Le vote du Conseil de sécurité sur un projet de résolution sur le Soudan prévu ce matin

30 juillet 2004

Annoncée hier par la porte-parole de l'ONU à New York, la mise au vote ce matin du projet de résolution sur le Soudan, à nouveau reformulé lors des dernières consulations du Conseil de sécurité hier soir, est informée par un rapport du Secrétaire général qui se place dans la perspective d'une opération de maintien de la paix de l'ONU dans le pays.

Annoncée hier par la porte-parole de l'ONU à New York, la mise au vote ce matin du projet de résolution sur le Soudan, à nouveau reformulé lors des dernières consulations du Conseil de sécurité hier soir, est informée par un rapport du Secrétaire général qui se place dans la perspective d'une opération de maintien de la paix de l'ONU dans le pays.

Le Secrétaire général indique, dans ce document, indique avoir envoyé dès avril dernier dans le pays un petit groupe d'experts techniques de l'ONU chargé d'entreprendre une planification logistique et des évaluations sur le terrain. Il lui a été également confié la mission « de trouver des locaux et installations appropriés à Khartoum et dans d'autres localités et d'identifier, en concertation avec les parties, des sites appropriés pour le siège, les camps ou autres locaux dont aurait besoin l'Organisation des Nations Unies dans l'éventualité d'une opération future. »

Il rappelle « qu'après des mois de négociation, le Gouvernement soudanais et le Mouvement/Armée de libération du peuple soudanais se sont mis d'accord sur les trois derniers protocoles relatifs au partage du pouvoir dans les trois zones ci-après : les monts Nouba, l'État du Nil bleu méridional et la province d'Abyei. Ces protocoles complètent une série de six accords et représentent le couronnement de près de deux ans de travail depuis la signature du premier protocole à Machakos (Kenya) en juillet 2002, suivie de l'adoption des protocoles relatifs aux arrangements de sécurité en septembre 2003 et au partage des richesses en janvier 2004. »

«Finalement, après tant d'années de guerre, les parties ont conduit leur pays à un tournant historique qui représente la meilleure chance de mettre un terme à l'un des conflits les plus longs et les plus insolubles en Afrique », fait observer Kofi Annan.

Il prévient toutefois que « mener une opération de contrôle et de vérification mutuellement acceptée dans une partie du pays alors que les conflits se poursuivent dans une autre se révélerait politiquement intenable aussi bien au Soudan qu'à l'échelon international » et que « la situation catastrophique au Darfour est un problème qui rendra un accord de paix infiniment plus difficile à appliquer ». Il ajoute qu'un "accord véritable au Darfour sera fondamental pour le succès du rôle que l'ONU pourrait être appelée à jouer au Soudan."

« Alors que le Gouvernement soudanais et le SPLM/A proclament leur attachement à la paix, les combats font toujours rage dans certaines régions », signale par ailleurs Kofi Annan qui se dit « profondément préoccupé par la violence qui a déferlé sur la région de Shilluk dans le Haut-Nil dans le sud du Soudan ainsi que par la série d'accrochages signalés dans d'autres localités du sud » et « demande au Gouvernement et au SPLM/A de manifester leur attachement à la paix en usant de leur influence pour assurer la cessation complète des combats. »

Le Secrétaire général attire par ailleurs l'attention sur l'ampleur de la tâche. « Les zones qu'une future opération de contrôle et de vérification seront probablement appelées à couvrir sont à peu près équivalentes en distance à celles qui séparent New York de Houston, plusieurs secteurs prévus ayant chacun la taille de l'Autriche ou de l'État de New York », fait-il oberver.

Pour un pays "35 fois plus grand que la Sierra Leone", "la dimension d'une opération future, sur le plan logistique, serait légèrement supérieure à celle existant en République démocratique du Congo", indique-t-il.

« Une assistance et des investissements massifs de la communauté internationale contribueront de manière décisive au succès du processus de paix. La reconstruction d'un pays aussi vaste constituera une gigantesque entreprise. Faute d'engagement durable et d'efforts inlassables, il n'est pas impossible que le sud du Soudan retombe dans la guerre et le chaos », prévient le Secrétaire général.

Il engage toutefois « vivement la communauté internationale à consentir cet investissement pour aider le peuple soudanais, qui a enduré de longues souffrances, à instaurer la paix et pour assurer la stabilité et le bien-être économique de la région. »

Quant à John C. Danforth, l'ambassadeur des Etats-Unis, pays co-auteur avec le Royaume-Uni du projet de résolution, il a indiqué hier soir à la sortie de consultations avec le Conseil de sécurité, que la clef de la résolution restait ce qu'il appelle « l'horloge des 30 jours » - ce qui signifie qu'une évaluation sera menée par période de 30 jours et que si aucun progrès n'est effectué par le Gouvernement du Soudan au regard de ses engagements, « il s'agira de prendre d'autres options. »

« L'usage du terme sanctions a suscité des objections de la part de certains membres du Conseil qui préfèrent utiliser un langage onusien pour dire exactement la même chose » à savoir que, dans le cas où le Soudan ne remplirait pas ses obligations, le Conseil envisagera de prendre des mesures en accord avec l'article 41 de la Charte de l'ONU, a poursuivi l'ambassadeur.

Lisant le texte de cet article qui prévoit, entre autres dispositions, des mesures qui incluent l'interruption complète des relations économiques et la rupture des relations diplomatiques, M. Danforth a fait valoir qu'il s'agissait en fait de « sanctions potentielles » qui sont envisagées dans la résolution « sans toutefois vouloir préjuger de ce qui va se passer », a-t-il ajouté.

- Dossier Soudan du site de l'ONU

 

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