R.D. du Congo : attaques et pillages entraînent la suspension provisoire de l'aide alimentaire de l'ONU

4 juin 2004

Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU a signalé aujourd'hui qu'il avait été obligé de suspendre temporairement ses opérations d'aide à la population dans de nombreux secteurs de la République démocratique du Congo (RDC) à la suite des attaques et du pillage de ses locaux.

Des milliers de Congolais se sont tournés vers l'ONU, ses bureaux et ses bases, un peu partout en RDC après que des soldats renégats se soient emparés mercredi de la ville de Bukavu, dans l'Est du pays, indique un communiqué du PAM. Les manifestants étaient furieux que la Mission de l'ONU en RDC (MONUC) n'ait pas réussi à arrêter les rebelles, ajoute-t-il.

« Nous nous sommes trouvés dans la pire des situations avec notre personnel et nos bureaux devenus la cible d'attaques à Kinshasa, Kalemie, Lubumbashie et Kisangani », indique dans ce communiqué le directeur du PAM en RDC, Félix Bamezon, qui ajoute que le Programme a besoin de sécurité pour poursuivre son travail dont « le but est de sauver des vies humaines. »

A Kisangani où le personnel du PAM a reçu la consigne de rester chez lui, les bureaux de la Croix Rouge ont été brûlés et des vitrines de magasins fracassées.

A Bukavu, les deux derniers employés internationaux du PAM ont été transportés dans la ville de Goma par hélicoptère mais les 15 employés locaux sont restés sur place, la plupart se cachant chez eux avec leur famille, pendant le second jour des combats.

Ndeley Agbaw, le chef du bureau du PAM à Bukavu, a indiqué qu'avant son évacuation à Goma, des civils ont pillé deux barges transportant 270 tonnes de nourriture destinées à être distribuée dans le cadre d'opérations d'aide humanitaire. Des maisons d'employés du PAM ont été saccagées. Cependant un entrepôt du Programme où il a réussi à se rendre avant son départ n'a pas été pillé contrairement à ce qui avait été annoncé au préalable.

Le PAM assure l'alimentation de 150 000 personnes dans le Sud-Kivu ce qui nécessite la livraison de 3 500 tonnes de vivres par mois destinés à des centres de distribution alimentaire, aux patients des hôpitaux, à des opérations de « travail contre nourriture » et à d'autres programmes.

« Il s'est produit beaucoup de pillages et de viols à Bukavu, a précisé Ndeley Agbaw. Plus de 300 personnes se sont réfugiés au quartier général de la MONUC où leur ont été distribuées des rations militaires mais les stocks commencent à baisser et ils vont bientôt avoir besoin des vivres qui restent dans notre entrepôt. »

Les combats à Bukavu ont entraîné la suspension de l'activité du PAM, le 26 mai. Quelque 2 100 personnes ont traversé la frontière et ont trouvé refuge dans la ville rwandaise de Cyangugu. Le PAM y distribue de la nourriture à 1000 réfugiés regroupés dans un centre de transit.

L'agence achemine actuellement 62 tonnes de vivres, une quantité suffisante pour nourrir 3 000 personnes pendant un mois, de la ville rwandaise de Butare à Cyangugu, indique également le communiqué du PAM qui signale par ailleurs le pillage de ses bureaux et de l'un de ses entrepôts contenant 1 000 tonnes de vivres à Kalemie, toujours à l'Est de la RDC (carte).

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, indiquait hier, au cours d'une conférence de presse, que l'ONU allait étudier une augmentation des effectifs militaires de la MONUC en RDC.

---

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.