Le sida menace la stabilité mondiale, expose le rapport 2004 d'ONUSIDA

Le sida menace la stabilité mondiale, expose le rapport 2004 d'ONUSIDA

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L'épidémie de VIH/sida ne paraît pas relâcher son emprise sur la société.. Elle continue de s'aggraver en Afrique, tandis qu'une nouvelle épidémie se développe de façon alarmante en Asie et en Europe de l'Est, prévient l'agence de l'ONU pour la lutte contre le sida, dans un rapport publié aujourd'hui, à l'approche de la prochaine Conférence internationale sur le sida à Bangkok du 11 au 16 juillet.

Cinq millions de personnes ont été infectées l'année dernière, dont 3 millions dans la seule région de l'Afrique sub-saharienne, indique l' ONUSIDA , le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida, dans son Rapport sur l'épidémie mondiale de VIH/sida 2004 .

En 20 ans, l'épidémie du sida aura fait 20 millions de victimes, tandis que 37,8 millions de personnes vivent actuellement avec la maladie, expose le rapport. Certains pays d'Europe de l'Est et d'Asie orientale connaissent les taux de croissance les plus rapides dans le monde, 1 nouvelle infection sur 4 se produisant actuellement en Asie.

« Les grands pays très peuplés, comme la Chine, l'Inde et l'Indonésie, sont particulièrement préoccupants. La prévalence y est faible, mais elle masque des épidémies graves, qui progressent dans certaines provinces ou dans certains territoires ou Etats, affirme le rapport d'ONUSIDA.

Par ailleurs, « le sida est l'épidémie mondiale la plus répandue dans l'histoire humaine », précise l'agence de l'ONU, qui constate une 'féminisation' croissante de la maladie, puisque chaque année croît le nombre de femmes infectées par le virus du sida.

« Au niveau mondial, près de la moitié des personnes infectées dans la tranche d'âge de 15 à 49 ans touche des femmes. En Afrique, la proportion atteint les 60% », indique le rapport qui déplore qu'en raison de l'inégalité des sexes, les femmes atteintes du virus ou de la maladie connaissent souvent une plus grande stigmatisation ou sont victimes de plus grandes discriminations, même si « le voile du silence et de la stigmatisation commence enfin à se lever dans de nombreux pays », grâce à la contribution d'institutions gouvernementales, commerciales, religieuses et culturelles.

Les jeunes sont aussi les victimes prédominantes de la maladie, la tranche d'âge de 15 à 24 ans représentant près de la moitié du total des nouvelles infections par le VIH dans le monde.

Le VIH/sida est « toutefois un problème qui connaît une solution », précise Peter Piot, le Directeur exécutif d'ONUSIDA dans le rapport, qui insiste notamment sur le fait que désormais, « nous savons ce qui marche ».

« La bonne nouvelle est que le monde accroît de manière significative ses ressources et son engagement », souligne-t-il, précisant néanmoins que demeure un besoin urgent d'accroître le soutien et la collaboration avec les pays fortement touchés, afin d'éviter les double emplois et la fragmentation des ressources. 12 milliards de dollars seront nécessaires d'ici à 2005 pour répondre de façon efficace à la diffusion du VIH/sida dans les pays en développement, alors que les dépenses actuelles sont inférieures à 5 milliards de dollars.

Par ailleurs, le rapport salue le fait que l'amélioration de l'accès aux traitements antirétroviraux à toutes les personnes atteintes, où qu'elles soient, soit reconnue comme une nécessité et insiste sur l'importance de la prévention, qui nécessitera une « transformation des réactions tant personnelles qu'institutionnelles » face à une menace exceptionnelle à la sécurité et à la stabilité dans le monde.

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