Kofi Annan affirme que son nouveau Représentant spécial pourra se rendre en Iraq et aider les Iraquiens

22 juillet 2004
Kofi Annan (droite) et Ashraf Qazi, Représentant spécial pour l'Iraq (archives)

Le nouveau Représentant spécial pour l'Iraq s'est dit prêt à assumer la tâche « extraordinairement difficile » qui l'attend tandis que le Secrétaire général a affirmé qu'il serait possible d'assurer sa sécurité dans le pays pour lui et une petite équipe de l'ONU mais que, pour que l'Organisation sorte du cadre qu'elle s'est fixée à ce jour, il faudrait des circonstances différentes.

Présentant Ashraf Qazi, son nouveau Représentant spécial pour l'Iraq, à la presse ce matin, le Secrétaire général l'a décrit comme un homme d'expérience ayant servi dans le cadre de missions diplomatiques importantes, tout particulièrement en Syrie où il a représenté le Pakistan en tant qu'ambassadeur mais aussi au Caire et en Libye.

« Il relève un défi à un moment décisif, a ajouté Kofi Annan qui a précisé que M. Qazi se rendrait en Iraq dès qu'il serait possible de travailler dans le pays.

« Je sais qu'il s'agit d'une affectation très difficile mais aussi extraordinairement importante. Nous allons travailler au bien-être et à l'amélioration des conditions de vie de la population en Iraq, en réussissant la transition politique, ce qui est le mandat que nous fixe la résolution du Conseil de sécurité » a déclaré le nouveau Représentant spécial.

Un membre de la presse, rappelant que lors de l'annonce de sa nomination, il avait été précisé qu'il se rendrait à Bagdad à la fin du mois de juillet ou au début du mois d'août, a demandé si c'était toujours à l'ordre du jour et si le fait qu'aucune force de protection de l'ONU n'avait pu être constituée ne remettait pas cela en cause, le Secrétaire général a affirmé que Ashraf Qazi « irait à Bagdad. »

« Nous serons en mesure de mettre en place un dispositif de sécurité pour lui et un petit groupe de membres du personnel », a-t-il ajouté, précisant toutefois que « pour maintenir une présence plus importante, il serait nécessaire de disposer de ce qui était prévu par la résolution [1546] c'est-à-dire d'une force consacrée à la protection du personnel de l'ONU et de ses installations. »

Il a été également demandé au Secrétaire général si le fait qu'il ait nommé un Pakistanais « avait été inspiré par l'espoir que le Pakistan fournirait les troupes » nécessaires à la protection de l'ONU, ce à quoi Kofi Annan a répondu que « lors de sa discussion avec le président du Pakistan, il y a peu de temps, celui-ci avait indiqué qu'il serait prêt à fournir des troupes à condition que la demande en soit faite pas l'Iraq et que d'autres troupes islamiques fassent également partie de la force. »

Il a ajouté qu'il y avait eu récemment une évolution et que « certains pays islamiques pourraient être d'accord pour envoyer des troupes en Iraq et qu'effectivement, le Premier Ministre [iraquien] Allawi réclamait leur présence. »

« Si cela se produit et si un groupe de pays islamiques devait se déployer, j'espère que le Pakistan en ferait partie ; mais il n'y a eu aucun quiproquo ni aucune attente liée au fait qu'ils enverraient des troupes parce que j'avais nommé un Pakistanais », a affirmé Kofi Annan.

Interrogé sur les mesures concrètes qu'il avait l'intention de prendre pour aider les Iraquiens à tenir leurs élections, Ashraf Qazi a répondu que celles-ci étaient décrites dans la résolution 1546, qu'une conférence nationale aurait lieu ainsi qu'un Conseil intérimaire, puis les élections en janvier 2005 qui conduiraient à la phase post-électorale, l'élaboration constitutionnelle et enfin des élections dans le cadre de la Constitution.

« Nous allons aider et conseiller les Iraquiens. Nous n'allons pas conduire les élections. Les Iraquiens prendront en charge les élections avec notre aide, nos conseils et notre assistance technique. Ils en sont capables », a ajouté le Secrétaire général qui a ajouté que le travail de base avait déjà été fait par Carina Perelli et son équipe électorale, au cours des deux derniers mois.

Ashraf Qazi a précisé qu'une partie importante de sa mission serait « de travailler de façon aussi proche que possible avec le Gouvernement et les divers éléments iraquiens, de ramener ceux-ci dans le processus politique, d'entrer en consultations avec les pays voisin et le Groupe des cinq [la Chine, les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie]. »

Quant au Secrétaire général, répondant à une question portant sur ce qu'attendait la communauté internationale de la présence de l'ONU en Iraq et sur le fait qu'elle était peut-être en train de revoir à la baisse ses attentes, le Secrétaire général a répondu : « nous avons toujours eu la tête froide dans notre façon d'aborder ce projet. »

« Je pense que la communauté est consciente que la sécurité représente pour l'ONU et son personnel une contrainte majeure. Ceci étant, en dépit de la situation au plan de la sécurité, nous avons réalisé énormément de choses, [...] en travaillant avec les Iraquiens à la mise en place d'un cadre électoral, » a indiqué Kofi Annan ajoutant que les Iraquiens « comptent sur nous pour les aider à mener à bien le processus électoral jusqu'aux élections de l'année prochaine et également pour les aider dans le cadre du processus électoral. »

« Ce travail, nous allons le faire », a-t-il conclu, « mais pour ce qui d'accroître nos activités dans des domaines tels que la mise en place des institutions ou les droits de l'homme, il faudra que les circonstances s'y prêtent. Et cela, je pense, la communauté internationale le comprend. »

- Dossier Iraq du site de l'ONU

 

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