Soudan : des progrès, de graves difficultés et des inquiétudes, selon le chef des secours de l'ONU

Soudan : des progrès, de graves difficultés et des inquiétudes, selon le chef des secours de l'ONU

Jan Egeland
Le Coordonnateur des secours d'urgence, interrogé aujourd'hui par la presse sur la situation dans la province soudanaise du Darfour, a indiqué que malgré une présence sans cesse accrue de l'aide humanitaire dans la région, le problème majeur restait celui de l'insécurité.

A la question de savoir quand le temps serait venu pour le Conseil de sécurité d'intervenir comme il a annoncé qu'il le ferait si les autorités soudanaises ne mettaient pas en application les engagements pris lors de la visite du Secrétaire général, le Coordonnateur des secours d'urgence et Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Jan Egeland, a indiqué que des réunions étaient prévues entre le Représentant spécial Jan Pronk, renvoyé dans le pays par le Secrétaire général et le Gouvernement du Soudan pour évaluer ce qui a été fait pour mettre en œuvre l'accord conjoint Soudan/ONU.

Lors de son point avec la presse aujourd'hui, la porte parole de l'ONU à New York, Marie Okabe, avait indiqué que le Représentant spécial serait à Khartoum, la capitale soudanaise dès demain à la demande du Secrétaire général.

Quant à Jan Egeland, il a expliqué que des progrès avaient lieu dans certains secteurs et que beaucoup de problèmes subsistaient dans d'autres.

« Nous avons doublé nos programmes d'aide toutes les trois ou quatre semaines même s'il y a des zones que nous n'atteignons toujours pas. Des organisations non gouvernementales nouvelles entrent tous les jours dans le pays.

Il a indiqué cependant que le principal problème était actuellement la sécurité. « Nos camions sont pillés, notre personnel est menacé et attaqué et ce n'est pas nécessairement la faute du gouvernement. Il existe de nombreuses milices et groupes armés mais il est certain que le gouvernement a fait beaucoup plus pour désarmer les milices djandjawids.»

« Quel est le moment opportun pour une intervention du Conseil de sécurité, je ne saurais le dire », a poursuivi le responsable humanitaire de l'ONU, « ce que je sais c'est que les jours à venir ou les deux prochaines semaines seront cruciaux [...] et ce que je redoute, c'est que la situation ne se détériore au point où nous ayons à nous retirer. »

S'efforçant de résumer la situation pour la presse, il a indiqué qu'un façon acceptable de résumer la situation était de dire que « l'accord n'était pas encore totalement appliqué, que le Gouvernement [du Soudan] doit faire plus mais que c'est aussi valable pour la communauté internationale. »

En réponse à une question d'un journaliste, il s'est par ailleurs dit de plus en plus préoccupé par le fait que les personnes déplacées à l'intérieur du Darfour pouvaient être poussées à effectuer des retours involontaires sur leurs lieux d'origine, alors que la plupart d'entre elles ne sont pas prêtes à rentrer chez elles, estimant que la sécurité n'y est pas encore assurée.

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