Soudan : les Etats-Unis en faveur d'une action rapide, le Conseil de sécurité attend le projet final

28 juillet 2004

Au terme de consultations tenues à nouveau aujourd'hui sur un projet de résolution amendé, l'ambassadeur des Etats-Unis a parlé de discussions utiles alors que le Président du Conseil de sécurité évoquait des échanges de vue et indiquait que le Conseil attendait une version finale du projet prenant en compte le point de vue de ses membres.

Répondant aux questions de la presse à l'issue de consultations à huis clos sur une nouvelle version du projet de résolution sur le Soudan, l'ambassadeur américain auprès de l'ONU, à New York, John C. Danforth, a indiqué que les discussions entre les membres du Conseil avaient conclu que le Darfour était un désastre, que « le Gouvernement du Soudan est coupable » et qu'une action [du Conseil] dans un très court laps de temps était essentielle.

L'ambassadeur a évoqué un projet de résolution qui prévoirait une évaluation mensuelle des progrès réalisés. « Avec le passage de la résolution, l'horloge des 30 jours va commencer à tourner et cela sera renouvelé chaque mois. La question cruciale que nous devons nous poser, mois après mois, est de savoir si le gouvernement s'est conformé aux engagements qu'il a pris lors du communiqué commun du 3 juillet. »

« Si ce n'est pas le cas, quelque chose doit suivre. Mon opinion est qu'il doit s'agir de sanctions. Clairement si le Gouvernement du Soudan ne se conforme pas aux engagements pris, il doit y avoir des sanctions qui seront mises en oeuvre par le Conseil de sécurité », a-t-il déclaré.

Se référant à Alfred Kahn que l'on dissuadait d'utiliser le mot « inflation » et à qui l'on suggérait à la place d'utiliser le terme « bananes », l'ambassadeur a ajouté : « Nous pouvons utiliser le mot bananes si vous le préférez à celui de sanctions mais il faut qu'il soit clair pour le Gouvernement du Soudan qu'il s'agit de sanctions. »

Il a fait observer que si l'accès humanitaire s'était amélioré, les conditions en matière de sécurité avaient suivi le chemin inverse et qu'elles avaient en fait empiré. Les autorités soudanaises « affirment qu'elles ont arrêté certaines personnes. Est-ce que cela a un effet sur la situation en matière de sécurité c'est ce qui reste à voir », a-t-il souligné, ajoutant qu'il importait d'avoir « une approche extrêmement réaliste sur ce qui a été fait et sur ce qui doit l'être et de ne pas se satisfaire d'un maquillage de la réalité. »

L'ambassadeur Danforth a insisté sur le fait que « la responsabilité première du Gouvernement du Soudan était de protéger sa population. Pas d'armer des milices pour attaquer la population, pas de soutenir des gens qui brûlent les villages et qui violent. » « Et pourtant, c'est ce qui se passe actuellement au Darfour. Des centaines d'êtres humains sont tués tous les jours en raison de la politique menée à Khartoum et arrêter cela est la responsabilité du gouvernement » a-t-il poursuivi.

« Le monde observe », a-t-il ajouté.

Interrogé sur les étapes suivantes, il a indiqué qu'il s'apprêtait à « retourner au bureau et à réfléchir aux commentaires qui avaient été faits » de telle sorte que « la version définitive du projet passe en bleu » (version prête à être soumise au vote) de façon à ce que les délégués puissent soumettre cette version finale à leurs capitales ce soir ou demain matin.

Affirmant que les Etats-Unis étaient très favorables à la participation de l'Union africaine, il a dit « ne pas être tout à fait sûr de ce qu'il faudrait pour que la population du Darfour se sente en sécurité.

« Il y a des questions pratiques sur la façon dont la sécurité d'un pays de la taille de la France peut être assurée et cela requiert la réflexion la plus poussée de gens qui sont des experts dans ce domaine », a-t-il indiqué. »

Interrogé sur le fait que la population américaine était ou non préoccupée ou même simplement consciente du désastre ayant lieu au Darfour, l'ambassadeur a répondu que tel était bien le cas et que, même si les incendies de villages ou les viols ou les déplacements concernaient une population très différente de la population américaine, dans la mesure où cela concernait des êtres humains, oui, celle-ci se souciait de ce qui lui arrivait.

Le Président du Conseil, l'ambassadeur de la Roumanie, Mihnea Ioan Motoc, répondant, à la suite de l'ambassadeur américain, aux questions de la presse, a indiqué que les consultations du Conseil avaient porté sur une version amendée du projet de résolution présenté par les Etats-Unis et qu'en fonction du texte final produit et de la façon dont il tiendrait compte des observations faites au cours des consultations, il y aurait une plus grande convergence des membres du Conseil de sécurité.

 

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