Le Président chypriote grec demande à Kofi Annan de reprendre sa mission de bons offices

Le Président chypriote grec demande à Kofi Annan de reprendre sa mission de bons offices

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« Je voudrais souligner ma gratitude à M. Annan » pour ses efforts de négociation, a déclaré aujourd'hui le Président de la République de Chypre, M. Papadopoulos, lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU à New York, à l'issue d'un entretien «fort utile » avec le Secrétaire général au cours duquel il lui a présenté des « arguments convaincants pour la reprise de sa mission de bons offices ».

Evoquant un entretien qui s'est déroulé « dans une très bonne atmosphère », M. Papadopoulos a précisé que, « n'ayant reçu le rapport du Secrétaire général qu'hier, la discussion n'avait pas porté là-dessus » et s'était concentrée sur « l'évaluation de la situation» actuelle.

« Nous tenons à rassurer le Secrétaire général sur le fait que nous sommes toujours très désireux de rechercher une solution à la question de la séparation, solution qui pourrait être bizonale, bicommunautaire ou fédérale à Chypre » a-t-il indiqué.

« En attendant, il y a des mesures que nous sommes tout à fait disposés à prendre et qui aideront les Chypriotes turcs à participer à nos efforts conjoints pour tirer parti des bénéfices de l'Union européenne », a précisé le Président, qui a ajouté que la partie chrypriote grecque était disposée à faire preuve d'une large coopération et à être magnanime ».

« Je n'aime pas la formule mais je voudrais dire que nous ferons de réels efforts pour qu'ils tirent le maximum de profit de l'accession [de la partie Chypriote grecque] à l'Union européenne, à condition que ces bénéfices soient autorisés et permis dans le contexte de l'Union européenne, du droit international, et des décisions du Conseil de sécurité » a déclaré M. Papadopoulos.

Répondant aux questions des journalistes sur le contenu du rapport du Secrétaire général, « l'accusant de n'avoir pas correctement présenté son plan,d'avoir recherché un vote négatif » et de l'avoir « trahi dans sa présentation de sa position », le Président de la République de Chypre a répondu que le Secrétaire général « n'impliquait pas cela », et qu'il « n'avait jamais trompé personne ».

Il a toutefois ajouté que « le rapport contenait un certain nombre d'inexactitudes, auxquelles il allait répondre ».

« Le peuple de Chypre est un peuple très éduqué et très politisé », a-t-il précisé, ajoutant que jamais un document politique à Chypre n'avait fait l'objet d'autant d'analyse. « Il serait à tout le moins injuste, voire insultant envers le peuple de Chypre, de dire qu'il a voté ainsi qu'il l'a fait parce qu'il aurait été trompé par quiconque » a déclaré M. Papadopoulos, précisant qu'en tant que Président, il devait présenter son opinion sur le plan mais que « le peuple avait décidé »

« Comme le dit le Secrétaire général dans son rapport, la décision du peuple chypriote doit être respectée par tous » a-t-il ajouté.

Interrogé sur la possibilité de renégocier le plan, M. Papadopoulos a répondu : « Ainsi que l'écrit le Secrétaire général, il faut laisser les choses se calmer ».

« Au moment adéquat » a indiqué le Président, le peuple chypriote « réalisera que profiter des avantages dont ils bénéficient ne vient qu'en second au regard de la réunification qui leur donnera tous les bénéfices de l'accession à l'Union européenne ainsi qu'une véritable autonomie économique et financière », ajoutant qu'une grande partie des disparités économiques entre le Nord et le Sud de l'île provenait de l'introduction par la partie chypriote turque d'une monnaie différente.

Interrogé sur les conditions de la reprise des négociations, M. Papadopoulos a déclaré qu'il était erroné de dire « que la seule façon de parvenir [à la réunification] était de suivre exclusivement ce plan [de l'ONU] spécifique».

« Je pense qu'il est faux de dire que ce plan répond à toutes les demandes des deux communautés », a-t-il ajouté, précisant que le peuple chypriote grec n'avait pas « rejeté une solution, une solution fédérale, mais cette version particulière du plan ».

Par ailleurs, M. Papadopoulos a indiqué approuver la révision du mandat de la Mission de l'ONU à Chypre (UNFICYP), et s'est déclaré disposé à l'appuyer.

« La Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre est une mission de maintien de la paix » et dans l'attente d'une amélioration de la situation sécuritaire, « ce serait une erreur de retirer les troupes de la Force ».

Enfin, interrogé sur la position de M. Denktash - le dirigeant desChypriotes turcs -, M. Papadopoulos a indiqué que la solution de la question chypriote passait directement par Ankara, en raison de la dépendance des Chypriotes turcs au regard de la Turquie.

La vision de M. Denktash, « réitérée à de nombreuses reprises », tendant à la création de deux Etats souverains à Chypre, « est inacceptable maintenant et pour toujours » a-t-il précisé, exprimant le souhait que « le vœu de la partie Chypriote turque de parvenir à la réunification » ne soit pas « une illusion ni un jeu de mot ».