Ne laissons pas le Darfour et les reculs enregistrés ailleurs en Afrique annihiler les progrès réalisés, plaide Kofi Annan

Ne laissons pas le Darfour et les reculs enregistrés ailleurs en Afrique annihiler les progrès réalisés, plaide Kofi Annan

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Au Sommet de l'Union africaine aujourd'hui, le Secrétaire général de l'ONU a plaidé pour que la communauté internationale prenne en compte l'horreur du Darfour et s'unisse pour éviter que cette crise ne dégénère en une catastrophe qui affecte la région toute entière.

« L'Afrique est aujourd'hui libérée du joug colonial et pourtant nous n'avons pas réalisé nos aspirations de paix pour les peuples d'Afrique et pour œuvrer ensemble au développement de notre continent » a déclaré Kofi Annan aujourd'hui au Sommet de l'Union africaine.

Même s'il a souligné la détermination dont font preuve les Africains pour stabiliser le Libéria, le Burundi et les Comores, le Secrétaire général a exprimé son inquiétude à l'égard des crises qui « mettent en péril la vision que vous avez tant de mal à réaliser », a-t-il fait observer, se référant explicitement à « l'horrible situation » dans laquelle se trouve le Darfour à l'Ouest du Soudan.

« Je viens d'effectuer une visite au Darfour et dans les camps de réfugiés du Tchad. Les villages en ruines, les camps submergés par des femmes et des enfants malades et affamés et la peur qui se lit dans les yeux de ces gens devraient suffire à nous alerter tous. « Si nous n'agissons pas, les brutalités infligées à la population civile du Darfour pourrait être un prélude à une catastrophe humanitaire d'une ampleur encore plus grande, une catastrophe qui pourrait déstabiliser la région », a déclaré le Secrétaire général.

Il a insisté sur l'importance que revêtent les efforts de l'Union africaine pour contrôler le cessez-le-feu et contribuer ainsi à la protection des civils. Il l'a assurée du soutien de l'ONU dans cet effort et a indiqué que, par ailleurs, elle allait intensifier son « action vitale de secours à l'égard de ceux qui en avaient désespérément besoin ». « Je lance un appel à la communauté internationale pour qu'elle redouble d'efforts » en faveur de la population qui souffre au Darfour (carte).

La menace ne diminuera, a-t-il toutefois fait observer, que si la crise est gérée de façon globale. « Le communiqué commun signé récemment entre l'ONU et le Gouvernement du Soudan est un développement bienvenu de même que les mesures déjà entreprises par le Gouvernement pour lever les obstacles gênant le travail humanitaire », a fait observer Kofi Annan.

« Le moratoire sur les restrictions imposées à l'action humanitaire doit être observé. Le climat d'impunité qui a prévalu beaucoup trop longtemps doit maintenant cesser. Et le mécanisme conjoint de mise en œuvre de haut niveau doit commencer à opérer aussi rapidement que possible », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général a assuré l'Union africaine de son soutien dans ses efforts pour régler les causes profondes du conflit afin de parvenir à un règlement politique via un processus qui commencera à Addis-Abbeba le 15 juillet et s'est dit prêt à apporter sa contribution sous la forme de ses bons offices.

Exprimant également son inquiétude à l'égard des soubresauts de violence et des violations des droits de l'homme dans l'Est de la République démocratique du Congo, l'instabilité persistante en Côte d'Ivoire et par les tensions continuelles entre l'Ethiopie et l'Erythrée, il a exhorté à œuvrer de concert pour que les réalisations de ces dernières années ne soient pas effacées par « le retour à une Afrique où des millions de personnes seront frappées par une terrible violence. »

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