Le Liban doit contrôler le Hezbollah et Israël cesser de violer la Ligne Bleue, réclame Kofi Annan

Le Liban doit contrôler le Hezbollah et Israël cesser de violer la Ligne Bleue, réclame Kofi Annan

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La situation à la frontière entre le Liban et Israël reste tendue même elle ne se transforme pas en escalade, affirme le Secrétaire général dans son dernier rapport dans lequel il exhorte d'une part le gouvernement libanais à assurer le contrôle de la zone frontière aux mains du Hezbollah et d'autre part Israël à cesser les violations de la « Ligne Bleue » qui ont connu une aggravation ces deux derniers jours.

« On peut dire de la situation au sud du Liban au cours des six derniers mois qu'elle a abondé en contradictions », note le dernier rapport FINUL (Force intérimaire des Nations Unies au Liban), qui couvre la période du 20 janvier au 21 juillet 2004.

« Israël et le Liban ont tous deux proclamé leur désir d'éviter la déstabilisation de la région, mais un seul mois s'est écoulé sans affrontement [...] et des incidents isolés ont souvent déclenché une spirale de violence », dont la majorité ont eu lieu entre le Hezbollah et les Forces de défense israéliennes (FDI) tandis que certains autres étaient le fait d'éléments inconnus ou de Palestiniens, note le rapport.

Toutefois, note Kofi Annan, aucun de ces incidents n'est devenu incontrôlable et l'on en saura gré aux parties et à la FINUL. Il n'en reste pas moins qu'il subsiste un « risque considérable » que « des actes d'hostilité dégénèrent et entraînent les parties dans un conflit », déplore-t-il.

A cet égard, Staffan de Mistura, le Représentant personnel du Secrétaire général pour le Sud-Liban, a déclaré aujourd'hui que la FINUL « exprimait sa grave préoccupation à l'égard du tour négatif qu'ont pris les événements ces deux derniers jours, qui ont considérablement accru la tension le long de la Ligne Bleue et au Liban en général ».

Lundi, rapporte M. de Mistura, un dirigeant du Hezbollah a été tué dans l'explosion d'une voiture à Beyrouth, et mardi matin des échanges de tirs ont eu lieu près d'Aita al Shaab entre le Hezbollah et Israël. Des avions israéliens ont survolé le Liban, y compris Beyrouth, à basse altitude, a indiqué l'Envoyé du Secrétaire général.

Dans le domaine politique, l'ensemble du Sud-Liban, y compris tous les villages situés dans la zone auparavant occupée par Israël jusqu'à la Ligne bleue, a pu prendre part aux élections municipales.

« La participation a été importante dans toute la région et le scrutin s'est déroulé de manière ordonnée, sans que l'on signale d'actes d'intimidation ou de troubles importants. Les élections ont renforcé les structures de l'administration locale et marqué un progrès vers une plus grande intégration de l'ancienne zone occupée avec le reste du pays » note le rapport.

Indiquant que l'immense majorité des sièges a été remportée par le Hezbollah et le Amal, qui est l'autre parti dominant dans le Sud, le rapport souligne que « le libre déroulement du processus démocratique est un signe universellement reconnu de stabilité » et qu'il s'agit là aussi « d'une affirmation claire de l'exercice de son autorité par le Gouvernement libanais ».

« Celui-ci a également montré clairement, par les activités des Forces de sécurité conjointes, qu'il était en mesure d'exercer cette autorité », indique Kofi Annan, qui « réitère la demande faite par le Conseil de sécurité au Gouvernement libanais pour qu'il étende l'application des mesures visant à rétablir toute son autorité dans le sud du pays, y compris en y déployant les Forces armées libanaises, et fasse tout ce qui est en son pouvoir pour assurer le calme ».

« Je prie instamment le Gouvernement libanais de contrôler l'utilisation de la force sur l'ensemble de son territoire », déclare Kofi Annan dans son rapport.

Parallèlement, le rapport déplore « les actes de provocation injustifiés auxquels Israël continue de se livrer en violant l'espace aérien du territoire relevant de la souveraineté du Liban », qui « demeurent un grave sujet de préoccupation ».

En outre, la FINUL a poursuivi son action d'assistance à la population civile libanaise sous forme de soins médicaux, d'ouvrages d'adduction d'eau, de travaux d'équipement et de services à l'intention des écoles et des orphelinats et de services sociaux aux indigents.

Elle a notamment contribué au déminage. « Depuis janvier, un enfant en bas âge a été tué et neuf civils libanais ont été blessés par l'explosion de mines ou de munitions. La FINUL a poursuivi ses opérations de déminage, enlevant plus de 800 mines et engins non explosés sur une superficie de 15 000 mètres carrés » note le rapport, qui rappelle que l'opération Solidarité Émirats, financée par les Émirats arabes unis, et qui visait à localiser et détruire environ 60 000 mines terrestres et à restituer à la communauté 5 millions de mètres carrés auparavant minés, sur une période de deux ans, a été menée à bien le 29 mai 2004.

Le Secrétaire général recommande au Conseil de sécurité de proroger le mandat de la FINUL jusqu'au 31 janvier 2005.

- Dossier Moyen-Orient du site de l'ONU