Le Secrétaire général estime que le retour du chaos en R. D. du Congo pèserait sur toute la région

21 juin 2004

Le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, réaffirme sa préoccupation au regard de la situation en République démocratique du Congo (RDC), dans un entretien à la radio de l'ONU diffusé jeudi prochain. « Si le Congo revenait à la violence et à l'anarchie, c'est toute la région qui en paierait le prix », assure-t-il.

« Nous devrions tous être préoccupés » à propos de la situation en République démocratique du Congo », estime le Secrétaire général.

« Il faut travailler avec les gouvernements de la région », affirme-t-il, précisant que son Envoyé spécial, William Lacy Swing, chef de la Mission de l'ONU au Congo (MONUC) s'attelait à cette tâche. « Mais si nous ne sommes pas en mesure de stabiliser le pays, et si le Congo revenait à la violence et à l'anarchie, c'est toute la région qui en paierait le prix », déclare-t-il. « Et c'est pourquoi nous portons autant d'attention à cette question », ajoute le Secrétaire général, rappelant qu'il aurait l'occasion de l'aborder lors du Sommet de l'Union africaine, le mois prochain.

L'entretien sera diffusé jeudi à l'occasion d'un nouveau programme de la radio de l'ONU consacré à l'Afrique.

Interrogé sur la dégradation de la situation en République démocratique du Congo, notamment à Bukavu, où le personnel et les installations de l'ONU ont été récemment pris pour cibles, Kofi Annan souligne la nécessité de « travailler avec les autorités afin de permettre au gouvernement transitoire de travailler comme un gouvernement uni, de se raffermir et de se concentrer sur l'avenir du pays et de sa population, et sur les besoins de la population ». Sans cela, prévient-il, « les diverses composantes du gouvernement auront tendance à s'imaginer qu'elles représentent telle ou telle région, à rester dans l'incertitude quant à l'avenir, et donc à se couvrir ».

Le Secrétaire général insiste également sur la nécessité de « réformer l'armée et de rassembler autant que possible les soldats des trois groupes ethniques » du pays au sein de l'armée nationale, et d'essayer d'orienter les autres vers des activités productives.

« L'aspect militaire et la présence des troupes de l'ONU sont utiles », explique Kofi Annan, poursuivant : « Nous avons 10 800 soldats pour un pays de la taille de l'Europe occidentale. » Ce nombre est « vraiment très réduit », constate le Secrétaire général, qui préconise de mettre l'accent non pas sur l'aspect militaire mais « sur la poursuite du processus politique ».

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