Le consensus recherché en Iraq va au-delà du seul premier ministre, souligne le porte-parole de l'ONU

28 mai 2004

Interrogé sur le fait que la nomination du Premier ministre du prochain gouvernement iraquien avait été annoncé par le Conseil de gouvernement comme sa décision, le porte-parole de l'ONU a répondu aujourd'hui que Lakhdar Brahimi participait à la réunion quand la décision avait été prise et que le nom de la personnalité annoncée figurait tout en haut de sa liste.

« Il faut garder à l'esprit que le rôle de M. Brahimi est essentiellement consultatif et que son objectif est de faire émerger un consensus », a fait observer le porte-parole Fred Eckhard en réponse à l'étonnement manifesté par les journalistes à l'égard de l'annonce effectuée par le Conseil de gouvernement iraquien de la nomination d'un médecin chiite, Iyad Allawi, au poste de Premier Ministre.

"Le Secrétaire général respecte ce choix comme j'ai déjà indiqué que c'était le cas pour M. Brahimi", a précisé Fred Eckhard en réponse à une question concernant la position de Kofi Annan.

A la question de savoir si le Conseil de gouvernement avait ainsi devancé Lakhdar Brahimi qui doit annoncer très prochainement la composition du gouvernement d'administration intérimaire qui gèrera le pays d'ici aux élections de janvier 2005, Fred Eckhard a répondu que « le consensus ne se résumait pas au Premier Ministre. »

Lors de son exposé devant le Conseil de sécurité le 27 avril, le Conseiller spécial du Secrétaire général, revenu d'Iraq pour l'occasion, avait indiqué que la majorité des Iraquiens avec lesquels il s'était entretenu étaient en faveur d'un gouvernement d'administration provisoire et que le fait que ce Gouvernement devrait être dirigé par un Premier Ministre très qualifié faisait la quasi-unanimité.

M. Brahimi avait alors estimé possible « d'identifier d'ici à la fin mai un groupe de personnes respectées et acceptables par tous les Iraquiens. » Ce groupe aurait alors un mois pour se préparer à gouverner le pays et pour clarifier la nature de la relation entre le gouvernement d'administration provisoire souverain, les anciennes puissances occupantes et les forces étrangères, quelles qu'elles soient, restant dans le pays après le 30 juin, en plus de l'assistance éventuelle qui peut être demandée à l'ONU.

Il avait également repris à son compte la suggestion qui lui avait été fait par de très nombreux Iraquiens de la tenue d'une Conférence nationale rassemblant entre 1000 et 1 500 personnes représentatives de la société iraquienne. Les participants à la Conférence seraient sélectionnés par un Comité préparatoire iraquien, une démarche à laquelle, avait-il indiqué, l'ONU était prête à apporter son concours pour « faciliter un consensus entre les Iraquiens sur les noms des personnalités le composant », qui, selon Lakhdar Brahimi, ne devaient pas chercher de mandat politique.

Il y a quelques jours, le 24 mai, il déclarait à la chaîne Al-Arabiya : « Nous sommes sur le point d'entrer dans la phase où l'on va sérieusement parler de noms ».

« Le choix est de toutes façons un choix iraquien », a souligné aujourd'hui le porte-parole.

 

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