Soudan: la situation dans les camps de personnes déplacées demeure préoccupante

27 juillet 2004

La situation dans les camps de personnes déplacées au Darfour, dans l'Ouest du Soudan, continue de soulever des préoccupations notamment en matière d'assainissement, indique l'ONU, tandis qu'au Tchad, après les affrontements récents, les agences humanitaires ont repris leurs activités.

Le Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires (OCHA) estime aujourd'hui que parmi les problèmes les plus frappants dans les camps au Darfour « figurent ceux concernant l'hygiène et l'assainissement», précise OCHA.

« Il manque des jerricans, des bâches de plastique, des vêtements, des ustensiles de cuisine et des fours, parce que les ressources des personnes déplacées et des communautés d'accueil sont sans cesse épuisées », indique le communiqué.

En matière alimentaire, la situation est critique et cette situation risque de perdurer voire de s'aggraver du fait des ruptures dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire, dues notamment aux routes inondées.

Par ailleurs, la situation s'améliore dans les camps de réfugiés au Tchad. Les agences de l'ONU, à qui les autorités tchadiennes avaient ordonné de se retirer temporairement des deux camps de Farchana et de Breidjing (carte) (carte des réfugiés au Darfour), à la suite d'attaques de réfugiés contre des membres du personnel humanitaire, ont pu reprendre leur travail, a déclaré Jennifer Pagonis, porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), dans un communiqué paru aujourd'hui.

Mardi dernier, deux réfugiés sont morts au cours d'opérations menées par le gouvernement tchadien pour contenir les affrontements. « Samedi, le HCR, les autres agences de l'ONU et les organisations non gouvernementales ont rencontré les autorités locales et les chefs des réfugiés, dans les deux camps, et ont décidé que les activités humanitaires pouvaient reprendre sans danger. La fourniture d'eau a été rétablie à Farchana mardi, après avoir été coupée pendant deux jours au cours des incidents », précise le communiqué.

Plus de 30 000 réfugiés sont maintenant inscrits au camp de Breidjing, outre 5 000 arrivés sur le site par leurs propres moyens et qui ne sont pas encore intégrés dans un camp, indique le HCR, qui précise que l'agence pour les réfugiés du Tchad, CNAR, a commencé l'immatriculation de ces nouveaux arrivants, et que la distribution de nourriture devrait commencer dans quelques jours, suivie d'une distribution générale de nourriture ce week-end.

« Le camp de Breidjing ne peut supporter un nombre aussi grand de réfugiés », de sorte qu'ils devront être déplacés ailleurs, explique l'agence de l'ONU.

En tout, plus de 140 000 réfugiés ont été déplacés de la frontière entre le Soudan et le Tchad vers les neuf camps situés dans l'Est du Tchad, sans compter les 5 000 récemment arrivés, et les 14 800 réfugiés enregistrés par CNAR au site de Am Nabak, où ils reçoivent une assistance, mais où les ressources en eau sont insuffisantes pour établir un camp, indique le communiqué.

En outre, le HCR poursuit le transport par avion de fournitures humanitaires, en provenance d'Espagne, de Suède et du Danemark, qui doivent notamment apporter des véhicules, des seaux, des générateurs d'électricité et le dernier convoi de 16 100 tentes en provenance du Pakistan.

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- Dossier Soudan du site de l'ONU

 

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