Burundi : les services de santé réhabilités avec l'aide de l'ONU

28 juillet 2004

Trois agences de l'ONU et le Gouvernement du Burundi ont signé un mémorandum d'accord pour la fourniture d'équipements médicaux de base, afin de réhabiliter les dispensaires détruits par 10 ans de crise politique et de guerre et encourager le rapatriement des réfugiés burundais.

Cette initiative s'inscrit dans une campagne cherchant à encourager les réfugiés et autres victimes de guerre à rentrer volontairement dans leur pays et à réintégrer la vie burundaise, indique un communiqué du Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires (OCHA) publié aujourd'hui, qui précise que le but est que tous les Burundais puissent bénéficier de services de santé minimums.

A la suite du processus de paix d'Arusha, signé en 2002, ce sont plus de 281 000 réfugiés qui ont pu rentrer dans leurs foyers grâce aux efforts du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Plus de 52 000 d'entre eux sont rentrés volontairement ces six derniers mois, indique le communiqué.

Le Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires (OCHA), l'UNICEF, et l'OMS, collaboreront avec d'autres organisations non gouvernementales et le Bureau de l'aide humanitaire de la Commission européenne, à la réhabilitation de 10 hôpitaux et de 200 centres de santé répartis dans 10 provinces.

« Les bénéficiaires sont les personnes rapatriées, les personnes déplacées à l'intérieur du territoire, et la population locale », notamment les femmes et les enfants, indique Cherif Benadouda, le représentant de l'UNICEF à Bujumbura.

Le mémorandum, approuvé par Carolyn McAskie, le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Burundi, vise à modérer la hausse des coûts de santé entraînée par la privatisation des hôpitaux et des dispensaires, en 2002 et à la faillite du système de cartes d'assurance médicale pour les plus pauvres.

« La hausse des coûts signifie que les gens ne peuvent plus payer leurs factures » indique OCHA, qui rapporte qu'il n'est pas rare que certains soient détenus par les autorités sanitaires en cas de défaut de paiement et que les corps des personnes décédées ne soient rendus à la famille que sur paiement des frais de santé.

Compte tenu de ce qu'en 2003, 40% du budget est allé à la Défense et 2,2% à la santé, « 1,5 millions de personnes vivent à l'heure actuelle sans couverture sociale », précise Françoise Ngendahayo, ministre de la réhabilitation, de la réinsertion et de la réintégration des personnes déplacées et des rapatriés.

Bujumbura est pour l'instant exclue du programme en raison de la poursuite des combats dans cette province rurale, précise le communiqué, qui indique que son inclusion est prévue en 2005.

Près de 25% de la population du Burundi a été victime de la guerre, depuis l'assassinat, en 1993, du premier Président démocratiquement élu, Melchior Ndadaye, qui a conduit des centaines de milliers de Burundais à fuir leur pays, notamment vers la Tanzanie.

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