago du Chili.

La campagne d'éducation de la FAO et de l'UNESCO, qui reçoit également l'appui de l'Institut interaméricain de coopération pour l'agriculture (IICA), de la Banque mondiale et de la Coopération italienne au développement (DGCS), fait partie de l'initiative partenariale globale pour l'éducation des populations rurales, menée par la FAO et mise en oeuvre en collaboration avec l'UNESCO et plus d'une centaine de partenaires, notamment des ONG et des universités. Elle s'insère dans le cadre du suivi du Sommet mondial sur le Développement durable de Johannesburg en 2002.