Soudan : l'insécurité prévaut toujours au Darfour

19 juillet 2004

Le mécanisme de contrôle qui s'est réuni samedi n'a pu que prendre acte de la situation telle qu'elle a été relatée par des envoyés de l'ONU. Le personnel humanitaire est beaucoup plus présent au Darfour mais les raids et les agressions se poursuivent y compris contre les équipes humanitaires, des déplacements forcés de population sont enregistrés et certains secteurs de la région ne sont toujours pas accessibles.

L'instance mise en place pour veiller à l'application de la Déclaration commune ONU/Soudan par laquelle les autorités soudanaises se sont engagées à faciliter l'accès humanitaire au Darfour, s'est réunie samedi. Au cours de la réunion, des responsables de l'ONU ont affirmé que l'accès humanitaire s'était amélioré mais qu'aucun progrès ne s'était produit en matière de sécurité et de protection des personnes déplacées dans la région, indique un communiqué du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) publié aujourd'hui.

« Au lieu de cela, les raids et les attaques des Djandjawids et des milices progouvernementales effraient beaucoup trop les personnes déplacées pour qu'elles envisagent de retourner dans leurs villages », ajoute OCHA qui précise que le nombre des habitants du Darfour (carte) ayant fui leurs foyers mais se trouvant toujours dans les camps de la région s'élevaient à plus d'un million de personnes.

Signalant à la fois des progrès et des lacunes qui subsistent, l'instance de coordination humanitaire indique que les agences humanitaires sont inquiètes en raison de récentes attaques les prenant pour cible.

Elles sont également préoccupées, indique OCHA, par la pression croissante qu'exerce le Gouvernement du Soudan à l'égard des personnes déplacées pour qu'elles retournent dans leurs villages ou qu'elles soient réinstallées dans d'autres sites. C'est ainsi que 4 000 personnes déplacées environ ont été forcées de quitter El Meshtel pour le camp d'Abou Shouk au Nord Darfour et 7 000 autres ont dû abandonner Nyala pour le camp de Kalma au Sud Darfour.

Toujours au Sud Darfour, des combats récents ont conduit des personnes déplacées à se rassembler dans un camp dénommé Otash, à la périphérie de Nyala. Deux mille trois cents familles vivent actuellement dans le camp et il arrive 30 à 50 personnes supplémentaires par jour. A Kass, 60% des femmes environ ont subi des agressions physiques et sexuelles quand elles ont cherché à quitter la ville pour ramasser du bois pour le feu.

Au cours des semaines écoulées, le nombre du personnel humanitaire dans la région est passé comme prévu de 170 fin mai à probablement 500 d'ici à la fin juillet. Le gouvernement a mis en place un système allégé de permis autorisant le déplacement humanitaire dans le Nord Darfour. Cependant, certaines informations font état de contrôles routiers au cours desquels les agents de sécurité ne connaissaient pas les nouveaux formulaires.

Enfin, certains secteurs à l'est du Darfour occidental ainsi que dans la partie la plus septentrionale et dans la zone du Djebel Marra, restent inaccessible à toute présence humanitaire, où elle serait pourtant très nécessaire, souligne OCHA.

- Dossier Soudan du site de l'ONU

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