Le chef de la lutte anti-drogue à l'ONU se rend en Afghanistan pour tenter d'y doper la stratégie nationale

27 mai 2004

Alors que la production d'opium devrait atteindre cette année un niveau record en Afghanistan, le chef de l'agence de l'ONU s'apprête à se rendre sur place pour inciter à une mise en oeuvre plus efficace de la Stratégie nationale antidrogue.

Alors que la production d'opium devrait atteindre cette année un niveau record en Afghanistan, le chef de l'agence de l'ONU s'apprête à se rendre sur place pour inciter à une mise en œuvre plus efficace de la Stratégie nationale antidrogue.

Une fois sur place, le Directeur exécutif de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Antonio Maria Costa, se rendra dans quelques-unes des provinces productrices d'opium afin d'y rencontrer les gouverneurs provinciaux, les chefs de la police et les commandants militaires ainsi que des cultivateurs de pavot.

« Malheureusement il n'existe pas de solution simple au problème de l'opium en Afghanistan. Dans des pays comme la Thaïlande, le Pakistan et la Turquie qui étaient confrontés au problème, il a fallu une génération pour renverser la tendance et y mettre un terme », a indiqué M. Costa.

En 2003, la production d'opium en Afghanistan a atteint 3 600 tonnes, soit 6% de plus que l'année précédente, et a généré un revenu d'un milliard de dollars pour les cultivateurs et de 1,3 milliard de dollars pour les trafiquants soit 52% du Produit intérieur brut du pays.

L'ONUDC a aidé le Gouvernement afghan à mettre en place le Conseil de lutte contre les stupéfiants et à adopter il y un an la Stratégie de lutte antidrogue. Malgré cela, de récentes études de l'ONUDC indiquent que la production augmentera probablement encore cette année.

« L'économie de l'opium continuera de se développer aussi longtemps que la production et le trafic de drogue pourra se poursuivre et tant qu'il n'y aura pas de risque de châtiment ou d'incitation à faire quelque chose d'autre. Il est urgent de redresser le déséquilibre entre le risque et la récompense », a ajouté le chef de l'ONUDC qui a lancé un appel à la communauté internationale pour qu'elle apporte une aide accrue aux agriculteurs afghans qui leur permettent de passer de la culture de l'opium à des activités licites. »

M. Costa a par ailleurs exhorté les pays consommateurs de stupéfiants à prendre des mesures en vue d'en réduire l'usage. Avant cette visite, M. Costa s'est rendu en Asie Centrale et a pris la mesure, en Ouzbékistan, au Kirghizstan et au Tadjikistan, des effets dévastateurs provoqués par le trafic d'opium en provenance de ce pays.

La disponibilité de ce stupéfiant sur le marché a relancé l'attrait pour les pratiques toxicomanes, ce qui se traduit à son tour par une augmentation alarmante des cas de VIH/sida. Par ailleurs, les bénéfices générés par les trafics fournissent des ressources financières au crime transnational organisé et aux réseaux terroristes.

M. Costa a discuté avec plusieurs des Chefs d'État de la région de la mise en oeuvre de la Déclaration sur les relations de bon voisinage sur le contrôle des drogues et de l'initiative du Pacte de Paris qui regroupe des Etats situés sur les itinéraires des trafics d'opium.

 

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