Pour le PNUE, pauvreté et dégradation de l'environnement menacent la sécurité internationale

1 juin 2004
Klaus Toepfer

Alors que le monde a les yeux fixé sur la montée du prix du pétrole et sur les menaces à la sécurité qui l'accompagnent, la dégradation de l'environnement et la pauvreté, hydre à deux têtes qui menacent la trame même de nos systèmes économiques et démocratiques, risquent « déstabiliser la sécurité à long terme au niveau national et international », a déclaré aujourd'hui le chef du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).

Prenant la parole à l'occasion de l'ouverture de la Conférence internationale sur les énergies renouvelables à Bonn, en Allemagne, Klaus Toepfer, directeur exécutif du PNUE, et Secrétaire général adjoint des Nations Unies, a rappelé qu'un tiers de la population, soit près de 2 milliards d'hommes et de femmes, vivent avec moins de 2 dollars par jour, « revenu souvent insuffisant pour se nourrir, sans parler d'avoir accès à l'électricité, à l'eau potable et à l'éducation » et ne peuvent recourir qu'à des carburants de mauvaise qualité, source de pollution et de dégradation de l'environnement.

« Les gouvernements réalisent peu à peu que la sécurité nationale et la sécurité environnementale sont les deux faces d'une même pièce », a déclaré M. Toepfer, précisant que des « formes d'énergie propres, modernes, et durables, permettant d'alimenter le développement durable et de réduire l'impact négatif sur l'environnement sont à présent disponibles et abordables, en particulier une fois inclus dans leur prix, le coût social et environnemental des carburants fossiles », a-t-il précisé.

Mettant en avant un paradoxe du monde actuel, M. Toepfler indiqué que « dans un monde idéal, il n'y aurait pas de subventions pour les technologies arrivées à maturité et tous les coûts environnementaux, sécuritaires et sociaux seraient compris dans le prix de l'énergie ».

« Mais dans le monde réel », a-t-il regretté, « sont maintenues pour des subventions considérables allant aux technologies conventionnelles, un nombre moindre va aux énergies renouvelables, et quasiment aucun coût social ou environnemental n'est inclus dans le prix de l'énergie ».

M. Toepler a plaidé pour l'investissement dans les nouvelles technologies, insistant pour qu'il ne porte pas seulement sur « la technologie, mais aussi sur les hommes et femmes et sur les compétences qui permettent d'utiliser ces technologies pour le développement durable ».

« Soyons clairs », a-t-il précisé : « les différentes formes d'énergie renouvelables ne seront pas largement adoptées sans un soutien nettement plus substantiel en faveur de la recherche et du développement, et par de meilleures incitations ».

« Dans nos politiques énergétiques, il faut comprendre que la fermeté, la clarté et la stabilité sont les caractéristiques qui attirent le capital du secteur privé », a déclaré le directeur du PNUE, qui a ajouté que si les politiques avaient été critiquées comme étant trop coûteuses, ou trop nuisibles à nos économies, « ce n'était pas une fatalité », et que la Conférence de Bonn allait donner aux gouvernements du monde l'occasion de débattre du potentiel des énergies renouvelables ».

 

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