L'envoyé de l'ONU au Soudan annonce la tenue d'une réunion des parties demain à Genève

L'envoyé de l'ONU au Soudan annonce la tenue d'une réunion des parties demain à Genève

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Même s'il juge extrêmement sérieux le problème du Darfour et même si les pourparlers de paix menés au Kenya n'ont pas encore abouti à un accord global, Jan Pronk, l'envoyé de l'ONU au Soudan qui co-préside le mécanisme de contrôle des accords passés entre ce pays et l'ONU, considère comme de bonne augure la réunion demain à Genève des parties au conflit.

Le Représentant spécial pour le Soudan, Jan Pronk, a expliqué ce matin, lors d'un point avec la presse en compagnie du Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, avoir co-présidé la première réunion du dispositif conjoint de contrôle de l'accord ONU/Soudan, vendredi dernier, et être arrivé à la conclusion que le moratoire concernant l'accès humanitaire était mis en œuvre mais qu'il n'y avait pas eu de progrès concernant la sécurité de la population, notamment en ce qui concerne la population déplacée et les Djandjawids.

« Nous allons essayer d'évaluer cela tous ensemble, aussi rapidement que possible cette semaine, de façon à discuter de la politique à venir », a indiqué Jan Pronk qui a ajouté qu'il était nécessaire, en tout premier lieu, d'avoir l'appui de la communauté internationale et du Conseil de sécurité sur les résultats des pourparlers entre le Secrétaire général et le Président [du Soudan] Bashir », à savoir le mécanisme de contrôle auquel il convient de « donner tout son pouvoir. »

Il a fait observer que « si le Conseil de sécurité soutenait l'action de l'ONU au Darfour, l'aidait à faciliter les activités de l'Union africaine, à mener à bien d'autres démarches que les opérations humanitaires, cela représenterait une avancée considérable. »

Interrogé sur les différents groupes présents au Darfour, le Représentant spécial a indiqué qu'ils étaient si nombreux qu'il était difficile de savoir comment les situer. Il a indiqué cependant qu'une réunion aurait lieu demain à Genève et que cela signifiait « qu'ils ont la volonté de discuter, quand bien même les résultats de Naivasha [processus du lac Naivasha, au Kenya, ayant abouti à la signature de six protocoles d'accord] les pourparlers de paix n'ont pas produit de résultats », une volonté de discussion qu'il a jugée de bon augure.

Le Secrétaire général a ajouté qu'il pensait également qu'il était « important que les parties se parlent mais aussi qu'elles s'assoient à la table et qu'elles négocient. »

Pour Kofi Annan, négocier signifier abandonner toutes conditions préalables. « Ce ne sont pas des conditions si vous commencez par poser des conditions et dire 'ou vous acceptez ou nous ne négocions pas' », a-t-il fait observer.

« Nous avons fait savoir aux autorités soudanaises et également au docteur Garang [John Garang, le chef des rebelles sudistes de l'Armée de libération du Soudan (ALS)] que nous sommes très satisfaits des progrès en cours entre le Nord et le Sud mais qu'il ne peut y avoir de paix globale au Soudan sans que soit réglée la question du Darfour », a déclaré le Secrétaire général.

A sa sortie du Conseil de sécurité, le Représentant spécial a annoncé qu'une mission composée de personnel de l'ONU, d'ambassadeurs, de ministres et de représentants du Gouvernement soudanais se rendra au Darfour la semaine prochaine pour constater par eux même si les autorités soudanaises tenaient leurs engagements quant au désarmement des milices.

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