Le Président Arafat devrait écouter ses cadres, déclare Kofi Annan à son retour à l'ONU

19 juillet 2004

Le Darfour, l'Autorité palestinienne et l'Iraq ont été les trois dossiers sur lesquels s'est exprimé le Secrétaire général de retour à l'ONU aujourd'hui après un périple qui l'a amené au Soudan, au Tchad, au Kenya et en Thaïlande. Kofi Annan a jugé que la crise traversée par l'Autorité palestinienne était particulièrement sérieuse et que c'était aux Palestiniens de décider de l'évolution de la situation.

A son arrivée au Siège de l'ONU aujourd'hui, Kofi Annan, pressé par les journalistes de se prononcer sur la situation au Darfour après la diffusion d'un communiqué du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) faisant état d'une sécurité importante dans la région, a évoqué les informations concernant l'amélioration de l'accès humanitaire dans la région mais a refusé de se livrer à quelque analyse que ce soit avant de s'être entretenu avec son Représentant spécial pour le Soudan, Jan Pronk et avoir pris connaissance des rapports émanant des observateurs africains.

Sur l'importance « d'avoir ou non une résolution du Conseil de sécurité sur le Soudan », le Secrétaire général a déclaré que le plus important était que « la communauté internationale fasse clairement entendre qu'elle attend du gouvernement qu'il honore ses engagements et que c'était là que se situait l'attente. »

Un peu plus tard au cours de ses échanges avec la presse, il a rappelé qu'un projet de résolution du Conseil de sécurité était sur la table, « et que même si elle n'avait pas été votée, c'était le signe du sérieux avec lequel le Conseil abordait ce problème. » Il a ajouté qu'il se proposait lui-même d'en discuter avec les membres du Conseil.

Interrogé sur la question de savoir si le Conseil de sécurité devait se saisir du « sujet de la barrière » édifiée par Israël, Kofi Annan a fait remarquer que c'était l'Assemblée générale qui était saisie du dossier et que c'était à elle de conclure ses travaux sur la question.

Quant à son sentiment à l'égard de la crise traversée par l'Autorité palestinienne et au fait que les faits aient donné raison à la critique formulée par son Envoyé au Moyen-Orient, la semaine dernière, le Secrétaire général a rappelé qu'il avait « indiqué clairement dans sa propre déclaration qu'il soutenait la déclaration de [Terje Roed] Larsen, que celui-ci énonçait des faits » et qu'il pensait que les événements avaient confirmé ses dires. »

« Il n'y a rien là-dedans qui soit matière à satisfaction. Ce qui est important, ce sont les actions prises sur le terrain de façon à contrôler la situation et que l'Autorité palestinienne prennent les mesures nécessaires pour engager une réforme notamment en plaçant les forces de sécurité sous un commandement unifié », a-t-il déclaré.

A la question de savoir si ce serait une bonne chose pour les Palestiniens que le Président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, ne survive pas à la crise, le Secrétaire général a répondu que « c'était une question qui était du ressort des Palestiniens. »

« Ce qui est important, c'est qu'ils sont confrontés à une situation sérieuse, à une crise sérieuse et qu'ils doivent faire la démarche et prendre les mesures nécessaires pour ramener la situation sous contrôle. Faute de cela, il sera très difficile d'assister à quelques progrès que ce soit », a-t-il ajouté.

« Je pense qu'il est important qu'ils confrontent le problème sérieusement. La crise est grave et le Premier Ministre se trouve au centre de cette crise. Je pense que le Président Arafat devrait réellement prendre le temps d'écouter le Premier Ministre et d'autres membres parmi ses dirigeants, prendre les mesures nécessaires pour contrôler la situation et travailler avec les Egyptiens, les Jordaniens pour réformer les forces de sécurité », a poursuivi Kofi Annan.

Sur son niveau d'optimisme quant au retrait israélien de Gaza, il a déclaré que, le Premier Ministre Sharon ayant donné son feu vert au retrait et les partenaires qu'il est en train de faire entrer au gouvernement, le parti travailliste, s'étant prononcé en faveur, que oui, il pensait en effet que le retrait aurait lieu et que oui, s'il est géré correctement il peut nous fournir l'occasion de faire avancer le processus.

En revanche, a ajouté le Secrétaire général, dans le cas inverse, « c'est tout à fait autre chose. »

Enfin sur la tenue des élections en Iraq à la date prévue, Kofi Annan a déclaré que là encore, c'était au Gouvernement iraquien de décider par lui-même si « le climat était favorable à la tenue d'élections crédibles au début de l'année prochaine. »

« Nous allons tous suivre l'évolution de la situation sur le terrain et il est sûr qu'il faudra prendre une décision à un moment donné dans le futur », a ajouté Kofi Annan, faisant remarquer que « nous avons traversé un exercice semblable en Afghanistan où le gouvernement a dû décider qu'il n'était pas possible de procéder à deux élections simultanément en raison des conditions sur le terrain et il est possible que nous ayons à dissocier les élections présidentielles des élections parlementaires. »

« Les dirigeants iraquiens vont devoir se faire une opinion au fur et à mesure que nous avançons », a commenté le Secrétaire général, ajoutant que la date cible pour l'envoi de son Représentant spécial en Iraq était toujours prévue d'ici à la fin du mois mais que « nous surveillons les développements sur le terrain, qu'elle change chaque jour » et que par conséquent, il ne savait pas ce qu'il en serait d'ici à la fin de ce mois.

- Dossier Soudan du site de l'ONU

- Dossier Moyen-Orient du site de l'ONU

- Dossier Iraq du site de l'ONU

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