L'expulsion des réfugiés du Cap Anamur en Italie critiquée par le HCR

23 juillet 2004

Au lendemain de l'expulsion par les autorités italiennes de 25 demandeurs d'asile ghanéens qui avaient été recueillis par le navire Cap Anamur, l'agence de l'ONU pour les réfugiés a fait part de sa vive préoccupation à l'égard du mépris apparent des normes internationales et européennes les plus élémentaires en la matière.

Au lendemain de l'expulsion par les autorités italiennes de 25 demandeurs d'asile ghanéens qui avaient été recueillis par le navire Cap Anamur, l'agence de l'ONU pour les réfugiés dénonce les graves irrégularités dans le traitement ultérieur des demandes d'asile.

Le 13 juillet dernier, la trentaine de passagers se trouvant à bord du Cap Anamur, un bateau affrété par une organisation non gouvernementale allemande, qui était au mouillage depuis dix jours au large de la Sicile, avait été autorisée à débarquer en territoire italien.

« Bien que nous ayons applaudi la décision du Gouvernement italien d'autoriser le débarquement des 37 personnes, pour des raisons humanitaire, nous regrettons les graves irrégularités dans le traitement subséquent des demandes d'asile. Nous avons également le sentiment que le traitement de l'affaire du Cap Anamur depuis le départ pose de sérieuses questions» a déclaré aujourd'hui le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), dans un communiqué.

De Rome, 25 personnes ont été déportées jeudi vers le Ghana, et cinq mercredi vers le Nigéria. « Une personne semble avoir reçu un permis de résidence temporaire en Italie, sans passer par le processus de demande d'asile », précise l'agence.

« Peu après avoir débarqué en Sicile, et bien qu'ils aient fait savoir qu'ils souhaitaient déposer une demande d'asile » le groupe a été retenu dans un centre de détention pour immigrants illégaux et n'ont pas bénéficié d'un avocat. Ils ont aussi rencontré des diplomates de plusieurs pays d'origine, y compris du Soudan.

« Présenter de réfugiés potentiels aux représentants du gouvernement qui peut être à l'origine de leur fuite va à l'encontre des principes élémentaires de la protection des réfugiés », déclare le HCR.

L'agence indique également que la Commission centrale de cinq membres qui détermine le statut de réfugiés en Italie, semblait avoir depuis l'origine été l'objet de fortes pressions, les autorités ayant informé les médias qu'aucun membre du groupe n'était un réfugié avant même que la Commission n'ait l'occasion de s'entretenir avec eux ». Le HCR lui-même déplore n'avoir plus eu accès au groupe depuis lundi.

« Cet incident malheureux, qui menaçait de plonger trois Etats (l'Allemagne, l'Italie et Malte) dans un différend complexe, souligne clairement la nécessité pour l'Union européenne d'adopter des mesures permettant de mieux partager le fardeau des réfugiés » conclut le HCR.

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