Le Conseil de sécurité réuni pour étudier le rapport de sa mission en Afrique de l'Ouest

16 juillet 2004

Au cours de la séance du Conseil de sécurité aujourd'hui, il s'agissait pour ses membres de se prononcer sur le rapport de la Mission envoyée du 20 au 29 juin en Afrique de l'Ouest.

La mission, qui a quitté New York le 20 juin, s'est rendue au Ghana, en Côte d'Ivoire, au Libéria, en Sierra Leone, au Nigéria, en Guinée-Bissau ainsi qu'en Guinée.

Parmi les problèmes qu'elle a identifiés et qui figurent dans le rapport soumis à l'examen des membres du Conseil, figure « l'impasse politique en Côte d'Ivoire qui, si elle se poursuivait « aurait pour effet non seulement de provoquer une catastrophe socioéconomique et humanitaire de grande ampleur et de compliquer la division actuelle du pays entre le Nord et le Sud, mais aussi de déstabiliser toute la sous-région. ».

La Mission recommandait à ce sujet «que le Département des opérations de maintien de la paix indique au Conseil si le mandat de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire ( ONUCI ) était suffisamment défini pour permettre un réaménagement des règles d'engagement de la mission afin d'autoriser l'usage de la force dans le contrôle du cessez-le-feu dans la zone de confiance ».

Elle recommande également que « des troupes supplémentaires soient déployées pour porter dans les meilleurs délais les effectifs de l'ONUCI à leur niveau autorisé, lui permettant ainsi d'établir sa présence dans l'ensemble du pays. »

La mission recommande notamment d'adopter l'approche collective que requiert la porosité des frontières aisément franchies par les armes légères, les combattants, les enfants soldats comme le VIH/sida. Cette approche collective est également requise par l'ONU, selon les conclusions du rapport qui engage les différentes missions qui opèrent dans la sous-région de même que les innombrables éléments du système des Nations Unies présents dans chaque pays, « à coordonner leur action avec d'autres acteurs, en poursuivant des objectifs communs dans le cadre d'une stratégie globale. »

La mission indique également dans son rapport avoir abordé, avec les interlocuteurs de plusieurs pays, la question de l'avenir de l'ancien Président Taylor. Si certaines parties, notamment des représentants des organisations de la société civile, ont réclamé que l'ancien Président soit traduit devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, d'autres ont exprimé la crainte que cette mesure ne compromette le processus de paix au Libéria, précise-t-elle.

Les participants à la mission ont toutefois souligné qu'il ne pouvait y avoir d'impunité s'agissant des violations graves des droits de l'homme et du droit international humanitaire, et qu'avec le retour de la stabilité les arguments en faveur du jugement de l'ancien Président Taylor tendraient à s'imposer.

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