L'est de la R.D. du Congo privé d'aide humanitaire, affirme la Mission de l'ONU

16 juin 2004

La détérioration de la situation sécuritaire dans l'est de la République Démocratique du Congo (RDC) a provoqué le redéploiement de nombreux travailleurs humanitaires parmi lesquels au moins 200 internationaux, ne laissant sur place que le personnel considéré comme essentiel, s'inquiète, mercredi dans un communiqué, la Mission d'observation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC).

Selon la MONUC, 17 organisations non gouvernementales (ONG) travaillant dans le Sud-Kivu (carte) ont ainsi évacué leur personnel vers Goma, Kinshasa, Entebbe et Kigali. « C'est environ 80% de l'aide humanitaire destinée à plus de trois millions de personnes vulnérables qui se trouve ainsi affectée, touchant plusieurs secteurs d'activité, notamment la sécurité alimentaire, la santé, l'éducation, la protection et l'eau potable », souligne la MONUC, précisant que « l'insécurité qui menace les organisations humanitaires affecte aussi de nombreux groupes vulnérables au sein de la population civile ».

A Kalemie, poursuit la MONUC, « la communauté humanitaire a enregistré la perte de 150 tonnes de nourriture estimée à environ 110 000 dollars américains ainsi que des biens matériels de grande valeur à la suite du pillage du bureau de liaison du Programme alimentaire mondial (PAM) ».

Selon la MONUC, le nouveau climat d'insécurité qui règne dans l'est de la RDC a amené les organisations humanitaires, dont les agents et installations sont souvent pris pour cibles, à suspendre leurs activités et à redéployer de manière provisoire leurs ressources dans des zones offrant de meilleures garanties de sécurité. « Près de 3.000 personnes qui ont fui leur domicile au lendemain des violences à Bukavu auraient trouvé refuge au Rwanda. Plus de 1.000 autres frappent aux portes du centre d'accueil de la ville frontalière rwandaise de Cyangugu qui a largement dépassé sa capacité d'accueil. »

Par ailleurs, selon la communauté humanitaire au Burundi, environ 17 000 Congolais qui ont fui les violences et les nombreuses exactions qui auraient été perpétrées à Uvira ont trouvé refuge dans plusieurs provinces du Burundi et à Bujumbura.

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