Protection des civils en cas de conflit : un haut responsable de l'ONU recommande d'alerter plus tôt le Conseil

28 mai 2004
Jan Egeland

Accès refusé ou entravé aux populations en détresse, promesses de fonds non tenues par les donateurs sont parmi les éléments compromettant l'action de l'ONU dans les cas de crises complexes, a indiqué le responsable des affaires humanitaires de l'Organisation qui suggère d'alerter plus fréquemment le Conseil de façon précoce, comme le permet la résolution 1296 (2000).

« Les crises complexes et l'action des Nations Unies », thème de la réunion de ce jour au Conseil de sécurité, est « un débat particulièrement important à une époque où tellement de gens sont pris au piège de conflits et de crises complexes de longue durée, a déclaré le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Jan Egeland, en prologue à la séance.

Il a insisté sur les effets spectaculaires qu'avaient certaines crises au long cours « sur les structures sociétales, les institutions gouvernementales et la capacité des familles élargies et des communautés à s'apporter un soutien mutuel. »

« Dans les situations de conflit armé, c'est sur les gouvernements que repose la responsabilité première de fournir une assistance humanitaire et de protéger les civils. Ce n'est que quand ils ne peuvent ou ne veulent pas le faire que l'ONU doit remplir ce rôle particulier et ces responsabilités », a indiqué Jan Egeland.

« De façon tragique, ce sont ceux qui ont le plus besoin d'assistance qui se la voient le plus souvent refuser », a-t-il poursuivi. « Dans les 20 situations de conflits en cours dans le monde, l'accès humanitaire à 10 millions de personnes, qui manquent de nourriture, d'eau, d'abris ou de soins médicaux, est refusée ou entravée. Des entraves continuent à empêcher la fourniture d'une aide vitale à 500 000 civils au Libéria, à 2, 2 millions de personnes en République centrafricaine et à 1,5 million d'individus en Côte d'Ivoire. »

Le Secrétaire général adjoint a ajouté qu'une situation similaire existait également dans les zones rurales du Sud et de l'Ouest de l'Afghanistan, où l'accès au million de personnes qui y vivent est limité et dangereux.

L'aide aux populations civiles dans le besoin est également limitée par les flots de financement humanitaire destinés aux situations complexes d'urgence qui ne sont en réalité jamais fournis.

« En 2003, les appels humanitaires en faveur de 13 pays d'Afrique en situation de crise cherchaient à lever 2,2 millions de dollars et moins de la moitié de cet argent a été reçu. Dans le même temps, le milliard de dollars que l'ONU a tenté de rassembler en faveur du seul Iraq a été apporté en totalité par les donateurs », a déclaré Jan Egeland.

Le responsable de l'action humanitaire a mis en avant le rôle essentiel du Conseil de sécurité dans l'action à engager dans les cas complexes d'urgence et de protection des civils. « Dans la résolution 1296 (2000), vous demandez au Secrétaire général de porter à votre attention les situations particulièrement préoccupante en matière de protection des civils lors de conflits armés », a-t-il rappelé aux membres du Conseil de sécurité.

« Nous devrions faire un usage plus fréquent de ce mécanisme », a-t-il fait observer.

 

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